[GF38] Manuel De Iriondo : « Je vais toujours me sacrifier pour le club »

[GF38] Manuel De Iriondo : « Je vais toujours me sacrifier pour le club »


Une semaine après son arrivée dans la capitale des Alpes, Manuel De Iriondo (photo : capture écran GF38) continue de prendre ses marques. Fini le jetlag, l’Argentin a commencé l’entraînement et sera même disponible pour la rencontre face à Guingamp. Entretien avec le nouveau milieu du GF38.

Q : Manuel, où as-tu commencé le football ?

Manuel De Iriondo : Comme beaucoup, j’ai débuté le foot dans le club de mon quartier. Mon père, qui jouait en amateur, m’a transmis sa passion. J’ai donc signé au club de Quilla, dans ma ville de Santa Fe. Après ça, j’ai été à Gimnasia, un club un peu plus important de la ville, avant de rejoindre à 17 ans le centre de formation de l’Atlético Santa Rafaela, dans une autre ville.

Q : Tu peux peut-être nous parler de ta carrière ensuite, jusqu’à ton départ pour l’Europe.

MDI: A Santa Rafaela, l’équipe première était en deuxième division quand j’ai commencé à prendre part aux entraînements avec le groupe pro. Petit à petit, j’ai fini par intégrer complètement le groupe et nous sommes montés en première division. A ce moment-là, je suis retourné chez moi, à Santa Fe, où j’ai signé au club de l’Union, en première division aussi. C’est le club avec lequel j’ai le plus joué. En 2019, j’ai eu un peu moins de temps de jeu et je suis donc parti en prêt à Olimpo, en deuxième division. Après cette expérience, j’ai décidé de partir en Europe. L’opportunité du Politehnica Iasi s’est présentée à moi et j’ai foncé. Ce fut très enrichissant pour moi d’évoluer dans un autre contexte, avec une nouvelle langue, une nouvelle ligue, une nouvelle culture. En plus, il y a eu le covid au milieu. Je n’ai pas pu rentrer en Argentine, j’étais très seul, ça m’a fait grandir en tant qu’homme.

Q : C’est un départ assez « tardif », 26 ans, en Europe pour un Argentin. Comment ça s’est fait et pourquoi ?

MDI : J’ai toujours voulu jouer en Europe. Je savais qu’un jour je prendrais cet envol-là. J’ai donc sondé le marché. Un intermédiaire qui connaissait mes agents m’a présenté le directeur sportif du Politehnica Iasi qui était en Argentine. Nous avons discuté en novembre 2019 et en janvier 2020 j’étais dans l’avion. J’avais eu d’autres propositions mais celle-ci me paraissait intéressante sur tous les plans. Économiquement, puisqu’en Argentine la situation dans le football devient très compliquée, mais aussi sportivement. Je trouvais que la Roumanie était un premier palier cohérent pour intégrer le marché européen. Humainement, j’aime beaucoup apprendre, découvrir, voyager, cela n’a donc pas été un problème pour moi.

Q : Qu’as-tu pensé du niveau du football roumain ?

MDI : J’ai trouvé que le niveau était intéressant. J’ai été vraiment agréablement surpris. Physiquement, techniquement, on trouve des choses très qualitatives. La seule chose qui m’a un peu surprise, c’est l’hygiène de vie. En ce sens, la France est beaucoup plus similaire à ce qu’on trouve en Argentine. Les joueurs sont très professionnels.

Q : Footballistiquement, je crois que ton expérience n’a pas été la meilleure possible.

MDI : Il y a eu des problèmes internes au club qui justifient un peu cela. Le club dépendait de la ville et je crois qu’il y avait des tensions entre le maire et notre entraîneur, Daniel Pancu. C’était un très bon entraîneur. Les salaires n’étaient plus versés et il est donc parti. Certains joueurs, très en colère, ne jouaient plus. Une fois, alors qu’on jouait un match qu’on menait 2-1, les lumières du stade se sont éteintes, allez savoir pourquoi et on a perdu sur tapis vert. Même si ce n’était pas facile du tout, cette expérience m’a fait sortir de ma zone de confort. J’ai appris. Là-bas, j’ai commencé à dépanner en défense centrale, ce que je n’avais jamais fait de ma vie. Aujourd’hui, tout ça me fait encore plus valoriser ce qu’est capable de m’offrir Grenoble.

Q : Quelles différences as-tu trouvées avec le football argentin que tu connaissais ?

MDI : Le football argentin ressemble beaucoup au football européen. Il est très dynamique, engagé physiquement. En Roumanie, j’ai trouvé de très bons joueurs. Certains capables de faire des différences à eux tout seul. Mais ces joueurs-là, ne restaient pas très longtemps (Rires).

Q : Un confrère qui suit le football roumain (voir ci-après) dit de toi que tu es un bon tacleur, que tu te positionnes bien sur le terrain et que tu orientes bien le jeu. Tu es d’accord ?

MDI : C’est plutôt un bon résumé ! (Rires) Pour être plus sérieux, l’un de mes modèles est Javier Mascherano. Pas très grand (1,79m tout de même), mais rapide. J’aime combler les espaces laissés par les latéraux, anticiper les déplacements et servir mes coéquipiers entre les lignes. Je suis un milieu plutôt défensif.

Q : Comment se sont faits les contacts avec le GF38 ?

MDI : L’intermédiaire qui m’avait fait rencontrer le directeur sportif de Iasi, m’a mis en lien avec des agents suisses que connaît le coach de Grenoble. Les premiers contacts ont été très bons. Maurizio (Jacobacci) cherchait un profil comme le mien. Je me trouvais alors en Argentine où je me tenais en forme et l’idée de venir m’a immédiatement motivé. Pour moi, toutes les conditions étaient réunies. J’ai donné ma parole d’être prêt pour le championnat.

Q : Max Marty a parlé de toi comme d’un joueur « adulte » dans un entretien donné récemment à Métro-Sports. Il a parlé de ce que tu pouvais apporter culturellement, notamment ta « grinta ».

MDI : Je suis le seul Sud-américain de l’équipe. Chez nous, nous avons une manière différente de vivre et de jouer au football. Pour autant, je ne viens rien imposer aux autres. Je veux me fondre dans la masse. Si je peux apporter des choses, je le ferai, mais je souhaite d’abord m’intégrer. Je parle anglais et j’ai commencé à apprendre le français.

Q : Tu es ce qu’on appelle un leader dans le vestiaire ?

MDI : Je ne dirais pas leader, mais j’aime parler. J’aime faire passer des messages, donner des conseils avec toujours du respect. Que je joue ou non d’ailleurs.

Q : Quel projet t’a « vendu » le club ?

MDI : Je sais que le GF a joué les premiers rôles l’an dernier. L’objectif est d’essayer de faire la même chose. A long terme, évidemment, on rêve de la Ligue 1. Maintenant, il faut prendre les choses dans l’ordre. Nous avons un nouvel entraîneur mais la base des joueurs reste la même. J’espère aider du mieux possible.

Q : Que savais-tu de la Ligue 2 avant de venir ?

MDI : Je connaissais surtout les grosses équipes, Paris FC, Auxerre, Toulouse. En Argentine, les gens regardent principalement la Ligue 1. Mais la Ligue 2 est un championnat très accrocheur, engagé physiquement, très homogène avec de très beaux stades.

Q : Qu’as-tu pensé du Stade des Alpes ?

MDI : Il est magnifique ! Avec la nouvelle pelouse, c’est vraiment très beau. Quand on est en hauteur et qu’on voit les Alpes au loin, c’est impressionnant. Surtout pour moi qui viens d’une ville sans montagnes et sans neige.

Q : Tu vas réussir à t’adapter à l’hiver ?

MDI : L’hiver chez moi n’est pas comme ici. En Roumanie, j’ai connu les nuits plus tôt, le climat aussi y était très froid l’hiver. Ça m’a préparé. Ici, je suis surtout prêt pour les étés très chauds. Comme chez moi !

Q : Tu as commencé à t’entraîner. Comment se passe ton intégration avec tes coéquipiers ?

MDI : J’ai trouvé dans le vestiaire une super ambiance. Les gars m’ont vraiment bien accueilli, même si certains ne parlent pas anglais. Pour ma part, j’essaye de faire des efforts et de vite apprendre le français. Il y a vraiment beaucoup d’humour dans le vestiaire. Manu Perez parle bien espagnol et m’aide. Esteban Strazzeri est à moitié argentin, il parle aussi. Esteban Salles se débrouille et Anthony Belmonte connaît quelques mots.

Q : Tu as discuté avec le coach ?

MDI : J’ai effectivement un peu parlé avec lui. Il parle plusieurs langues, c’est une véritable aide dans le football de nos jours. Il m’a dit qu’il cherchait quelqu’un de mon profil. Il m’a également rassuré, dit de prendre mon temps. Mon voyage a été très long, presque un jour. Après, je n’ai pas voulu trop l’embêter sur ce qu’il attend de moi. Le match contre Auxerre arrivait et il devait être concentré dessus. Il y aura du temps pour discuter.

Q : Pour terminer, aimerais-tu passer un mot aux supporters du club ?

MDI : Bien sûr ! Je voudrais les remercier de leur accueil si chaleureux. Je suis vraiment content d’être parmi vous. J’aime déjà la ville et le club. Soyez sûrs que je vais toujours me sacrifier pour le club, mes coéquipiers et pour notre entraîneur.

Propos recueillis par Matias Arraez.

Décryptage de Manuel De Iriondo par @FootRoumain

Nous avons demandé au compte Twitter @FootRoumain de nous parler de Manuel de Iriondo qui a passé une saison et demi en Liga I au sein du FC Politehnica Iași.

« Iași a terminé dernier la saison dernière plombé par bien des pépins : des mois sans victoire, problèmes financiers et au niveau de la direction. Mais plusieurs joueurs se sont distingués au niveau individuel dont De Iriondo.
C’est un milieu défensif, droitier. Ses qualités principales : tacles glissés, positionnement défensif (ne se livre pas), technique (dribbleur à l’aise dans les petits espaces et en phase d’élimination), passes longues (ouvertures précises pour aérer le jeu). Saupoudre tout ça de grinta et tu as un joueur assez complet. Je n’ai jamais compris pourquoi une équipe évoluant dans le haut du classement n’est jamais venu le chercher.
Il n’est en revanche pas trop « vocal », ce n’était pas un grand leader à Iași mais il faut dire qu’il y avait déjà 2-3 vétérans pour jouer ce rôle. Mais par ce qu’il montrait sur le terrain, il savait imposer le respect. »

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