Maxime Spano Rahou : « Mes plus belles années sont grenobloises »

Maxime Spano Rahou : « Mes plus belles années sont grenobloises »

Sincère. Entier. Sur comme en dehors des terrains Maxime Spano Rahou nous a donné au cours de ses années au GF38 l’image d’un joueur, d’un homme, droit dans ses crampons, qui n’a jamais triché. Nous l’aurions bien vu passer encore quelques années à Grenoble. Les aléas du sport professionnel en ont décidé autrement. Aujourd’hui, c’est avec le maillot de Valenciennes sur les épaules – mais les Grenoblois toujours en bonne place dans son cœur – qu’il s’apprête à disputer sa deuxième saison en Ligue 2. Il nous a accordé une interview, avec sa franchise habituelle.

Maxime, comment s’est passée cette reprise ?

Elle a été difficile ! Mais avec Olivier (Guégan) je m’y attendais, mes coéquipiers un peu moins (rires). C’est un coach qui a l’habitude de faire faire un gros travail foncier avec des séances doublées voir triplées. C’est dur mais ça fait du bien. Après la dernière séance vendredi on s’est tous applaudi.

Ton arrivée à Valenciennes est 100% due à Olivier Guégan ?

Il m’a effectivement appelé avant sa prise de fonction, quand il a su qu’il serait l’entraîneur de Valenciennes. Il m’a expliqué qu’il comptait sur moi, je n’ai pas hésité. C’est important pour moi de me sentir important pour un coach, dans un groupe.

Avant cela, des rumeurs t’envoyaient plutôt à l’étranger, est-ce que c’était la tendance ?

J’ai effectivement reçu des offres de championnats étrangers secondaires mais intéressantes financièrement. Mais cela ne m’intéressait pas. J’étais essentiellement en contacts avancés avec certains clubs de Ligue 2.

Es-tu déçu qu’aucune écurie de Ligue 1 n’ait pensé à toi ?

Je ne suis pas déçu non. Je suis encore un jeune joueur, surtout pour mon poste (il a 24 ans, ndlr) et je n’ai qu’une seule saison de Ligue 2 derrière moi. Il faut que j’enchaîne déjà à ce niveau, que je progresse dans certains domaines, que je franchisse de nouveaux caps. Donc sincèrement il n’y a aucun regret et ce n’est pas une réponse « politique » de te dire qu’aujourd’hui je suis très heureux d’être à Valenciennes.

Je suis un soldat d’Olivier Guégan

Pour en revenir à Olivier, ta relation avec lui était particulière, on se souvient notamment qu’il avait été un soutien important pendant ta longue blessure…

C’est indéniable qu’on a un lien qui est très fort. Rien que sportivement quand tu connais deux montées cela crée déjà quelque chose. Avec Olivier cela va au-delà du football. L’an passé je l’ai eu plusieurs fois au téléphone. Je suis un de ses soldats, il le sait.

On va se permettre d’être direct sur la question, libre à toi de ne pas répondre : est-ce que le fait que tu ais, malgré ton statut (capitaine, titulaire en L2) un des plus bas salaire du groupe explique que tu ne sois plus un joueur du GF38 aujourd’hui ?

Sans parler de statut, parce qu’un statut c’est quelque chose qu’on doit toujours chercher à acquérir ou conserver, j’étais effectivement un cadre de l’équipe la saison passée, je jouais, j’ai hérité du brassard… Pour être honnête, cela fait deux ans que l’on essaie de trouver un accord, avec beaucoup de paroles, mais aucune offre concrète émise. La seule offre formulée a été en janvier dernier et elle n’était pas acceptable, le club savait qu’elle ne serait pas acceptée, alors que l’on était tombé d’accord à l’oral un mois avant sur autre chose.
Mais je m’en doutais depuis le début de saison. C’est triste et dommageable, je me voyais m’inscrire dans ce projet grenoblois.

A Grenoble, j’ai grandi en tant qu’homme

On sent un peu de déception dans tes propos mais pas forcément d’amertume ou de rancune sur le GF38…

Déçu oui, mais aujourd’hui je me sens bien ici et il faut continuer à aller de l’avant. Déçu parce que je me sentais bien à Grenoble, je sentais que j’avais la confiance du staff, des joueurs, des supporters. La déception de ne pas continuer elle vient de là.
Maintenant pas d’amertume tout simplement parce que je n’ai pas envie de cracher sur ce club. C’est un club que je respecterai toujours, un club que j’aime.

On a vu quelques échanges un peu tendus sur les réseaux sociaux, l’amour entraîne parfois ce genre d’excès, y compris dans le négatif ?

Je sais qu’il ne faut pas prendre à cœur ce genre de choses mais comme tu dis quand on aime… Je pense de mon côté avoir tout donné pendant trois ans, sans filtre, avoir été honnête n’avoir jamais triché. Donc quand je vois certains pseudos supporters remettre en question cet investissement là ça me touche. Mais je sais que ça reste des cas isolés, que ça se fait sous le coup de l’émotion. Les supporters de Grenoble m’ont montré beaucoup de reconnaissance, ils m’ont énormément touché.

Tu as dû rapidement noter la date de tes retrouvailles avec le Stade des Alpes…

C’est la première date que j’ai coché. Cela sera un moment particulier, forcément. Rejouer dans ce magnifique stade, face à mes anciens coéquipiers, devant ce public avec qui on a partagé beaucoup de choses… Mais ça va j’ai du temps pour m’y préparer !

Tiens d’ailleurs, pour un Marseillais ce n’est pas un peu particulier d’aller jouer à Valenciennes ?!

(rires) Oula ça remonte à loin, il y a prescription ! Je n’ai jamais joué pour l’OM en plus. Plus sérieusement la question ne s’est pas posée sous cet angle là.

Le VAFC a une des meilleures ambiances de Ligue 2, est-ce que c’est un argument ça quand on cherche un club ?

Totalement en ce qui me concerne. Déjà quand je suis venu à Grenoble, de savoir que le GF38 disposait d’un tel public avait pesé dans mon choix. Là, c’est la même chose. Je sais qu’on jouera dans un stade magnifique, avec un public qui vient nombreux (+ de 8000 de moyenne la saison passée, ndlr), malgré des dernières saisons plus compliquées au niveau des résultats.

Est-ce qu’on t’a parlé d’objectif à court terme au moment de te faire signer ?

Le projet est davantage sur plusieurs années. Après je vais te donner la réponse habituelle, mais qui est sincère : on est des compétiteurs, on n’a pas envie de jouer le maintien donc on s’est déjà fixé en interne un objectif. Pour ma part j’aimerais finir dans la première moitié du classement dès cette première saison.

On te laisse le mot de la fin, si tu as un message à faire passer

A Grenoble, j’ai vraiment passé trois magnifiques saisons, avec deux montées et un maintien en Ligue 2 acquis rapidement. Mes plus belles années sont grenobloises. J’ai grandi en tant que joueur mais aussi en tant qu’homme. Je serai éternellement reconnaissant envers ce club, envers ces supporters, envers tous les gens que j’y ai côtoyé.

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