Un peu plus d’un mois après son officialisation, le nouvel entraîneur du GF38 Oswald Tanchot a été présenté à la presse. Accompagné par le manager général du club Max Marty, le technicien a offert un visage agréable et déterminé et a posé les premiers jalons de son projet.

C’est un nouveau cycle qui démarre à Grenoble. Et pour le mener à bien, Stéphane Rosnoblet et Max Marty ont placé leur confiance en Oswald Tanchot. Un entraîneur qui débarque enfin dans les Alpes puisque si vous nous suiviez ces dernières saisons, vous avez déjà lu son nom évoqué dans les « short list » iséroises, avant et après Maurizio Jacobacci. « On a failli travailler ensemble il y a deux-trois ans de cela », confirme Max Marty. « Ce n’est pas quelqu’un que je connaissais particulièrement mais il m’a toujours intéressé dans sa démarche, dans la façon dont il faisait jouer ses équipes, dans ses interviews. C’est quelqu’un de très subtil sur le foot, qui une grande connaissance de ce milieu de la Ligue 2 et de tous les championnats. »

Pourquoi maintenant, finalement ? « Parce qu’il avait envie de venir » sourit le dirigeant isérois. « La dernière fois il nous avait dit que ce n’était pas évident pour lui de venir sur un projet en janvier et il a préféré refuser. Aujourd’hui, c’est la bonne personne, au bon moment » . Au-delà des a priori positifs, Tanchot a tout de même dû convaincre Stéphane Rosnoblet, à qui appartient le choix du coach in fine. « Il a coché les cases lors de sa présentation. Il a su exprimer sa volonté de venir. »

« On ne peut pas gagner n’importe comment »

Après une saison et demie sous la coupe d’un entraîneur désagréable, Grenoble a aussi fait le choix d’un homme dont les qualités empathiques ont été louées tout au long de sa carrière. « A Grenoble on aime nos joueurs, on a besoin de cet affectif. Bien évidemment il y a le résultat, parce qu’à la fin, quand on perd, c’est terrible. Mais on ne peut pas gagner n’importe comment. On a besoin de gagner tous ensemble, d’avoir une vraie synergie sur toute la saison. On a besoin que nos joueurs se sentent bien. Oswald a cette réputation d’être assez proche des joueurs, tout en étant très intransigeant, même d’être dur, exigeant sur les séances d’entraînement. Il sait se faire aimer par les joueurs, parce qu’il est juste. »

Enfin, l’expérience, du haut niveau mais aussi des championnats amateurs, du nouvel entraîneur du GF38 a aussi été un argument à plusieurs reprises évoqué par Marty ce lundi. « Il connait la Ligue 2 par cœur, il connait nos joueurs. Il a déjà travaillé dans des clubs plus huppés que le nôtre. On avait besoin de quelqu’un qui était expérimenté dans cette division avec ce passage à 18 clubs qui va demander encore plus d’exigence. Le fait qu’il ait connu également des niveaux plus bas lui permet d’être plein d’humilité. On sait que le foot c’est dur, qu’il faut être respectueux des efforts. Notre ADN doit être la bataille, le combat, la générosité, l’envie. Quand on est passé par toutes les divisions, qu’on a respecté le milieu amateur, c’est un argument supplémentaire pour réussir à Grenoble. »

Une principale mission : « continuer de faire progresser » le GF38

Après ce beau portrait, Oswald Tanchot s’est chargé en personne de construire une première image, une première impression. Et l’entraîneur s’en est bien tiré dans l’exercice. Son discours clair et affirmé, sa bonne compréhension du contexte et de l’environnement dans lequel il arrive et l’évocation de son projet sont autant de points à mettre à son crédit pour sa première sortie officielle.

« Ce qui m’a séduit ce n’est pas quelque chose de ponctuel mais c’est le projet sur les dernières saisons. C’est un club qui surperforme souvent par rapport à ses moyens, qui est solide dans sa façon de jouer, mais pas uniquement de défendre. Le sérieux, la continuité, la constance sont des valeurs qui permettent à des clubs avec un peu moins de budget d’exister et de faire des choses intéressantes. », a d’abord expliqué le nouvel homme fort de la formation de Ligue 2.

Après plusieurs projets mouvementés, à Amiens, en Grèce ou encore à Sochaux relégué administrativement en National l’an dernier, la stabilité du GF38 a aussi pesé dans le choix de Tanchot. « Idéalement j’aimerais travailler dans la durée, avec du sérieux, de la constance. De la pondération aussi parce que c’est un milieu de passion, ce qui amène parfois à faire des choses qui ne sont pas idéales pour performer. Mais je crois qu’ici je suis dans un endroit où la clarté du projet et où la gouvernance sont très claires. Il y a deux personnes à la tête du club : un président là depuis des années, qui a démontré son investissement à tous les niveaux, et Max (Marty) qui n’est plus à présenter. Le club progresse d’année en année dans sa structuration, même si parfois les résultats du terrain ne le montrent pas. »

Le nouvel entraîneur dauphinois doit apporter sa pierre à l’édifice GF38. Être un élément important dans la construction de l’étage suivant. Tanchot indique « être aligné sur les attentes ». Ces dernières ont été définies par toutes les parties avec clarté . « Faire de Grenoble un club ambitieux de Ligue 2 mais avec de la mesure et de la patience, développement les talents et puis amener le GF38 à entraîner dans son centre d’entraînement dans un futur le plus proche possible, en étant encore un peu plus solide. Et puis il y a aussi une attente en terme d’émotion : faire vibrer les gens, amener du plaisir au stade des Alpes. »

Après une coupure nécessaire après son éprouvante saison sochalienne, Tanchot a progressivement embrassé sa nouvelle aventure. « C’était nécessaire de couper, j’avais besoin de ça mais en restant toujours connecté avec le projet GF38. Je savais que l’effectif allait être stable dans un premier temps mais qu’il va y avoir un deuxième temps. On voit que le marché des transferts est calme même si nous concernant il y a eu une ventre effectuée ces derniers jours, donc il n’y a pas eu besoin d’échanges fournis sur la partie mercato. Quand on est Grenoble, on sait qu’à tout moment on doit être en capacité de répondre à un départ, une vente. Il y a presque une obligation de fournir des joueurs à la vente pour que le budget du club soit respecté. Aujourd’hui un entraîneur doit être à l’aise avec ça. Je connais les points forts de l’équipe, je sais qui sont les joueurs importants. Tout le monde est en phase sur ça. Si un joueur important doit être vendu dans l’intérêt du club, il faudra qu’on puisse répondre à ce moment. Mais rien n’est fait dans la précipitation, dans la folie. Je sais que si je vais dans certains endroits je vais apprendre la vente d’un joueur dans le vestiaire comme ça a pu parfois arriver dans mon parcours. Ici je sais que ce sera toujours dans l’échange et qu’il n’y aura pas ce genre de « surprise » même si à un moment donné il y aura un arbitrage fait par Max et surtout le président. 

On a également fait un séminaire pendant quelques jours avec l’ensemble du staff au sens large pour parler un peu de tout et appréhender cette nouvelle saison de la façon la plus lucide possible. Par rapport à la deuxième partie de saison de l’an passé et à un éventuel problème mental je pense qu’il y a forcément un travail à faire mais ça doit être un travail à la marge, quasiment invisible, pour transformer un peu l’état d’esprit des joueurs. Je pense que les joueurs ont besoin de reprendre du plaisir, de se libérer et de ne pas penser trop loin »

« L’ambition démarre d’abord avec le travail »

Oswald Tanchot trouve pour le moment l’effectif grenoblois « équilibré », avec « aucun joueur sans projet », au-delà de la concurrence. « Je connais la valeur du milieu de terrain, du gardien de but. Il y a aussi des joueurs qui ont fait une très bonne première partie de saison et qui ont eu du mal ensuite. Mais le talent est là dans le secteur offensif, avec des joueurs qui ont un potentiel indéniable. On a un effectif pour pouvoir démarrer malgré les départs de Monfray et Tourraine qui étaient deux éléments importants de l’équipe. Mais je crois qu’au-delà des individus, il faut créer un plaisir au quotidien, des habitudes de travail, une rigueur. Il faut garder une humilité mais sans s’empêcher d’être ambitieux. Et l’ambition ça démarre d’abord avec le travail. »

Le natif de Mayenne, qui est un des rares techniciens français à avoir entraîné dans tous les championnats nationaux, a ensuite également abordé sa philosophie de jeu. « J’aime l’intelligence collective, j’aime créer, que mes équipes soient capables de jouer dans plusieurs systèmes. Je préfère parler de lecture de jeu plutôt que de système. J’aime l’animation, le mouvement, l’entraînement. J’aime aussi les équipes qui démontrent du caractère parce que quand on est sportif professionnel et footballeur, cela fait partie intégrante du bagage et il ne faut pas négliger cette qualité là de générosité, de dépassement de soi. Je pense qu’il faut aussi savoir s’identifier à un projet qu’on trouve dans son environnement, dans les valeurs du club, de la ville, pour pouvoir être vecteur de transmission de ces valeurs là et pour que le public le ressente et vibre avec l’équipe. »

Plaisir, mouvement, entrainement, intelligence. Des mots avec du sens et qui rappellent les principes de l’école nantaise et des Arribas, Suaudeau et autre Denoueix. Une influence qu’Oswald Tanchot ne renie pas. « J’ai grandi dans l’influence des équipes du football du Grand Ouest et notamment du FC Nantes. Je me déplaçait souvent pour aller voir les entraînements et quand j’ai passé mes diplômes j’ai eu la chance de pouvoir assister à des entraînements de Raynald Denoueix. »

L’entraîneur dispose de six semaines pour préparer une saison à 18 clubs forcément particulière, que lui a pratiqué en National l’an passé avec le FCSM. Une des clés de la réussite ? Le « calme » : éviter l’euphorie ou la panique même si les 34 matchs vont rapidement défiler. « La valeur du point est encore plus importante donc il faudra les prendre, parfois les arracher. Mais les clubs qui auront une sérénité autour de l’équipe auront un avantage sur tous les autres. Il ne faudra pas s’énerver ou s’exciter après deux mauvais ou deux bons résultats. La ferveur populaire est essentielle. Un stade qui vit, c’est beaucoup plus agréable pour tout le monde. A chaque fois que je suis venu ici j’ai constaté qu’il y avait une tribune très animée, avec des supporters fervents. C’est important pour les joueurs, c’est important pour moi. Il faudra qu’on ait tout le stade, et pas uniquement une partie, qui soit derrière l’équipe. »

Ce sera bien sûr aux joueurs grenoblois d’aller chercher ce soutien. Avec un nouveau capitaine à la barre, qui a déjà convaincu pour sa première prise de parole à la lecture des différents commentaires sous notre vidéo de la conférence de presse. De la parole, il va falloir passer aux actes. Et cela démarre dès aujourd’hui.

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