Dans un long entretien accordé à Métro-Sports, Corentin Nicaise, buteur de l’exploit de l’AS Domarin (R3) face au FC Bourgoin-Jallieu (National 2) lors du 4ème tour de la coupe de France le week-end dernier a évoqué ses jeunes années au GF38 et ce qui lui a manqué pour devenir professionnel.

« À Grenoble, c’était un souvenir personnel, dans un objectif d’aller plus haut. Le but que je marque en demi-finale U19 reste un souvenir incroyable, mais là, l’émotion est toute autre. Domarin, c’est mon club. J’y ai toute ma famille, mes potes, je suis revenu pour ça. Ce match contre Bourgoin, c’est mon meilleur souvenir en termes d’émotion collective. Voir les gamins du club, les gens heureux, tout un village qui célèbre… C’est au-dessus. 

[…] Pas de regrets. J’avais un peu de qualités, mais je n’étais pas exceptionnel et je n’ai pas assez bossé pour y arriver. La maturité et la notion de travail me sont venues plus tard… ou presque jamais (rires). Donc je ne me dis pas que j’aurais pu faire une grosse carrière pro. J’ai vécu de belles émotions en amateur avec Bourgoin en CFA/CFA 2, avec des super mecs. Et aujourd’hui, à Domarin, je joue avec ma famille. J’ai une pensée pour mon oncle qui était président et qui est décédé. J’ai joué avec mon frère, mon cousin, mes parents se donnent pour le club… Je suis très content de ma petite carrière amateur. Avoir encore ce genre d’émotions à 32, c’est très cool ! 

C’est vrai que le dépôt de bilan de Grenoble est mon principal regret car c’était un club familial qui me correspondait parfaitement. Ensuite, je suis parti à Valenciennes, mais je n’ai pas tenu mentalement. J’avais besoin de retrouver mon village de Domarin, donc je suis rentré. Je suis finalement allé à l’AS Saint-Étienne un peu par défaut, mais j’ai eu des blessures et c’était peut-être trop gros pour moi. Mais au fond, c’est mentalement que je n’étais pas prêt. Quand je vois Flo Thauvin, avec qui j’étais en chambre, j’étais bien loin de sa mentalité de gagnant. Pour lui, c’était tout ou rien : il allait être pro et rien d’autre ne comptait. Moi, j’étais dans le délire de me dire « au pire, je rentre à Domarin ». Quand tu pars avec cette mentalité, c’est plus compliqué. »

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