Le bilan du mercato du GF38

Le bilan du mercato du GF38


Le marché des transferts s’est clôt en France ce mardi 31 août à 23h59. Une journée marquée par une dernière arrivée, celle du latéral gauche Alex Gersbach, au GF38. Il est désormais temps de tirer un bilan d’un mercato qui, s’il ne pourra être réellement jugé qu’à l’aune des résultats, soulève néanmoins quelques interrogations.

Quantitativement, le compte est bon

Sans compter Kristofer Kristinsson et Terell Ondaan, revenus de prêts pour mieux repartir, ni les départs des jeunes Renoud er Mbina, que, malgré leur quelques minutes en L2 l’an dernier, nous ne compterons pas dans le groupe pro’, Grenoble a enregistré l’arrivée de 8 nouveaux joueurs alors que 7 sont partis. D’un point de vue purement quantitatif, les départs ont donc été compensés. Regardons plus précisément joueur par joueur ce qu’il en est.

Qualitativement, nettement moins

Harouna Abou Demba → personne. Mais le GF38 comptait 3 latéraux droit dans son effectif, soit un de trop. En revanche on peut regretter que le départ d’Harou n’était pas été compensé par l’arrivée d’un DC (polyvalent ou pas). Nous écrivions déjà l’an passé que le secteur semblait un peu léger, la blessure longue durée de Straalman n’a fait que renforcer nos craintes. Le pari est risqué de se reposer pour les prochaines semaines uniquement sur Monfray et Nestor (+ des jeunes). Un DC de plus aurait en outre pu ouvrir plus facilement un dispositif à 3 défenseurs.

Jérôme Mombris → Alex Gersbach. Du poste pour poste. On passe en revanche d’un cadre du vestiaire, très expérimenté à un Australien de 24 ans, qui n’a connu que quelques mois en Ligue 2 avec Lens il y a plusieurs années, avant d’aller jouer en Europe du Nord ces dernières saisons. Pour le sportif, il faudra attendre le terrain pour avoir une meilleure idée du niveau du joueur.

Charles Pickel → Franck-Yves Bambock. Le joueur de 26 ans formé au PSG est la recrue estivale qui nous emballe le plus… sur le papier ! Puisqu’on ne l’a en effet toujours pas vu jouer depuis son arrivée. Le garçon a l’air solide, il n’aura pas de soucis d’intégration et aura à cœur de rappeler à la France qu’il est un excellent joueur puisque c’est du côté de la péninsule ibérique qu’il évoluait ces dernières saisons. Comme le Suisse il est annoncé polyvalent 6/8, même si à notre avis il risque surtout de jouer devant la défense si Grenoble insiste avec son 4231. La tâche est toutefois très lourde pour faire oublier « Charlito »

Kevin Tapoko → Manuel de Iriondo. L’Argentin arrivé de Roumanie n’a pas fait une incroyable impression lors des premiers matchs qu’il a disputé, son excès d’agressivité lui faisant même déjà écopé d’un premier rouge sous ses nouvelles couleurs. Maintenant, il n’est annoncé que comme le remplaçant d’un remplaçant, les attentes sont donc forcément moindres sur lui.

Jessy Benet → Giorgi Kokhreidze. On place le Géorgien dans la lignée de Benet davantage du fait de son potentiel « leader technique » que pour une question de poste vu qu’il pourrait très bien davantage être utilisé comme un excentré gauche. Dans les faits Jessy Benet, un des meilleurs joueurs de L2 à son poste la saison passée, garant du jeu alpin, tireur de penalty sans faille et joueur capable de bonifier ses coéquipiers n’a été remplacé ni qualitativement (pour le moment) ni numériquement. Laissons le temps à Kokhreidze, qui avant ses blessures présentait de grosses garanties, de démontrer ce dont il est capable. Mais, à date, avec encore aucune seconde de jeu sous le maillot grenoblois, son cas inquiète davantage qu’il ne fait saliver.

Willy Semedo → Joris Correa. Sur le papier, c’est ici qu’on trouve l’unique « glow up » du mercato grenoblois. Sur le papier seulement. Avec 9 buts à Chambly l’an passé et un caractère très « grenoblo-compatible » le polyvalent attaquant était attendu, notamment après le début de saison très compliqué sur le plan offensif. Pour l’instant, il déçoit. Laissons là aussi du temps au joueur pour retrouver son niveau et davantage apporter à l’équipe. Pour le moment, et à la lecture des commentaires post-match, le Baron, pourtant souvent tancé au Stade des Alpes, commence à être regretté…

Moussa Djitté → Olivier Boissy. On jugera le pari Boissy dans quelques mois. Il n’est pas venu pour jouer immédiatement. Cela tombe bien, au 1er septembre 2021 il n’a absolument pas le niveau Ligue 2. Les circonstances ont fait que le Sénégalais a rapidement eu du temps de jeu. Pas forcément un cadeau, pour lui comme pour l’équipe. On est évidemment très loin du niveau d’un Moussa Djitté et on ne souhaite pas l’évoquer comme son remplaçant. Ce dernier aurait dû signer hier (ou avant). On l’attend aujourd’hui encore.

Reste Orges Bunjaku et Yannick Marchand qui ne remplacent réellement personne. Pour l’instant leur plus-value est faible (Bunjaku) voire inexistante (Marchand). Mais comme Boissy seules les circonstances leurs ont offert du temps de jeu en ce tout début de saison. On ne doute pas des qualités des deux éléments mais il reste du travail pour postuler au costume de titulaire indiscutable en Ligue 2. Du fait de leur jeunesse, ils ont du temps. Grenoble moins.

Peut être que dans 3 mois, 6 mois, 1 an… au gré des progrès et de l’adaptation des différents éléments, le constat pourra être différent. Mais en cette fin de mercato il nous semble que l’effectif du GF38 s’est appauvri d’un point de vue qualitatif. C’est particulièrement vrai au niveau offensif où les pertes de Benet, Semedo et Djitté n’ont pas été (encore) compensées. Et alors que l’équipe n’a inscrit que deux petits buts cette saison (les deux contre QRM), ce constat peut inquiéter.

En terme d’expérience et de cadres, les nombreuses pertes (Abou Demba, Mombris, Pickel, Benet…) n’ont pas non plus été compensées. Le rajeunissement de l’effectif n’est pas une mauvaise chose en soi mais en des temps difficiles, et alors qu’une nouvelle tête dirige aussi désormais la destinée du club alpin, le vécu peut être un précieux atout. Si Grenoble compte encore quelques vieux briscards de Ligue 2 dans ses rangs, le contingent s’est fortement réduit cet été. Et on se rappelle que dans le passé, ce genre de renouvellement a parfois joué de bien mauvais tours.

Trois promesses non tenues

  • Le besoin de recruter des « papas », pour encadrer des joueurs (et un coach) inexpérimentés, évoqué dans les colonnes de nos confrères du Dauphiné Libéré dès fin juillet (« On va prendre trois ou quatre joueurs plus adultes ») ne s’est pas totalement traduit dans les faits, au-delà de l’aspect âge. Correa, De Iriondo et Bambock sont arrivés, mais on reste sur des profils limités en terme d’expérience de la Ligue 2, ce qui nous semble être un critère important pour ce groupe. D’autant qu’après ce constat, le GF38 a encore perdu Mombris et dans une moindre mesure Pickel (jeune mais cadre du vestiaire). Le petit bénéfice « adulte » des nouveaux a donc rapidement été contrebalancé par ces nouveaux départs.

  • « Les partants seront remplacés ». Une phrase qui valait pour Charles Pickel et qui avait été énoncée après l’arrivée de Bambock. Au final, personne n’a remplacé numériquement le Suisse après son départ, même si l’ancien du PSG le fera sans doute sur le terrain. Grenoble avait-il besoin d’un milieu de plus ? La vérité du terrain répondra à cette question même s’il nous semble que le profil d’un Benet pourrait manquer (et manque déjà).

  • Un remplaçant pour Moussa Djitté. On vous laisse revoir les conf’ de presse de Maurizio Jacobacci dès la préparation et ses appels du pied à répétition sur le sujet. Le club s’est démené jusqu’à ce 31 août pour enrôler ce fameux attaquant, mais s’est heurté à des refus de joueurs malgré l’accord du club (Afimico Pululu) ou à des refus de clubs malgré l’accord du joueur (Jean-Philippe Krasso). On ne juge malheureusement pas les tentatives mais le bilan. Et, à ce jour, le constat c’est qu’aucun attaquant n’a été signé, ce qui peut là aussi inquiéter pour la suite.

Un mercato pas encore terminé ?

« A ce jour », parce que malgré la fermeture du marché des transferts le GF38 peut encore procéder à quelques ajustements s’il le juge nécessaire. Les choix sont juste plus limités. Les joueurs sans contrat (Jessy Benet par exemple) sont en effet toujours libres de s’engager où ils le souhaitent. Ensuite, chaque club peut engager un « joker » (mais un seul), c’est à dire un joueur encore sous contrat mais ce joueur ne peut qu’évoluer en France. Sinon, il faudra patienter jusqu’au prochain mercato cet hiver !

5 Comments on this Post

  1. la communication entre le gf38 et l Asse devrait être plus importante et profitable aux 2 clubs

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  2. Ntep en joueur libre,
    Le joueur est ailier gauche et expérimenté.
    Seul le salaire peut bloquer…

    Répondre
  1. […] Mercato […]

  2. […] recherché depuis de nombreuses semaines dans la fenêtre du marché des transferts, il dispose encore de l’option « joker » pour se renforcer. Ce vendredi midi, lors de la conférence de presse avant la réception du Nîmes Olympique, […]

  3. […] comme la « pépite » du recrutement estival du GF38, l’international jeune géorgien Giorgi Kokhreidze, grand espoir dans son pays, n’est […]

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