Yoric Ravet est-il indispensable au GF38 ?

Yoric Ravet est-il indispensable au GF38 ?


Samedi dernier en coupe de France, les absents ont eu raison vu la prestation des joueurs alignés à Andrézieux par Maurizio Jacobcci. Parmi eux, Yoric Ravet, touché la semaine précédent le match (lésion musculaire à une cuisse) et possiblement encore absent face au Havre. L’attaquant grenoblois, même si on le sait capable d’encore mieux, fait partie des joueurs les plus décisifs de Ligue 2. Il porte surtout son équipe sur ses épaules sur le plan offensif depuis le coup d’envoi de la saison.

Une absence impactante sur le plan offensif

On ne peut pas dire que l’attaque alpine flamboie cette saison. Mais quand Ravet n’est pas là, c’est encore pire. Le natif de Grenoble a déjà manqué les deux matchs de coupe. Deux rencontres où les lacunes offensives du GF38 ont été encore plus criantes face à des adversaires amateurs. Grenoble n’aura trouvé le chemin des filets qu’à deux reprises face à une Régional 3 (2-1) puis face à une National 2 (0-3). Beaucoup trop insuffisant vu l’écart de niveau, qui aurait justement dû permettre aux attaquants de se mettre en confiance. Le match à Andrézieux a été à ce titre particulièrement édifiant avec un festival de passes et/ou de contrôles manqués et une incapacité à se créer de franches occasions si ce n’est sur coups de pied arrêtés.

Ravet a également loupé trois matchs de championnat. Si au niveau du résultat l’équipe de Jacobacci s’en est tirée honorablement (1V, 1N, 1D), ce ne fut pas la même soupe sur le plan du jeu et plus spécialement de l’animation offensive. Oublions le match inaugural face à Paris où la présence de l’ancien de Fribourg n’aurait rien changé. Mais à Bastia (0-0) et face à Dunkerque (1-0 but du défenseur Nestor à la 93e), pourtant réduit à 10 toute une mi-temps, les intentions offensives ont été particulièrement pauvres pour des Dauphinois sans idées et sans (leur) génie.

Yoric Ravet roi des statistiques

A Grenoble, Yoric Ravet est après 16 journées :

  • le meilleur buteur (4)

  • le meilleur passeur décisif (3)

  • Le seul joueur à avoir marqué sur coup-franc direct

  • Le Grenoblois qui tire le plus en moyenne par match (2,2) chez une des équipes qui tire le moins en L2

  • L’élément qui a créé le plus d’occasions (4)

  • Le joueur qui réalise le plus de passes clés par match (1,5)

Si les chiffres ne sont en soit pas exceptionnels, la récurrence des premières places occupées par l’ancien de Norcap symbolise son impact et son « indispensabilité » dans une saison où le GF38 est en difficulté malgré un classement aujourd’hui trompeur.

Laissez-lui de la créativité !

La « heat map » de sa saison jusque là.

Yoric Ravet a débuté dans un rôle très restrictif de piston droit, avec une position moyenne basse puisque l’entraîneur demandait à ses ailiers de venir défendre très près des buts de Maubleu.
Depuis Jacobacci a partiellement revu sa copie, instaurant notamment un nouveau système en 3421 dans lequel Ravet joue en soutien d’un attaquant de pointe (sauf quand il doit occuper ce dernier rôle du fait des absences ou des infériorités numériques) et où il est davantage libre de ses mouvements. Un rôle qui sied mieux à ses qualités.
Le Grenoblois n’est pas un joueur qui va déborder ou dribbler. C’est un accélérateur de jeu, capable de bonifier un bon appel ou de trouver le joueur libre pour déséquilibrer le bloc adverse. Au plus les options autour de lui sont nombreuses, au plus il sera décisif. Une présence plus axiale peut également lui permettre d’être plus régulièrement en position de marquer.

Aujourd’hui, Yoric Ravet est effectivement indispensable à son équipe. Ses stats personnelles le démontrent. Mais il est aussi un élément capable de bonifier les joueurs qui l’entourent. Un rôle qu’il peut, qu’il doit encore endosser davantage avec le départ de Jessy Benet. Un rôle qui lui « offre » aussi une attention particulière de la part des adversaires, qui ont compris qu’ils ne devaient pas lui laisser d’espace et de temps. Il lui faudra à son retour encore hausser le niveau. Il en a (largement) le potentiel, pour peu qu’on lui laisse une certaine liberté pour l’exprimer…

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