Futur adversaire du GF38 ce samedi au Stade des Alpes, l’Amiens SC de Philippe Hinscherger est en difficulté au classement au sortir de la trêve internationale, seulement six points devant la zone de relégation, et dans une dynamique inquiétante. Journaliste pour le 11 Amiénois, Romain Péchon nous a décrypté la situation du club picard.

Ce n’est pas la fin de saison à laquelle s’attendaient les supporters d’Amiens. Après une excellente entame de championnat avant de progressivement rentrée dans le rang, l’équipe de Philippe Hinschberger semblait avoir fait un pas décisif vers le maintien après sa victoire contre Pau (1-0) suivie d’un prestation aboutie à Saint-Etienne (1-1). Las, la lourde défaite à Paris (3-0) et surtout le revers à la Licorne face à Rodez (1-3) ont remis les Picards dans une situation d’urgence.

« C’est très difficile de savoir quoi penser de cette équipe », convient Romain Péchon, qui suit l’ASC pour le 11 Amiénois depuis de nombreuses saisons. « Tu as parlé du match contre Saint-Étienne qui est sans doute le meilleur match d’Amiens depuis quasiment deux mois. Aussi parce que la typologie de l’adversaire a bien aidé avec une équipe de Saint-Étienne très joueuse, qui a laissé beaucoup d’espaces, ce qui convient aux joueurs de l’AC. Derrière il y a le match en retard au Paris FC où l’équipe fait une erreur qui coûte cher et la réception de Rodez où on a senti de la résignation. Certes il y avait un contexte un peu houleux avec une grève des chants, des banderoles pendant tout le match, dont une demandait le départ de Philippe Hinschberger. Mais ce contexte-là n’explique pas les attitudes que l’on a vu sur le terrain, c’est-à-dire une équipe totalement absente en seconde période après avoir laissé passer sa chance en première. On s’est même demandé à un moment si on allait pas en prendre 4 ou 5 tellement cette équipe était dépassée, sans cohésion, avec aucun sursaut d’orgueil. Le problème c’est que c’est un scenario qui se reproduit beaucoup depuis quelques semaines. »

Un peu à l’image du GF38 en 2023, le contenu n’est pourtant pas inintéressant. Mais le manque d’efficacité dans les deux surfaces ne pardonne pas et la roue ne tourne toujours pas malgré les journées qui défilent. A dix journées de la fin, Amiens a glissé à la 11ème place du classement de la Ligue 2 et ne compte surtout plus que 6 longueurs d’avance sur la zone de relégation. Un petit matelas qui pourrait vite fondre si la mauvaise dynamique venait à perdurer.

« C’est compliqué depuis mi-octobre et depuis la reprise Amiens a le deuxième pire bilan du championnat », note le journaliste. Au sein du club picard, on se refuse toutefois à parler de crise ou de situation d’urgence. « Le club ne veut pas tout noircir. On dégaine également le classement en disant que si nous on est en crise, qu’est-ce que devraient dire les clubs derrière nous, qu’il y a encore beaucoup d’équipes intercalées, qu’on a quand même 37 points alors qu’il reste 10 journée, qu’il faudrait un cataclysme pour ne pas se maintenir etc etc. Pourtant le staff a déclenché une réunion, qui a duré 45 minutes, tout de suite après la défaite contre Rodez. Et pour moi la dynamique fait que l’on est dans une situation de crise. Les supporters sont mécontents, tout le monde se regarde un peu en chien de faïence, mais sans qu’il y ait de rupture réelle. Ce sont des éléments de crise qui ne dit pas son nom mais qui est bien latente. Et un nouveau faux-pas à Grenoble aggraverait encore un peu plus la situation. »

Le journaliste du 11 Amiénois ne voit pourtant pas PH menacé. « La tendance est plutôt à un maintien jusqu’à la fin de la saison. A mes yeux, ce n’est de toute façon pas lui qui porte la plus grosse part de responsabilité dans cet échec – par contre on est bien sur un échec, il faut le dire, vu le classement après les 11 premières journées. Faire sauter le fusible Philippe Hinschberger ne changerait rien à la situation ; je doute qu’il y ait la compétence en interne pour le remplacer de toute façon hormis Francis de Percin mais vu les liens qui unissent les deux…. Je pense que les dirigeants amiénois en sont conscients. Maintenant on n’est jamais à l’abri d’un scenario catastrophe avec des défaites qui s’enchaîneraient… »

Amiens peut s’offrir une petite lueur d’espoir en se rappelant que le GF38 n’est jamais parvenu à le battre depuis que les deux clubs se sont retrouvés en Ligue 2 il y a trois ans. « Les chiffres peuvent donner cet espoir mais ce qui m’inquiète c’est que Grenoble n’a pas du tout le jeu qui convient à Amiens. C’est une équipe qui risque de fermer le match, de laisser peu d’espaces et un joueur comme Bamba peut faire très mal sur de la transition après des récupérations hautes. La manière dont Grenoble joue est tout ce qu’Amiens n’aime pas. Et sans faire offense au GF38 ce n’est pas le club le plus « sexy » du championnat et si Amiens hausse le ton lors des grands rendez-vous (Le Havre, Bordeaux, Metz, Saint-Etienne), il a beaucoup plus de mal à le faire contre des équipes de son calibre, à l’image du match chez le Paris FC. Donc personnellement je ne suis pas serein. Si Amiens ne marque pas rapidement dans ce match, ça peut vraiment mal tourner. »

Pour conclure, nous avons demandé à Romain comment il voyait la fin de saison : « ce qu’on peut espérer c’est de vite prendre des points pour éviter de vivre un dernier mois avec la peur au ventre, tout simplement. »

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