Après 7 années à Rumilly, Vincent Di Stefano (Crédit photo : GFA 74) a décidé de quitter la Haute-Savoie pour un projet à l’étranger. Passé par Grenoble, Montpellier, Tubize, Sedan ou encore Sète, le natif de Voiron (Isère) a accepté de revenir sur son parcours et d’évoquer ce nouveau projet.
Avant de rejoindre le GF38, tu es passé par la Côte Saint André. Peux-tu nous parler de ces années dans le Nord-Isère et de ton arrivée dans la capitale des Alpes ?
« On a eu deux belles générations qui se sont succédées à La Côte Saint André avec la « génération 92 » de Florian Michel puis la « génération 93 » dans laquelle j’évoluais avec Ruben Aguilar ou encore David Douline. En benjamin, on a commencé à recevoir des sollicitations du GF38 après avoir remporté le championnat départemental devant eux. Florian Michel prend en premier la direction de Grenoble avant d’être rejoint par Ruben (Aguilar) en 2005 puis par moi-même en 2007. Cette arrivée dans un club professionnel marque le début de mon aventure sportive. Le fait de s’entrainer tous les jours à côté du groupe professionnel (au Stade Vercors) c’est une source de motivation supplémentaire. Tu te dis que tu es sur la bonne voie. »
Sous les couleurs grenobloises, tu vas connaître de belles années sportives au contact de cette génération 93 que l’on qualifie souvent de génération dorée. Quel regard portes-tu sur ton passage au GF38 durant lequel tu as pu côtoyer Ruben Aguilar ou encore Florian Thauvin ?
« Forcément j’en garde de supers souvenirs ! Après il y a quand même un côté entonnoir en centre de formation car seulement les meilleurs restent chaque année donc quand tu vis ça de l’intérieur tu n’as pas le même recul sur la situation qu’aujourd’hui. Il y a eu trois belles générations au GF38 au début des années 90. La « génération 91 » de Manuel Perez et Hamadi Ayari, la « génération 92 » d’Atila Turan et Saphir Taïder notamment puis notre « génération 93 ». Ruben Aguilar et Florian Thauvin ont fait de superbes carrières par la suite mais d’autres joueurs ont connu de belles heures aussi. Je pense à Julien Bègue ou encore à Timothée Dieng qui fait un joli parcours en Angleterre. Donc c’est vrai qu’on s’est plutôt bien débrouillés sur ces années-là ».
Après le dépôt de bilan du GF38 en 2011, plusieurs destinations s’offrent à toi dont Montpellier. Comment se passe cette période d’incertitude avant de rejoindre l’Hérault ?
« On finit champion de notre poule en U19 National avec Grenoble avant de perdre en finale du championnat de France contre le PSG. A l’issu de cette saison, le GF38 dépose le bilan et les autres clubs se disent alors qu’il y a des bons coups à faire. Ruben (Aguilar) s’engage avec Saint-Etienne, d’autres vont à Guingamp et moi je prends la direction de Montpellier. J’avais également une proposition de Tours avec comme coach un ancien grenoblois (Bernard Blaquart) mais j’ai préféré rejoindre le MHSC. J’arrive dans l’Hérault avec Jérôme Simon qui a fait une belle carrière par la suite en Belgique, au Luxembourg ou encore en Lituanie ! »
Tes performances avec Montpellier vont te permettre de parapher ton premier contrat professionnel. Quel est ton ressenti à ce moment-là ?
« Après coup on se rend compte que c’était que le début mais sur le moment on voit cette signature comme un accomplissement, un aboutissement. Ce contrat professionnel, on en rêve tous depuis gamin donc de pouvoir y parvenir c’est un grand bonheur. Tu penses que ce que tu vis est presque éternel mais avec du recul tu sais que ce n’est pas forcément le cas ».
Tu vas côtoyer le groupe professionnel au MHSC avec notamment 12 apparitions sur la feuille de match sans pour autant entrer en jeu. Est-ce que c’est un regret de ne pas avoir disputé la moindre minute en Ligue 1 sous le maillot montpelliérain ?
« Je suis compétiteur donc j’ai toujours eu cette envie de jouer et de faire mes preuves. Je n’ai jamais été spectateur ou ébahis ! Je me suis toujours donné à fond mais de toute façon tu n’as pas le choix quand tu es défenseur dans un groupe de cette qualité sinon tu te fais marcher dessus ! Il m’a fallu cet état d’esprit pour atteindre le groupe professionnel et obtenir ensuite ma place au sein des joueurs convoqués pour les matchs. Après, c’est vrai je n’ai pas eu l’occasion de rentrer mais comme je dis toujours il y a deux facteurs : le facteur talent et le facteur circonstances. Si j’avais eu le talent de Mapou Yanga-Mbiwa ou Vitorino Hilton, mon temps de jeu aurait été plus important. Les scénarios des matchs n’ont pas joué en ma faveur non plus. C’est plus compliqué de remplacer un défenseur qu’un attaquant ou un milieu et puis à cette époque-là il n’avait que trois changements contre cinq maintenant ».
En revanche, tu as pu goûter aux joies des sélections en Equipe de France en U19 avec laquelle tu as participé à un Euro en Estonie. Comment tu as vécu le fait de porter le maillot tricolore ?
« C’est quelque chose d’exceptionnel ! Autant dans le parcours en club, il y a une sorte de régularité car il y a cette possibilité de se comparer avec ses coéquipiers et ses adversaires lors des entrainements et des matchs. Autant avec la sélection, il y a une forme d’inattendue que l’on ne retrouve pas en club. Pour la petite histoire, c’est durant en match de Gambardella contre Bordeaux que j’ai tapé dans l’œil du sélectionneur qui était venu voir Gaëtan Laborde et Thomas Touré. Je suis donc convoqué pour un premier stage avec l’Equipe de France. C’est quelque de fantastique et je me dis avec du recul que c’est un des meilleurs moments de ma carrière : le niveau de jeu est exceptionnel, la fierté de porter ce maillot, l’hymne … On avait en plus une super génération avec des joueurs qui ont fait de sublimes carrières comme Paul Pogba ou Samuel Umtiti pour ne citer qu’eux »
Ton aventure avec Montpellier prend fin et tu décides alors de rejoindre la Belgique. Peux-tu nous expliquer ton choix ?
« C’est sûr que cette première aventure hors de la France a été un gros changement. Je finis mon aventure à Montpellier après une année compliquée au niveau du club. René Girard semblait bien apprécier mon profil et voulait donc me faire signer pour 3 saisons supplémentaires. Finalement, je ne signe qu’un contrat d’un an avec l’arrivée de Jean Fernandez comme entraineur qui ne me connait pas et ne veut donc pas prendre de risque. Les résultats ne sont pas au rendez-vous et il se fait virer à la fin du mois de novembre. On traverse alors une période de crise en jouant pour notre survie dans l’élite avec un effectif bâti pour la coupe d’Europe (la saison précédente) et qui est donc trop conséquent. Je ne rentre pas dans les plans de Roland Courbis qui arrive en décembre avec ses joueurs et son réseau. J’ai alors 21 ans et même si j’ai évolué au sein d’un groupe professionnel, je n’ai pas le profil recherché en Ligue 2 avec des clubs qui s’orientent davantage vers des joueurs d’expérience. J’ai quelques touches en National mais le championnat n’était pas autant développé que maintenant. Puis j’ai cette opportunité en Belgique avec un contrat de 2 ans à la clé que je saisis »
Comment se déroule ton adaptation à une nouvelle culture, à un nouveau style de jeu en Belgique ?
« Au début, il y a ce fameux temps d’adaptation à une nouvelle culture, à une nouvelle façon de s’entraîner, à une nouvelle ville … tout est différent y compris le football. C’est un jeu plus ouvert avec davantage de 3-2 que de 1-0 et des profils de joueurs bien marqués. Mon aventure belge s’est bien passée avec notamment une deuxième saison à l’AFC Tubize qui est très aboutie collectivement. On est premier à la trêve et on joue un la montée ce qui est miraculeux pour le petit club de deuxième division que nous étions »
Après cette aventure belge, tu décides de revenir en France où tu vas connaitre une saison compliquée avec Sedan avant de rejoindre Sète. Comment tu as vécu ce retour dans l’hexagone ?
« Effectivement, Sedan me contacte en m’indiquant leur objectif de monter en Ligue 2 donc je décide de les rejoindre. Superbes infrastructures d’entrainement, super stade, 300 supporters au premier entrainement, 3000 personnes pour notre premier match à domicile … il y avait tout pour réaliser une belle saison ! Finalement, c’est tout l’inverse qui se passe. L’équipe est déséquilibrée et mal préparée avec des recrutements réalisés dans l’urgence si bien qu’on descend en National à l’issu de la saison. J’ai quelques pistes pour trouver un nouveau club même si forcément c’est plus compliqué après une descente. Et puis Sète m’appelle, il me connaissait car je les avais déjà affrontés avec Montpellier et c’était un club solide de CFA (N2) donc je me suis engagé avec eux pour une saison ».
A l’issu de cette saison à Sète, tu vas décider de rejoindre la Haute-Savoie pour relever un nouveau défi. Quelles sont les motivations qui t’ont poussé à te rapprocher davantage de ta région d’origine ?
« Durant mon année à Sète, je rencontre ma femme qui est originaire d’Annecy. Joris Garnier que j’avais connu au GF38 et qui est un très bon ami était également dans ce secteur-là. Mon oncle vit à Annecy, mes parents et mes grands-parents sont dans la région grenobloise donc c’était l’opportunité de me rapprocher de mes proches. Je fais savoir mon envie de revenir dans la région Rhône-Alpes et Annecy ainsi que GFA se montrent intéressés pour me recruter. J’ai des contacts avec l’entraineur d’Annecy mais je n’ai pas trop de retours de sa part. Ayant envie d’être rapidement fixé, on m’informe qu’un club bien structuré et ambitieux monte en N3 et qu’ils sont intéressés par mon profil. Je rencontre donc les dirigeants de GFA, le feeling passe bien entre nous et ils sont réactifs donc je décide de m’engager avec eux. Pour la petite histoire, quand le coach d’Annecy a su que j’avais signé à Rumilly, il m’a contacté pour me dire que j’aurais été mieux dans son club mais sans investissement et proposition de sa part, j’ai préféré choisir un club avec lequel le contact est bien passé »
Tu vas tout connaitre avec Rumilly : 2 montées, 1 descente mais aussi une épopée en Coupe de France. Celle-ci reste particulière pour toi avec ta suspension qui t’a contraint à vivre la demi-finale contre Monaco en tribune. Quel regard portes-tu sur cela aujourd’hui ?
« Ce parcours en Coupe de France a été très contrasté pour moi et pour mes proches. Avant même d’évoquer mon cas personnel, c’est vrai que c’est une édition spéciale du fait de la crise sanitaire. Je me souviens des entrainements à 6h du matin dans la neige parce qu’il y avait le couvre-feu ensuite donc une impossibilité de s’entrainer après 8h. Le début de l’aventure est génial, on gagne trois séances de pénaltys et on sent qu’il se passe quelque chose. Puis je prends ce carton rouge à la suite d’un tacle qui me vaut une suspension de trois matchs. Entre-temps, les championnats sont arrêtés au vu du contexte sanitaire donc cette suspension ne dure plus trois matchs mais trois mois. Avec le club, on décide d’alerter la Fédération sur le fait que je ne puisse pas purger ma sanction. Je ne reçois aucune réponse de leur part, je ne pense même pas qu’ils se soient penchés sur mon dossier. Je rate donc le 8iem, le quart et la demie. Il y a eu beaucoup de bons moments dans ma carrière mais celui-là reste un moment douloureux. Je le répète souvent mais cette aventure fantastique s’est arrêtée en 16iem de finale pour moi. »
Après 7 années passées au GFA, quel regard portes-tu sur l’évolution du club ?
« Il y a vraiment eu deux périodes distinctes dans mon aventure à Rumilly. J’ai réalisé mes premières années au club dans une atmosphère différente que celle d’aujourd’hui avec un management particulier qui laissait peu de place à l’épanouissement. Il y a trois ans et demi, un changement de mentalité et d’état d’esprit général s’est diffusé dans tout le club ce qui a rendu ma deuxième partie d’aventure ici fantastique. On a raté la montée d’un point contre Bourgoin l’année où je suis me fait les croisés. J’ai eu la chance d’être bien accompagné par des gens très compétents qui m’ont remis sur pied à la suite de cette blessure. On a fait ensuite deux très belles saisons avec une montée l’année dernière obtenue facilement et durant laquelle j’ai inscrit 8 buts. Cette saison, on a obtenu un maintien très tranquille avec un bon début de saison qui nous a facilité la tâche.. Le club peut donc se projeter sereinement sur la saison prochaine ».
Tu as décidé de mettre un terme à ton aventure en Haute-Savoie pour un nouveau projet à l’étranger. Peux-tu nous en dire un peu plus sur celui-ci ?
« C’est un projet familial qui a muri tout au long de l’année avec une volonté présente chez ma femme comme chez moi de vivre une nouvelle aventure. J’ai bien apprécié mon passage en Belgique même si j’ai regretté un peu les similitudes avec la France notamment au niveau de la langue. Pour ce projet qui va se dessiner dans les semaines à venir, on recherche davantage de dépaysement ! Personnellement, c’est également l’opportunité de vivre une autre expérience footballistique tant que j’ai encore les jambes pour le faire ! J’ai cette envie de me confronter à un autre football, de me forger d’autres souvenirs, d’ouvrir mon esprit à d’autres cultures. Pour autant, ce n’est pas un adieu à Rumilly mais bien un aurevoir. Je quitte ce club avec beaucoup de reconnaissance envers toutes les personnes que j’ai pu rencontrer et puis on a construit notre maison ici donc a toujours un pied à terre pour revenir dans la région. »
Vincent, tu as fait le choix de continuer tes études lors de ton passage à Grenoble puis à Montpellier. Peux-tu nous expliquer ce choix de penser à ta reconversion dès le début de ta carrière ?
« C’est un choix qui remonte un peu maintenant ! Mes parents habitaient à la Côte Saint André quand j’ai décidé de rejoindre le GF38 donc je ne pouvais pas faire les allers-retours entre le domicile familial et le centre d’entrainement. J’ai ainsi été hébergé chez mes grands-parents qui m’ont accueilli volontiers mais en contrepartie, ma grand-mère souhaitait que je poursuive mes études. Une fois mon bac en poche, j’ai eu la possibilité de faire un DUT à Grenoble puis à Montpellier avec des horaires aménagés et des enseignants compréhensifs vis-à-vis de ma situation. J’ai donc pu avoir un petit bagage qui me permettait de me projeter sereinement dans mon après-carrière et qui m’a été utile dès mon arrivée Rumilly. Le club venait juste de monter en N3 donc il n’était pas structuré comme aujourd’hui avec un fonctionnement proche d’un club professionnel. On s’entrainait encore le soir afin de nous permettre de travailler en journée. Durant mes 5 premières années ici, j’occupais un poste dans le secteur de l’immobilier avant d’être en charge des relations avec les partenaires du club depuis deux saisons maintenant. C’est une opportunité de continuer à faire avancer le club au niveau des partenariats donc c’est enrichissant pour moi aussi. J’ai des journées bien chargées mais je préfère être dans l’action que rester sur mon canapé en attendant l’entrainement »
L’interview décalé de Vincent di Stefano :
Quel a été ton meilleur souvenir sportif ?
« J’ai eu la chance de vivre des moments merveilleux ! D’un point de vue purement footballistique, les sélections en Equipe de France sont fantastiques ! Les années passées à Montpellier au contact du groupe professionnel sont également des souvenirs incroyables. Et puis bien-sûr mes années à Rumilly resteront gravées en moi. J’ai vécu une super saison l’année dernière avec la montée et une fin fantastique avec le club cette année. J’ai eu le droit à de beaux aurevoirs, le club a vraiment mis les petits plats dans les grands pour mon dernier match avec la présence de mes amis et de ma famille. J’ai vécu vraiment un moment riche en émotion pour ce qui était un aurevoir et non un adieu au club »
Quel a été ton pire souvenir sportif ?
« Je crois que ma suspension lors de notre parcours en Coupe de France en 2021 reste mon pire souvenir. Une blessure peut arriver à tout le monde mais on a la possibilité derrière de se soigner, de se remettre sur pied, de travailler pour revenir plus fort. Après ma blessure aux croisés, j’ai connu des supers saisons et avec du recul je me dis maintenant que c’est une épreuve qui m’a forgé. Mais cette exclusion je l’ai vécu comme une grosse injustice ! Ma suspension de trois matchs s’est transformée en suspension de trois mois à cause de l’arrêt des championnats au moment de la crise sanitaire. Si on devait comparer aujourd’hui, c’est l’équivalent d’une absence pendant plus d’une dizaine de matchs alors que je me suit fait exclure pour un tacle appuyé … La Fédération est restée insensible à nos différentes démarches pour me permettre de prendre part à cette aventure en Coupe de France et aujourd’hui encore j’ai ce sentiment d’injustice en moi. J’avais vécu une demi-finale de Coupe de la Ligue sur le banc avec Montpellier, j’ai vécu cette demi-finale de Coupe de France contre Monaco en tribune … C’était un moment compliqué pour moi mais pour mes proches également ! »
Quels sont tes rituels d’avant-match ?
« Au plus grand bonheur de ma femme, je suis un peu pénible sur le repas du vendredi soir et du samedi midi (rires). Je tiens à ce que ma préparation d’avant-match soit optimale pour arriver en forme au coup d’envoi. J’ai ce besoin d’être dans ma bulle les heures qui précèdent la rencontre »
Quel est le joueur avec lequel tu as joué qui t’as le plus impressionné ?
« Paul Pogba que j’ai pu côtoyer lors de mes sélections en Equipe de France U19 m’a impressionné. Il était d’une facilité déconcertante, il était puissant, il avait ce petit quelque chose en plus même en équipe de France alors qu’on jouait contre des grandes nations comme les Pays-Bas ou l’Angleterre. Il avait cette faculté à prendre le jeu en main en tant que leader technique alors même qu’il y avait des joueurs de grande classe à ses côtés : Veretout, Kondogbia, Umtiti, Pléa … Mais c’est vrai que Pogba était quand même au-dessus de la moyenne ! »
Quel est le joueur contre lequel tu as joué qui t’as le plus impressionné ?
« A Montpellier, j’ai affronté des supers joueurs à l’entrainement et lors des oppositions en interne durant lesquelles j’évoluais avec l’équipe des remplaçants. John Utaka, par exemple, était très fort ! Il avait tout … La puissance, la malice, les deux pieds, l’intelligence de jeu … Vitorino Hilton était impressionnant également et la preuve il a joué jusqu’à 43 ans ! Je me souviens aussi avoir affronté des supers joueurs dans les équipes de jeunes lors de rencontres face à l’OL notamment. C’était une concentration des meilleurs joueurs de notre génération et ça se ressentait vraiment sur le terrain. Lors de mon passage en Belgique, j’ai pu jouer contre Leandro Trossard qui évoluait à Leuven à ce moment-là. Il n’avait que 17 ans mais malgré son jeune âge c’était déjà une star en devenir. »
Quelle est ta plus belle rencontre dans le foot ?
« Après 7 années passées à Rumilly, je me suis fait forcément de très bons amis. Je pense bien évidemment à Alexis Peuget, Manuel Ribeiro mais aussi Mathieu Guillaud. J’ai également la chance que mon amitié d’enfance avec Ruben Aguilar et David Douline perdure. On évoluait ensemble à la Côte Saint-André donc on se connaît depuis plus de 25 ans désormais et on est restés en contact ! Ruben (Aguilar) fait une fantastique carrière du côté de Lens et David (Douline) aussi sous les couleurs du Servette de Genève. On parvient toujours à se voir une ou deux fois dans l’année et ça c’est chouette ! Tout au long de mon aventure belge, j’ai fait de supers rencontres notamment avec des Français qui évoluaient en Belgique comme moi. Au fil du temps, je me rends compte que toutes ces amitiés crées à travers le foot sont précieuses ! »
Quel est le joueur qui t’a le plus inspiré ?
« Gamin, mon idole c’était Steven Gérard ! Quand il gagne la Ligue des champions en 2005 à Istanbul j’ai 12 ans ! C’était le capitaine qui menait ses troupes vers la victoire avec ses frappes puissantes, ses grandes transversales, ses tacles engagés … J’ai toujours mis la tête là où personne m’était le pied et Steven Gérard avait également cette « grinta » qui m’a toujours animé sur un terrain de foot. Jusqu’à l’âge de 17 ou 18 ans, j’évoluais au milieu de terrain donc j’avais ce modèle-là. Quand j’ai basculé en défense, je me suis inspiré d’autres joueurs : Alessandro Nesta, Fabio Cannavaro. Cette défense italienne de 2006 avait une certaine passion dans laquelle je me retrouvais. »
Vincent, veux-tu ajouter quelque chose pour conclure cet entretien ?
« Je voudrais simplement dire que c’est une page qui se tourne mais que ce n’est pas pour autant la fin de mon parcours. Il me reste un dernier chapitre à écrire dans cette belle histoire sportive et humaine. Je souhaite en profiter également pour remercier toutes les personnes qui ont participé de près comme de loin à cette aventure y compris ceux que j’ai perdu un peu de vue mais avec lesquels j’arrive à renouer le contact grâce aux réseaux sociaux. C’est un vrai plaisir d’être bien accompagné ! »



