The Good, The Bad, The Queen #1 : désillusion et des illusions

The Good, The Bad, The Queen #1 : désillusion et des illusions

Les attentes étaient élevées. Peut-être trop. La déception n’en est que plus importante. Grenoble a manqué son entame de saison en s’inclinant sur la pelouse de Rodez ce samedi (1-0). Il y avait pourtant mieux à faire. Et, même si tout ne fut pas à jeter, on ne peut sortir que frustré de ces 90 minutes. Frustré par la prestation du soir. Frustré aussi par le sentiment qu’au GF38, rien n’a finalement véritablement changé… C’est reparti pour une nouvelle saison !

The Good

Que peut-on retenir de positif de cette première ? C’est compliqué. Le positif de ce samedi s’est en effet souvent accompagné de son versant négatif.

Un exemple :
Le GF38 s’est créé finalement plus d’occasions que son adversaire, a plus frappé au but, dans une large mesure (15 tirs à 6). C’est plutôt une bonne chose. Il a produit du jeu sur une pelouse adverse. Dans le détail on notera qu’il n’a pris sa chance qu’à une reprise avant la 25ème minute et que les deux tiers des tentatives ont eu lieu au cours du deuxième acte. Cela reflète l’entame de match compliquée, pendant laquelle les Ruthénois ont confisqué le ballon mais aussi la montée en puissance des Isérois au cours du match – ce qui ne les a pas empêché de prendre un but lors d’un de leurs temps forts.
9 des frappes ont été décrochées de l’intérieur de la surface. C’est énorme et c’est également un point positif. On a pu déplorer dans le passé le manque de présence de joueurs dans la zone de vérité. Les joueurs offensifs ont proposé des solutions, c’est indéniable.

Pour résumer les intentions étaient présentes. C’est leur réalisation qui a laissé à désirer. Et c’est là le versant négatif : 15 tirs oui, mais pas un but et seulement 4 tirs cadrés malgré des tentatives de proximité.

Le pressing a été intéressant, les joueurs offensifs n’y rechignant pas, ce qui a permis des récupérations hautes du ballon et des « situations » derrière.

La construction des actions est également à ranger dans le rayon du positif avec près de 80% de passes réussies dans le camp adverse, même si le RAF a attendu bas les Grenoblois une partie du match. Seuls l’avant-dernier et le dernier geste ont pêché.

Nestor a réalisé une bonne première période au cours de laquelle son sens du placement lui a permis d’éteindre quelques situations chaudes. Son second acte a été plus compliqué et il aurait pu se faire exclure.
Pickel a eu un gros abattage dans un rôle très défensif (75% de duel gagnés, 4 interceptions, 100% de tacles réussis) compte tenu de la composition du milieu de terrain grenoblois.

Devant Yoric Ravet s’est démené (5 tirs, 5 centres) mais a manqué de justesse dans la finition. On a bien aimé également le début de seconde période de Diallo.
Mais globalement difficile sur ce match de sortir quelqu’un du lot (et inversement), les Grenoblois ont eu des bonnes phases par intermittence mais aucun n’a réalisé un match plein.

The Bad

On ne fera pas long sur le manque d’efficacité, vous avez les stat’ ci-dessus. Là où Philippe Hinschberger y voit un manque d’engagement, un peu de « mollesse », nous y voyons également un déficit technique. On se gardera bien de tirer des conclusions définitives malgré le spectre de l’inefficacité offensive qui plane depuis de nombreux mois. C’était un soir sans dans l’Aveyron, le tout est que ces soirées là ne se renouvellent pas trop souvent.

Si on a relevé la prestation de Pickel dans l’impact et le duel, c’est aussi parce que collectivement Grenoble a pêché dans ce domaine face au RAF, notamment dans le domaine aérien avec seulement 36% de duels gagnés. La vraie compétition a démarré. On se doutait bien que les coéquipiers de Benet n’auraient pas les mêmes largesses que face à Clermont en préparation, on en a eu la confirmation.

C’est tout particulièrement vrai pour Achille Anani, seulement 25 ballons joués ce samedi et à peine 11% de duels gagnés au cours du match. L’ancien bressan s’est fait secouer par ses défenseurs. Son intérêt reste d’avoir cristallisé l’attention sur sa personne, libérant ses coéquipiers sur certaines phases. Mais on attend forcément beaucoup plus du meilleur buteur du dernier championnat National qui n’a pas pesé dos au but dans l’Aveyron, tout en étant rarement trouvé dans la profondeur.

L’absence de Florian Michel a aussi pesé. Yoric Ravet, qui a pris sa place (Diallo occupant en compensation le poste d’ailier droit), n’a évidemment pas le même profil et a d’ailleurs davantage joué en soutien de son attaquant en 2ème période. L’animation offensive n’en a pas forcément trop souffert comme nous l’avons rappelé dans notre première partie, la construction étant même satisfaisante.
Défensivement Grenoble a en revanche été confronté au « problème Henry » : le milieu excentré droit du RAF a trop souvent été trouvé- son pendant côté gauche Obiang un poil moins mais il reste le centreur sur l’unique but du match.

On vous met ci-contre la position moyenne des joueurs des deux équipes pour mieux comprendre. Bonnet (11) et Tertereau (10) ont souvent décroché, densifiant un peu plus la zone centrale du terrain où se trouvait le seul Pickel (6), Benet (21) et surtout Ravet (22) jouant bien plus haut.
Mombris (23) devant garder un œil sur Tertereau souvent dans sa zone, Henry (28) en a profité pour être trouvé dans son dos à plusieurs reprises avant que le GF38 ne parvienne en partie à régler ce problème. D’ailleurs, si Rodez a moins tiré, il a davantage centré que Grenoble lors de cette première journée. Pas toujours avec beaucoup de réussite (heureusement)… jusqu’à l’ouverture du score.

The Queen (le fait du match)

« Si on arrive à marquer, c’est un autre match ». Dixit Yoric Ravet à l’issue de la rencontre. Le genre de phrases clichées très prisées des footballeurs… Et pourtant on ne peut pas vraiment lui donner tort.

Lors de cette première journée de Ligue 2, toutes les équipes qui ont ouvert la marque se sont imposées. Toutes, pas le moindre match nul. Sur aucune pelouse les équipes d’un match ne sont d’ailleurs parvenues à marquer toutes les deux.
Dans un championnat homogène, avec des équipes bien en place, c’est une constante. Rodez a quasiment arrêté de jouer après l’ouverture du score, en ne sortant quasiment plus, se contentant de placer quelques contres.

Le Grenoblois a aussi utilisé une autre phrase que l’on entend souvent : « quand on voit qu’on ne peut pas gagner, il faut apprendre à ne pas perdre ».

Le résultat ou le spectacle ? Pour notre part, on a choisi il y a déjà longtemps et on préfère de loin voir Grenoble finir 14ème mais avec des matchs où il ne calcule pas, que 8ème sans jamais prendre de risques. L’importance du « résultat » et l’impatience de certains supporters – sans plaisanter on a déjà lu des commentaires évoquant l’inévitable future relégation après ce premier revers – ne doit pas nuire aux intentions.

Pour s’éviter ce genre de dilemme il y a une bonne solution : marquer. Tout le cœur du problème avec ces Grenoblois…

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