A trois jours des trois coups du championnat, l’entraîneur du GF38 Oswald Tanchot est revenu sur le rendez-vous tant attendu et sur comment son équipe s’y préparait.
La gestion de la canicule
« On est plutôt dans la régulation de charge, on s’est adapté. Hier (lundi) après-midi on s’est entraîné quand même malgré la forte chaleur, mais on a réduit le volume, on a réduit l’intensité aussi un petit peu parce que c’était vraiment excessif comme chaleur. Là ce matin (mardi) on a réussi à faire ce qui était prévu. On va adapter cet après-midi pour certains qui doivent revenir, notamment les plus jeunes.
C’est plutôt la mise en route qui est pénible parce qu’il y a quand même un impact pendant l’entraînement. Mais il y a aussi la qualité du sommeil qui est altérée pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir une climatisation. Ceux qui vivent dans Grenoble sont aussi désavantagés par rapport à d’autres donc c’est à prendre en compte. On essaie d’avoir leur ressenti sur le sommeil chaque matin, pour pouvoir aussi être dans l’anticipation. »
L’approche de la compétition
« Quand on démarre une préparation, je pense qu’inconsciemment on met le minuteur et le compte à rebours. On a l’impression que ça va être long mais finalement ça passe très vite et, quand on arrive dans les derniers instants, on sent des joueurs prêts, qui ont envie de se lancer et de mordre dans la compétition.
Toute la richesse de notre métier, c’est que c’est de la matière vivante, de l’humain. Il y a des connexions, de l’interconnexion, des humeurs, des états d’âme, de la tristesse, de la joie, de la frustration. On doit faire des entraînements et construire un groupe. Je trouve que le groupe a plutôt bien avancé et notamment dans la dynamique collective. Je suis toujours très vigilant en fin de mercato, à ces périodes-là qui sont toujours des périodes que nous, entraîneurs, on redoute parce qu’on essaie de construire quelque chose et on sait qu’à tout moment les choses peuvent se déconstruire. »
L’opposition interne de vendredi dernier et le bilan de la prépa
« Par rapport aux conditions, on a fait du mieux qu’on a pu. On a essayé de créer un contexte pour que les joueurs se mettent mentalement dans une opposition. Maintenant, ça reste de l’interne. On a mis des arbitres, des maillots, on a filmé. On a mis plein de choses en place pour que ça puisse ressembler à une opposition contre un adversaire. Ça reste des copains de vestiaire donc ce n’est pas pareil, mais ils ont répondu en intensité. Il y a plein de façons de réussir sa prépa. Nous, on a eu un dernier match qui a été le mercredi, ça ne veut pas dire qu’on ne sera pas prêt.
On a travaillé pour créer de la confiance. La confiance, c’est quelque chose de difficile à construire. Mais le doute fait partie aussi du processus. Je vous invite à lire l’article de Teddy Riner ce matin dans L’Equipe d’ailleurs à ce propos où il parle des doutes et même lui doute avant les JO. Donc tout sportif doit avoir une part de doute. Mais un doute utile. Le doute qui permet d’être concentré, qui permet de se remettre en question, qui permet de chercher à progresser. Si c’est juste douter de soi-même et douter de ses qualités, c’est non. Mais on a essayé de faire en sorte que les joueurs arrivent en bonne condition dans la dernière ligne droite. On a la sensation d’avoir travaillé correctement, mais je pense que tous les collègues ont la même. »
Les ambitions du GF38 cette saison
« C’est toujours dur de fixer des objectifs. Il faut toujours corréler les objectifs aux moyens, au budget, au fonctionnement. Quand tu démarres une saison et que tu es Lorient, que tu es Metz, tu as forcément plus d’ambition. Notre ambition c’est toujours de donner le meilleur, c’est d’être capable d’être la meilleure version de nous-mêmes, du club, c’est de jouer avec l’ambition, de se battre et d’être dur à jouer pour tout le monde. Ça, ce sont des choses réalisables. J’espère que l’équipe progressera au fur et à mesure de la saison et qu’elle sera capable de surprendre. Mais au coup d’envoi, par rapport aux moyens, le premier objectif du GF38 c’est de renouveler son bail en Ligue 2, en donnant du plaisir, en lançant des joueurs, en formant des joueurs, en étant attrayant. »
Le Stade Lavallois déjà dans les têtes ?
« On n’a pas préparé nos matchs amicaux pour se dire qu’on préparait des choses pour Laval. On a préparé d’abord l’équipe, les joueurs. Après, depuis 10 jours, depuis la fin du match de Nîmes, on est déjà un peu dans Laval, que ce soit dans l’observation ou dans nos réflexions de joueurs. Mais c’est venu progressivement même si on l’avait forcément tous dans nos têtes. »



