Après un début de championnat timoré sur le plan offensif, le GF38 est en net regain de forme. Grenoble reste ainsi sur 9 buts inscrits en 4 matchs de Ligue 2 en octobre, socle de sa série d’un nul et 3 victoires sur la période. Une spectaculaire embellie qui a coïncidé avec un passage à deux pointes alors que l’équipe de Vincent Hognon jouait à 3 devant lors des premières semaines de la compétition. 

Des profils adaptés

Si le technicien grenoblois a toujours admis qu’il était un adepte du 433, il a parfaitement su changer son fusil d’épaule au bout de quelques semaines pour basculer sur le système que l’on connait actuellement.

Il faut dire que VH avait des profils particulièrement adaptés à son 532. Les défenseurs axiaux sont nombreux et de qualité, l’émergence d’Allan Tchaptchet offrant une option supplémentaire (et quelle option !). Les pistons ont un potentiel offensif intéressant même si encore trop partiellement exploité. Gaspar (buteur contre Laval) et Gersbach (4 passes clés contre le VAFC) sont par contre sur une phase ascendante prometteuse.

Mais ce sont finalement les profils offensifs qui ont le plus profité de cette évolution. Tell, Phaëton, Bamba semblent tous les trois plus à l’aise dans l’axe, à un poste moins énergivore et qui offre davantage de possibilités face au but. Pape Meïssa Ba profite aussi d’être davantage entouré pour faire valoir ses qualités de déplacement et de passe. Les stats individuelles de ces éléments ont en tout cas profité du passage à deux pointes et avec elles les résultats du GF38.

Abondance de biens…

…Ne finira-t-elle pas par nuire ? Car l’effectif a été construit pour évoluer avec trois joueurs offensifs… Et avec des postes doublés. Hier en lutte pour trois places, Sbaï, Phaëton, Meïssa Ba, Correa, Tell et Bamba le sont aujourd’hui pour deux. Les blessures et suspensions ont évité à VH un trop gros casse-tête lors des dernières compositions mais c’est un élément avec lequel il faudra composer en restant dans cette configuration. Amine Sbaï semble par exemple moins adapté à ce système. Joris Correa a reculé dans la hiérarchie et vu l’importance et/ou la forme de Phaëton, Tell et Bamba (incontournable dès qu’il reviendra), comment gérer le temps de jeu de Pape Meissa Ba, très loin de démériter même si moins en réussite (pour le moment) que ses compères…

De quoi faire changer de système VH ? Ce dernier a indiqué après la victoire contre Valenciennes qu’il avait réfléchi à un système à 3 avec Meissa Ba pour ce match devant la difficulté à faire un choix entre des joueurs méritants. Preuve que c’est un élément pris en compte par le coach, plutôt bon dans la gestion psychologique de ses joueurs depuis son arrivée dans les Alpes, qui pourrait interférer dans ses compositions tactiques.

Un système « Ngando dépendant » ?

Nous avons parlé des profils adaptés au « 532 » grenoblois en omettant volontairement le milieu de terrain. La montée en puissance et l’influence sur le jeu d’Axel Ngando est allé de paire ces dernières semaines avec la réussite des attaquants alpins. La sortie sur blessure du milieu créatif juste après la pause contre Valenciennes a également coïncidé avec le coup de moins bien de son équipe dans le jeu.

L’ancien Auxerrois blessé, le GF38 va être privé de son électron libre, capable de naviguer derrière les deux attaquants en distillant les bons ballons. Touray et Correa sont des solutions individuelles de remplacement déjà utilisées cette saison mais qui n’ont pas convaincu dans ce registre jusque là. Est-ce que son forfait jusqu’à la trêve va inciter Hognon à revoir ses plans ?

Le 343, une alternative viable ?

Si c’était le cas, pourquoi ne pas voir le GF38 opter pour un système qui lui permettrait de conserver son assise défensive tout en palliant au manque potentiel de milieux de terrain (Manu Perez est sorti blessé en coupe de France, Flo Michel n’est pas encore revenu) : le 343.

A plat, il permet d’aller chercher haut les adversaires et de rapidement se projeter vers le but adverse à la récupération. En phase défensive, le GF38 peut retrouver sa ligne de 5 habituelle, les deux ailiers pouvant redescendre d’un cran pour densifier le milieu et ainsi offrir un bloc très compact.

Dans l’animation offensive, la polyvalence des attaquants isérois permet de jouer avec deux joueurs excentrés, tout comme avec deux soutiens pour l’attaquant de pointe, comme sous Maurizio Jacobacci l’an dernier quand face aux manques d’attaquant l’entraîneur avait aligné Michel et Ravet sous Diallo. Le retour en cours de match à un 532 plus habituel, avec Correa qui a déjà joué dans cette configuration par exemple (ou Sbaï qui techniquement pourrait être intéressant dans ce registre) est également possible.

Le gros risque de ce système est de se faire « ouvrir » à chaque perte de balle. En conséquence, il serait plutôt à utiliser avec modération ou uniquement quand la situation le demande (score à rattraper à l’extérieur, décision à faire à domicile).

En conclusion, si l’option à deux pointes a démontré son efficacité et permet d’utiliser au mieux les qualités des joueurs offensifs, Vincent Hognon dispose d’autres options dans sa palette. La saison est encore longue, il faudra composer avec les absents, avec le besoin de conserver certains éléments dans le rythme et sous « pression » et de s’adapter aux adversaires et aux objectifs. On ne parlera donc pas de système définitif mais d’une corde, solide, à l’arc grenoblois. Mais au final, cela reste aux flèches de trouver la cible. 

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