Heureux de la prestation de son équipe, qui a validé son maintien en Régional 1, Marama Vahirua s’est confié à notre micro après la victoire face à la réserve du FBBP (4-1). L’occasion de faire le point sur les progrès réalisés ces dernières semaines, d’évoquer son avenir et de revenir sur son binôme avec Loïc Nestor.
Marama, on a senti ce samedi une équipe réserve du GF38 totalement maîtresse de son sujet. J’imagine que cette belle victoire (4-1) doit te donner le sourire ?
Oui c’est sûr ! L’objectif était de se rattraper après notre faux pas à Oyonnax la semaine dernière, où le contenu n’avait vraiment pas été au rendez-vous. Mais avec la fin de saison qui arrive, certains joueurs sont fatigués, donc on fait tourner. Ceux qui ont moins de temps de jeu sont parfois un peu plus en difficulté, c’est compréhensible aussi. Ce soir, on avait malgré tout une belle équipe alignée, sans les pros. C’est l’une des premières fois qu’on joue dans cette configuration, donc c’est positif. On a montré un beau visage et cette victoire nous maintient, c’est le plus important.
Justement, depuis plusieurs semaines, tu répètes que l’objectif reste le maintien. Avec cette victoire, il est désormais officiellement assuré. C’est un soulagement pour toi ?
Évidemment, quand on joue avec l’une des équipes les plus jeunes du championnat, si ce n’est la plus jeune, avec une moyenne d’âge de 19 ans et demi, c’est forcément difficile face à des seniors. Mais on les fait grandir. L’objectif aujourd’hui, c’est de développer ces jeunes pour qu’ils puissent, d’ici six mois à un an, pousser la porte du groupe professionnel et s’y installer. C’est mon objectif et celui du club. Ce n’est pas toujours simple, il faut l’accepter. Mais ce soir, le contenu était là. Et ça fait déjà plusieurs matchs que mes jeunes répondent présents, avec du beau jeu produit. Les résultats suivent, donc tant mieux. Le maintien est validé ce soir et c’est un réel motif de satisfaction.
Au-delà des résultats, on sent une vraie progression dans le jeu de ton équipe entre la première et la seconde partie de saison. Est-ce un constat que tu partages également ?
Bien sûr, et je l’ai déjà dit à ma direction : quand on construit une équipe aussi jeune, il faut du temps. C’est ma troisième saison avec ce groupe, et quand on évolue avec des joueurs de 17, 18, 19 ans, avec un plus âgé à 23 ans, on sait qu’au début ce sera difficile. J’y croyais dès le départ parce qu’il y avait de la qualité, mais il manquait encore une vraie équipe, un collectif. Mon système, mon style de jeu, un peu ce que j’ai connu à Nantes, demandent de la cohésion et de la maturité. Donc forcément, ça prend du temps. Et comme je le dis souvent, il faut protéger ce temps quand on travaille avec des jeunes. C’est ce que j’ai essayé de faire avec mon staff depuis le début. Aujourd’hui, quand on voit des joueurs de 17 ou 18 ans sollicités par de grands clubs, ça montre que le travail commence à payer.
D’un point de vue personnel, on sent que tu prends énormément de plaisir sur le banc de touche grenoblois. Il te reste encore un an de contrat avec le club. Cela signifie-t-il que l’on devrait te revoir à la tête de la réserve la saison prochaine ?
Moi, je suis toujours à mon poste et je prends énormément de plaisir, comme tu l’as dit. J’adore ça. Je suis avant tout un entraîneur formateur. Former une équipe pour gagner, c’est parfois plus simple que de développer des joueurs sur le long terme. Mais aujourd’hui, c’est vraiment ce qui me plaît. J’ai énormément appris ici, et je ne remercierai jamais assez le club. Quand je suis arrivé, ce n’était pas forcément prévu qu’on me confie une équipe, encore moins la réserve. Pourtant, la direction m’a accordé sa confiance immédiatement. Forcément, ça donne envie de rendre cette confiance sur la terrain. Donc oui, je prends énormément de plaisir ici. Il me reste encore un an de contrat et, aujourd’hui, tout est réuni pour continuer à avancer dans ce projet.
C’est un travail sur le long terme avec mes jeunes. Je leur répète souvent : l’objectif, ce n’est pas de rester avec moi pendant cinq ans. Avec moi, c’est un ou deux ans maximum avant de passer au niveau supérieur. Et forcément, quand on voit que, dès cette deuxième saison, les résultats collectifs sont déjà encourageants, ça donne envie de voir la suite. L’année prochaine, l’idée sera encore d’intégrer deux ou trois jeunes supplémentaires, tout en ajoutant quelques joueurs plus expérimentés qui connaissent mieux le championnat de R1. J’espère qu’on pourra viser autre chose, un peu comme la réserve d’Annecy cette saison.
Marama, cette saison tu as partagé le banc avec Loïc Nestor en tant qu’adjoint. Comment s’est déroulée ta collaboration avec l’ancien défenseur du GF38 ?
On est des compétiteurs. On a tous les deux connu le haut niveau et on s’est même affrontés quand on était joueurs. D’ailleurs, je ne lui ai pas laissé que de bons souvenirs (rires). Mais plus sérieusement, ça fait plaisir de travailler avec lui. Il est encore jeune dans le métier et il a connu une première saison compliquée. Il passait son diplôme en parallèle, il avait aussi sa propre équipe avec les U14, tout en étant adjoint avec moi. Ça faisait beaucoup à gérer.
Mais c’est aussi une étape importante dans la formation d’un entraîneur. Comme je lui ai dit, au GF38, on n’a pas de centre de formation structuré comme dans certains clubs professionnels, donc il faut parfois apprendre un peu « sur le tas », en autodidacte, tout en s’appuyant sur son expérience de joueur. Aujourd’hui, on s’entraide énormément, on se comprend très bien footballistiquement et humainement, ça fonctionne parfaitement. Bien sûr, on aurait aimé avoir davantage de résultats plus tôt, mais c’est aussi ça la formation.



