Le GF38 a annoncé en fin de semaine dernière la création d’un nouvel étage dans sa structure sportive, entre le groupe professionnel et ce qu’il avait déjà baptisé de groupe « élite post-formation » il y a quelques années : un « groupe pro 2 », qui sera composé d’après nos informations d’une demi-douzaines de néo professionnels, issus des championnats nationaux et dont plusieurs éléments ont déjà été nommés.

Un joueur professionnel, qui s’entraîne au quotidien avec le groupe professionnel, qui aura son vestiaire avec le groupe professionnel mais qui fait partie d’un « sous » groupe, hiérarchiquement un étage plus bas. Le message peut surprendre et être mal interprété. Il correspond pourtant à une volonté de structuration du GF38 qui, toujours dans l’attente de son centre, renforce encore son travail en direction de ce que nous avions appelé l’an passé de la « post post-formation », des joueurs déjà rompus au monde seniors dans les championnats nationaux mais qui découvrent le monde professionnel.

Ce nouvel étage de la pyramide grenobloise a été nommé « groupe pro 2 », appellation qui fixe bien la hiérarchie. Il devrait se composer de néo professionnels – une petite demi-douzaine selon nos informations, qui évoluaient en National 2/3 et dont certains ont déjà été officialisés (Allégret, Martinez-Jullien, Da Silva, Mouton). On peut imaginer qu’un Mohamed Bechikh a le profil pour l’intégrer, à moins qu’il ne soit déjà considéré groupe « pro 1 » (ou qu’il soit prêté cette année). En revanche quid de certains éléments de la réserve (Dressel, Chariag…) pas loin à notre sens du groupe pro’ mais qui n’ont pas le contrat qui va avec ?

L’intérêt de la création de cet « entre-deux » nous semble double :

  • Attirer des joueurs grâce à la carotte (petit) contrat pro’ tout en leur indiquant qu’ils joueront avec l’équipe réserve en Régional 1 (soit loin de leur niveau de la saison passée) quand ils ne joueront pas en Ligue 2. Soit probablement souvent pour une large partie d’entre eux, il ne faut pas se leurrer. Au passage la montée en National 2 (ex N3) devrait être l’objectif clair fixé la saison prochaine pour l’équipe B du GF38. Si on connait moins Da Silva, les autres autres joueurs déjà nommés ne vous parleront sans doute pas plus mais sont des gros prospects du monde amateur, à très fort potentiel – qu’il faudra bien évidemment exploiter et développer.
  • offrir à ses joueurs un rythme et des conditions de travail, dans la limite des structures actuelles du GF38, pouvant justement permettre ce développement. Le renforcement du staff pro et l’arrivée d’un nouvel entraîneur pour la réserve iséroise devrait aussi permettre au club de fournir un appui plus conséquent à ces jeunes joueurs. Max Marty évoquait lors de sa rencontre avec les supporters au Foot Time Show la volonté (et la difficulté à ce moment là) de proposer des séances personnalisées aux jeunes joueurs prometteurs, en plus des entraînements avec les professionnels. C’est sur ce point là que ce groupe « Pro 2 » peut sans doute faire une belle différence.

En résumé, Grenoble attire des joueurs à fort potentiel, en renforçant au passage sa réserve avec des éléments qui auront à coeur de PROUVER chaque week-end, peu importe où ils joueront. Le fait d’avoir un groupe restreint mais aussi un staff renforcé devrait permettre d’améliorer le suivi quotidien de ces éléments et donc, sur le papier, de faciliter leur progression. Sur le long terme, cette structure DOIT permettre d’accueillir aussi des joueurs du cru. C’est d’ailleurs déjà dommage de ne pas y voir le jeune Germinario. Avec un centre de formation et d’entraînement tout neuf, les bénéfices seront bien sûr accrus.

La limite nous semble en revanche tout aussi limpide : ces joueurs ne viennent pas pour s’inscrire sur la durée avec l’équipe réserve (même en cas de montée de cette dernière) et il n’y aura pas de la place pour tout le monde en Ligue 2 – d’autant qu’au delà des exemples Zahui et Tourraine, on n’est pas non plus sur un club qui laisse beaucoup de place à la jeunesse, pour des raisons parfois légitimes d’ailleurs. Le risque de frustration et de turnover est donc important. Selon nos informations, le jeune Allégret dispose par exemple d’une clause de prolongation liée à un nombre minimum d’apparitions en L2. Il faudra donc gérer sportivement et humainement au mieux ces éléments, qui ont tout de bonnes idées… sur le papier pour le moment. Car le « trop bon pour la réserve, pas assez pour la Ligue 2 », ne tiendra sans doute pas longtemps.

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