En marge du quotidien de la Ligue 2, plusieurs joueurs professionnels du Grenoble Foot 38 sont allés à la rencontre des jeunes licenciés des clubs locaux pour animer leurs séances d’entraînement lors des dernières semaines. Une initiative citoyenne et immersive capitale qui doit encore davantage s’installer. L’attaquant isérois Ugo Bonnet a livré un témoignage chaleureux sur la portée de ces échanges et la volonté du club de renforcer ses liens avec le territoire.
Là aussi, le chantier est énorme. Et, si les initiatives du GF38 sont louables, le club grenoblois peut, doit encore mieux faire, notamment auprès des clubs de la ville, souvent mis de côté ces dernières décennies par le « grand club » de la cité. Une absence de lien et un déficit d’image qui se paye au stade mais aussi parfois dans l’envie des meilleurs jeunes du cru de rejoindre le GF plutôt qu’une autre structure professionnelle.
En allant à la rencontre des jeunes de l’agglomération, le club du président Rosnoblet mène une action à la base. Une action plus directe et sans aucun doute plus efficace que les centaines d’abonnements offerts par la Métro qui manquent cruellement de cette proximité et de ce liant indispensable à une « connexion ».
Étoiles dans les yeux et prise de conscience
Pour beaucoup de gamins de la métropole grenobloise, voir débarquer un joueur professionnel sur leur terrain d’entraînement habituel tient en effet du rêve éveillé. Côté joueur, l’émotion est aussi présente. Une réaction qui ne laisse ainsi pas Ugo Bonnet indifférent. Bien qu’il n’ait jamais eu l’occasion de vivre une telle expérience durant sa propre jeunesse, le buteur du GF38 mesure aujourd’hui pleinement l’impact de leur présence auprès des plus jeunes. « Moi, ça ne m’était jamais arrivé quand j’étais jeune, mais c’est vrai qu’on voit dans les yeux des enfants que c’est quelque chose de formidable. On se rend compte en tant que footballeur professionnel qu’on fait un métier de rêve et qu’on a de la chance d’être là. Il faut le mesurer. »
Ces dernières semaines, nos joueurs et joueuses sont allés à la rencontre des jeunes du Saint-Martin-d’Hères FC, du 2 Rochers FC et de l’US Sassenage Football, pour partager entraînements, échanges et sourires ! Et pendant ces vacances de la Toussaint, les rencontres continuent ! Plusieurs clubs voisins auront l’occasion de venir à La Poterne pour assister aux entraînements et rencontrer nos Grenoblois. Merci à tous les clubs pour leur accueil et bonnes vacances à toutes et à tous !
— Grenoble Foot 38 (@GF38_Officiel) October 20, 2026
Loin des exigences du monde professionnel, ces sessions permettent aux joueurs d’enfiler brièvement le costume de grand frère ou d’éducateur d’un jour. « On essaie de leur apporter ce bonheur et un petit plus. On n’est pas éducateurs non plus, mais quand on peut donner un petit conseil, on n’hésite pas à le faire. On voit qu’ils l’apprécient et qu’ils le prennent », sourit l’attaquant.
Créer du lien social et garnir les travées de Stade des Alpes
Au-delà du simple geste pédagogique et du plaisir partagé, ces interventions s’inscrivent dans une démarche de proximité globale menée par le club au sein du bassin grenoblois. Pour Ugo Bonnet, transmettre la passion sur les terrains de quartier est le meilleur moyen de rapprocher la population de son équipe fanion. « Peut-être que quand l’enfant rentre à la maison, il dit : « Regarde papa, j’ai parlé avec lui, ce serait bien qu’on aille le voir au match ce week-end. » Ce serait génial si on arrive à créer ça au sein de la métropole ! »
Dans une agglomération marquée par une forte culture sportive, l’attaquant estime que le football a une carte majeure à jouer pour fidéliser un public familial et passionné. « C’est une ville très sportive, on sent que les gens aiment le foot ici. Il faut qu’on arrive à retrouver ce lien, et si ça peut passer par les enfants pour faire venir les gens au stade, je trouve que c’est une excellente chose. »
Une belle opération séduction qui rappelle que le football professionnel gagne toujours à garder les pieds sur terre et la main tendue vers ses racines amateurs. A Grenoble, où la distance semble souvent grande entre ces deux aspects d’un même sport, peut être plus qu’ailleurs.
Crédit photo : Alice Gilloots Insta aliceonthefield



