Dans un marché très concurrentiel, et malgré des moyens financiers plus limités que la plupart de ses concurrents de Ligue 2, le GF38 parvient malgré tout à rester attractif, notamment auprès de jeunes éléments prometteurs et courtisés, qui évoluent le plus souvent dans les niveaux inférieurs. Après avoir vu comment opérait Grenoble, nous nous sommes penchés sur le point de vue des nouveaux arrivants.
Ils sont quatre éléments, à l’heure où nous écrivons cet article, à avoir rejoint la capitale des Alpes cet été. Deux sont venus confirmer l’appétence du club grenoblois pour les talents du National, un arrive de Ligue 1 pour trouver du temps de jeu et le dernier est un profil plus classique de joueur estampillé « Ligue 2 ». Tous ne viennent donc pas pour les mêmes raisons et n’ont donc pas forcément été convaincus par les mêmes arguments.
Pour Mathieu Mion, « l’opportunité de jouer en Ligue 2 » a été un premier argument. En cela, le GF38 bénéficie de sa stabilité dans l’antichambre de l’élite qui en fait même le club avec le plus d’ancienneté dans la division. Rien n’est jamais certain dans le sport de haut niveau mais le GF38 a l’image du club qui se maintient sereinement chaque saison. « C’est un club stable, sain », confirme le piston gauche. « A Rouen, on a connu une période compliquée avec la DNCG (le club avait même été rétrogradé à titre conservatoire il y a un an et demi, ndlr) et quand tu es joueur, forcément que c’est quelque chose que tu as en tête et qui peut perturber. Là je sais qu’il y a eu un dépôt de bilan il y a quelques années mais depuis il n’y aucun problème, tu sais que le club est bien géré. »
Comme nous l’avait expliqué Max Marty, Franck Rizzetto a pris le temps d’exposer ses attentes et son projet lors des discussions. Le discours du technicien est bien passé. « Le feeling avant le coach est bien passé » pour Mion, qui s’est senti « en osmose avec ce qu’il disait » et qu’il pourrait arriver dans « un environnement qui peut me permettre de montrer mes qualités. » Le défenseur fait notamment référence au système dauphinois avec des pistons très offensifs, « là où je suis le plus performant, où je peux le mieux m’exprimer su le terrain. Donc oui, ça joué également dans mon choix de venir. »
Un projet qui est aussi au cœur de la décision d’Ange-Loïc N’Gatta, également convaincu par les échanges qu’il a eu avec toute la cellule sportive du GF38. « Pour ma part c’est surtout le projet sportif qui m’a intéressé. La Ligue 2 est un bon championnat pour montrer ses qualités. J’aimais bien la ville et pendant les discussions Max (Marty) et Olivier (Monterrubio) m’ont parlé franchement. C’est ce qui m’a convaincu. »
Baptiste Mouazan : « Je me sentais vraiment voulu »
Si les arguments précédents sont également au cœur du choix de Baptiste Mouazan, la persévérance grenobloise – le club suivait le joueur depuis sa première saison en L2 – a également compté au moment de prendre une décision. « Mon premier souhait était de pouvoir être dans mon nouveau club au moment de la reprise. Après l’argent n’a effectivement pas été le critère principal (Max Marty nous avait révélé que le milieu offensif disposait de meilleures propositions salariales ailleurs, ndlr). Le projet de jeu, la prise de contact avec les différents membres de la cellule recrutement ont fait pencher la balance. Je me sentais vraiment voulu. C’était un critère important pour moi. »
Le GF38 peut aussi compter sur ses « anciens » pour véhiculer l’image d’un club où il faut bon vivre. Peut être même parfois un peu trop dans le regard d’un suiveur extérieur mais cet aspect compte forcément au moment de faire un choix. « J’ai beaucoup parlé avec Akim (Abdallah) et Eric (Vandenabeele) avec qui je jouais à Rodez », explique Stone Mambo, également convaincu par la stabilité du club isérois ces dernières années. « Ils ne m’ont dit que du bien du GF38, forcément ça a aussi pesé dans mon choix. »
Comme lors de la première partie du sujet, un constat s’impose : Grenoble a su faire, partiellement, de ses faiblesses une force : les circuit courts, l’image d’un club où il fait bon vivre et qui est bien géré et les petites certitudes sportives sont des critères qui fonctionnent. En tout cas pour des joueurs à la relance ou à la recherche d’un étage supérieur pour lancer leur fusée vers de plus hautes sphères. Et c’est en ça que se trouve aussi aujourd’hui la limite du club qui ne peut pas prétendre conserver ses meilleurs éléments. Ces derniers là sont pour grandir dans un contexte sain et serein mais le GF38 ne peut que se préparer à les voir partir, en attendant lui aussi de grandir davantage.



