Le GF38 version Frédéric Guéguen n’a pas plus convaincu que son prédécesseur en concédant un match nul face à un autre mal classé, le Clermont Foot, au terme d’une rencontre peu emballante, vendredi dernier au Stade des Alpes. Dans le jeu comme dans les intentions, Grenoble a, finalement très logiquement, conservé peu ou prou le même visage malgré son changement d’entraîneur.
Un système identique
Lors de son intérim post-Tanchot, FG avait innové en installant une défense à 5 qui allait résister près d’un an. Cette fois-ci, le technicien a conservé le système utilisé par Franck Rizzetto ces dernières semaines : une défense à 4, un double pivot au fort volume de jeu et un trident offensif en soutien à l’attaquant de pointe. Rien de nouveau ici mais vu les profils de l’effectif, c’est sans doute le dispositif qui permet d’utiliser une majorité de joueurs à leur meilleur poste.
Pas de choix surprenants chez les joueurs
Par rapport aux dernières sorties, la composition n’était en revanche pas identique. Mais les changements ont plus résulté des circonstances du moment que d’une volonté propre de relancer un joueur. Clément Vidal et Matthéo Xantippe suspendus, Stone Mambo et Shaquil Delos ont joué. Ce dernier avait d’ailleurs déjà occupé le poste de latéral gauche à Laval, MX jouant au milieu.

MX suspendu, donc, Jessy Benet a retrouvé un poste plus bas sur le terrain. Baptiste Mouazan a hérité du poste d’électron libre un peu plus offensif. C’est LE choix de Guéguen sur cette rencontre – les options Bangré et Maurin existaient également, même si on avait déjà vu l’ancien de Concarneau dans ce registre à plusieurs reprises début 2026. Est-ce un choix qui va durer ou répondait-il uniquement à combler les absents du moment ? Réponse à Guingamp. S’il n’a pas tout réussi et que son utilisation du ballon reste très perfectible, Mouazan a tout de même montrer des choses intéressantes vendredi et il a certainement besoin d’enchaîner pour exprimer son potentiel.
Une prestation « à l’ancienne »
Quelques intentions louables en première période mais du déchet dans les dernières et/ou avant-dernières passes. Deux buts qui résultent d’un exploit individuel (Diaby pour les deux). Une seconde période beaucoup plus compliquée face à un adversaire qui place le curseur plus haut dans le rythme et dans l’intensité. Des errements défensifs pénalisés… Ce Grenoble – Clermont a rappelé beaucoup d’autres prestations, à commencer par celle chez le Stade Lavallois avant la trêve internationale.
Ces Grenoblois sont capables de réaliser de très bonnes choses – la réception de l’ASSE l’avait rappelé il y a seulement quelques semaines, mais seulement par intermittence. Une inconstance parfois visible au sein d’une même rencontre. Le changement d’entraîneur n’a pas changé la donne. Si Grenoble n’a pas perdu, il a finalement davantage « concédé » que chez les Tango (1,33 Xg pour Laval, 1,45 Xg pour Clermont), qui avait sans doute aussi plus de raison de tout donner pour aller chercher la victoire dans les dernières minutes. Les Isérois avaient également plus tiré et plus cadré en Mayenne que dans leur stade vendredi dernier.
Difficile de percevoir des progrès flagrants dans la réalisation, ce qui est finalement très logique puisqu’à un individu près, le GF38 reste dans la continuité des hommes et des lacunes structurelles qui en font un club moyen de Ligue 2. Et pas vraiment dans la bonne moyenne.
On notera, enfin, que dans le discours, Fred Guéguen est resté sur les mêmes éléments que Franck Rizzetto : « rien à reprocher à l’état d’esprit des joueurs » – phrase qu’on a sans doute le plus entendu depuis un an en conf’ et « on avance pas vite, mais on avance ». La forme est sans doute plus fluide mais le fond, lui, ne change pas.
Il est temps que cette saison se termine pour partir sur de nouvelles bases à Grenoble. Seront-elles pour autant meilleures ?


