Alors qu’il vient de célébrer son 20ème anniversaire il y a quelques jours, le défenseur Efe Sarikaya reste sur deux titularisations très convaincantes sous le maillot grenoblois. Le jeune Turc, annoncé comme un talent très prometteur lors de son arrivée dans les Alpes il y a bientôt deux ans, semble enfin lancé sur la bonne voie.
Il y a une nuance importante entre un potentiel et l’expression de ce dernier. Efe Sarikaya a régulièrement alimenté les conversations des suiveurs du GF38, intrigués par ce jeune défenseur supposément sur les tablettes de cadors européens, mais quasiment jamais aperçu sur les terrains de Ligue 2 depuis son arrivée. Les interrogations étaient légitimes, même si quelques explications (départ en sélection lors de la préparation, blessures, concurrence) ont pu ponctuellement expliquer ce grand écart entre les espoirs et la réalité.
Des doutes auxquels le joueur lui-même, dont les rumeurs d’envie de départ étaient encore évoquées par la presse turque il y a quelques semaines, n’échappait. Un adage dit qu’il n’y a pas de mauvais joueur, seulement des mauvais contextes. Et pour Sarikaya, le contexte n’était clairement pas favorable après une titularisation à Clermont malheureuse, avec un csc malgré une prestation honnête, et plusieurs semaines où il n’apparaissait même plus sur les feuilles de match en Ligue 2.
Mais le football est un monde où tout peut aller très vite. Et c’est relancé par la Coupe de France et la blessure de Stone Mambo, et après une prestation face à Nancy aboutie, qu’Efe Sarikaya était présent en conf’ d’avant-match ce vendredi. Pour la première fois face à la presse, dans sa langue natale – il était accompagné par un traducteur, et plutôt à l’aise dans l’exercice.
L’occasion pour lui de déjà revenir sur le choix GF38, qui peut paraître de prime abord curieux pour un jeune joueur courtisé par des bons clubs européens. « C’était mon premier rêve de venir en Europe. C’est vrai que j’étais convoité par des clubs de Ligue 1 en Turquie et pas d’autres clubs en Europe mais j’ai opté pour Grenoble parce que je pensais que j’allais avoir du temps de jeu et c’était le principal pour moi. Je ne connaissais pas le GF38 ; je connaissais d’autres clubs du championnat qui descendaient de Ligue 1. Mais en analysant le club, j’ai vu qu’il y avait pas mal de joueurs qui étaient sortis de Grenoble, donc pourquoi pas me lancer dans ce défi-là. »
Un défi sportif mais aussi humain. A tout juste 18 ans, Efe s’engageait dans un championnat et un pays inconnu. « Au début, cela a été dur », reconnait le défenseur. « Je suis arrivé jeune, j’avais 18 ans, ça a été compliqué de m’adapter avec la langue que je ne connaissais pas. Mais mes coéquipiers m’ont bien accueilli. Grenoble est une petite ville, pas comme Izmir mais je me sens bien ici. Avec les collègues de l’équipe on va boire des cafés, on fait des activités en dehors du football ». Sa famille et ses proches viennent également régulièrement lui apporter force et réconfort .
Un quotidien d’autant plus important que sportivement ses premières saisons à Grenoble sont sans doute loin de ce qu’il espérait. « Cela a parfois été dur oui mais en ce moment je suis souvent titulaire donc je n’ai pas envie de regarder le passé, je préfère me concentrer sur le présent. C’est vrai qu’il y a eu pas mal d’offres de la Turquie (nous vous en avions fait mention il y a quelques semaines, ndlr) mais aujourd’hui je joue, je fais de mon mieux et l’entraîneur me fait confiance. J’espère que ça continuera comme ça. »
Comme contre Nancy où cet ancien attaquant, repositionné en défense il y a 6 ans, a pu montrer ses qualités dans les duels et dans la relance. « L’entraîneur me dit que ce sont mes principales qualités mais je dois continuer à travailler tous les jours pour m’améliorer et devenir meilleur. »
S’il doit aujourd’hui avant tout s’imposer au GF38 pour au moins rentrer plus régulièrement dans la rotation, Sarikaya a sans nul doute les qualités pour viser plus haut. C’est aussi dans cette optique que les dirigeants grenoblois l’ont fait venir. Titulaire en Ligue 2 turque à seulement 18 ans, sélectionné à plusieurs reprises avec les équipes jeunes de son pays, Efe, qui espère un jour fouler les pelouses de Premier League, doit maintenant passer le cap dans les Alpes. Face à Nancy il a montré qu’il était un bon joueur de Ligue 2. Il doit désormais devenir un joueur régulier de ce championnat.
S’il évident que son avenir ne s’inscrira pas à Grenoble sur le long terme, les prochaines semaines d’Efe Sarikaya dicteront la saveur de son passage sous le maillot du club dauphinois. Le jeune homme, toujours souriant et agréable quand on le croise, donne envie de le voir réussir ici son « défi », de le voir « grandir plus vite que le club » pour reprendre une expression dont on a raison d’être fier au GF38.



