Si le GF38 montre indéniablement du mieux depuis quelques matchs, les productions offensives de l’équipe d’Olivier Frapolli restent extrêmement pauvres. Heureusement, pour les coéquipiers de Clément Vidal, l’efficacité est jusque là au rendez-vous. Ce qui n’est pas si fréquent que cela à Grenoble.
Les trois points décrochés à Rodez, toujours difficile à manier dans son antre de Paul-Lignon, ont fait du bien. Du bien au classement, du bien dans les têtes. L’état d’esprit et la solidité défensive affichée sont également des signaux très positifs pour la suite.
Le résultat, au final très flatteur au vu de la physionomie du match, ne doit en revanche pas masquer certains manques. Les statistiques ont été à ce titre édifiantes. Les Dauphinois n’ont tiré que trois fois (0 fois en seconde période), pour un seul tir cadré. Suffisant pour faire mouche et pour prendre trois points. D’autant plus « miraculeux » vu le but inscrit par Matthéo Xantippe (0,12 xg sur sa tentative) qui a réussi à faire passer le ballon par un trou de souris pour faire trembler les filets.
Si c’est extrêmement satisfaisant en terme d’émotions sur le moment et de points pris, c’est en revanche très insuffisant pour pouvoir exister sur le long terme – sans évoquer la dimension « spectacle » vendue par les dirigeants grenoblois pour renouer avec le public alpin.
Le GF38 est l’équipe qui tire le moins en Ligue 2
D’autant que cet exemple ruthénois est finalement représentatif du début de saison de l’équipe de Frapolli. Grenoble est l’équipe qui tire le moins de Ligue 2 avec seulement 40 tentatives depuis le début du championnat (6,67 tirs/match). Seul le Clermont Foot est à peu près dans ces eaux là (43 tirs) mais il y a aussi pas moins de huit formations qui ont tiré au moins deux fois plus en six journées.
Le GF38 est logiquement également l’équipe qui a le moins de tirs cadrés depuis le coup d’envoi de la L2 (12 tirs cadrés, soit 2/matchs – certains sites de stats évoquent le chiffre de 1,8/match) mais elle cadre mieux que plusieurs formations (30% de tirs cadrés quand Pau est à 22% par exemple).
Une précision qui se retrouve aussi dans la conversion. Les coéquipiers de Maël Corboz sont en effet en tête dans deux catégories : le nombre de buts marqués par tentative et le nombre de buts marqués par tentative cadrée. Un mot pour résumer cela : l’efficacité. Et c’est bien ce qui sauve le club isérois depuis l’entame de saison.
Dans la première catégorie, le GF38 côtoie le haut du panier du championnat, l’AS Saint-Etienne et le Stade de Reims, avec 0,18 buts marqués par tentative. Dans la seconde, la domination est totale avec 0,58 buts marqués par tir cadré (soit plus d’un but tous les deux tirs) quand le 2ème, Reims, est à 0,41.
Des circonstances atténuantes
On est sur une anomalie statistique. Un phénomène qui ne pourra pas s’étaler sur la durée. Difficile d’imaginer Grenoble gagner beaucoup de matchs en ayant si peu d’occasions de marquer. On peut légitimement s’en inquiéter mais aussi prendre un peu de recul pour analyser la situation.
Déjà, le calendrier du GF38 est un premier facteur explicatif. Les Dauphinois ont surtout joué en déplacement (4 matchs sur 6) et ont eu à faire à des fortes oppositions (Saint-Etienne, Metz…). Certaines physionomies de match ont aussi pesé. L’ouverture rapide du score à Rodez a sans doute incité les joueurs de Frapolli à jouer plus (trop ?) prudemment.
Ensuite, les absences et le chantier offensif pèsent forcément dans la balance. Sans même parler de la qualité des joueurs – difficile de se faire une idée précise de ce que valent Cerri, Hoogewerf et Zé Leite pour le moment – la multiplication des formules au milieu et devant joue forcément sur le manque d’automatismes. Ce qui n’excuse pas certains mauvais choix, par exemple sur des situations de contre souvent mal négociées. Grenoble doit indubitablement mieux faire, y compris avec ses moyens du moment.
Les trois points ramenés d’Aveyron doivent insuffler davantage de confiance. La prestation face à Annecy, et notamment la seconde période, doit également servir d’exemple à suivre même si le résultat final a été cruel. Le GF38 doit faire plus, oser plus… Sans se déséquilibrer défensivement pour autant, puisque cela reste la marque de fabrique de ce club.
La réception de Clermont, ce vendredi au Stade des Alpes, semble le rendez-vous idéal pour cela.



