Si le GF38 va mieux, c’est indéniable, impossible de dire pour autant qu’il va « bien ». L’équipe grenobloise reste en effet convalescente, régulièrement plombée par son instabilité. Capables de réaliser des prestations abouties, comme de se montrer d’une extrême fébrilité, parfois même au sein d’un même match, les joueurs de Franck Rizzetto sont, après plusieurs mois de compétition, toujours difficilement lisibles. Plusieurs facteurs expliquent cette inconstance.

Bien malin le parieur qui arrive aujourd’hui à pronostiquer correctement les résultats du GF38. Les Dauphinois sont souvent où on ne les attend pas. Tour à tour tueurs à Reims, indigents face à Guingamp, impériaux une mi-temps à Amiens ou Boulogne puis souffreteux lors des seconds actes de ces mêmes affiches. Lors des dernières semaines de compétition, les coéquipiers de Mamadou Diop ont manqué de constance. C’est mieux qu’en début de saison, c’est à souligner, mais c’est insuffisant pour prendre ses aises par rapport à la zone de relégation. Mais pourquoi les Grenoblois n’arrivent-ils pas à conserver d’une semaine sur l’autre, parfois d’une mi-temps sur l’autre, leur degré de performance ? La réponse est multifactorielle.

Un manque de « caractère »

C’est sans doute le critère le plus difficile à évaluer. Mais c’est aussi celui sur lequel beaucoup s’accordent. Il manque déjà ce côté un peu tueur, couplé à de la fébrilité dès que des faits de jeu viennent enrayer la mécanique. « A Annecy, quand on a pris le but, on est allé tout de suite de l’avant », a apprécié Franck Rizzetto. « On a eu un corner, une occasion : ça, c’est une très bonne réaction. Les semaines avant, c’était l’inverse. C’est ça qu’il faut garder en tête pour continuer comme ça. ». Le technicien isérois a en revanche regretté ne pas être allé chercher « ce but supplémentaire, ne pas avoir continuer à aller de l’avant » une fois l’avantage au score pris, même si l’essentiel est resté acquis avec la victoire.

Un manque de caractère également pénalisant dans une Ligue 2 qui ne tolère pas de ne pas être à 100%. Les Grenoblois restent des joueurs moyens dans ce championnat et le manque d’engagement est rapidement pénalisé. Même s’ils s’en défendent, on a parfois le sentiment que ce groupe vit « trop » bien. Si on est bien évidemment ravi que des joueurs s’épanouissent dans leur cadre de travail, on sait aussi que le « trop » de confort est l’ennemi du sportif de haut-niveau. Beaucoup d’éléments restent jeunes. Et le manque de leaders, qui par leur vécu ou leur caractère peuvent se permettre de rapidement recadrer un effectif, y compris pendant un match quand le navire tangue, se fait parfois sentir.

Des remplaçants trop peu souvent impactants

C’est là aussi un constat régulier, qui souffre seulement quelques exceptions comme le match à Amiens. Les remplaçants isérois n’apportent pas autant qu’ils le devraient. « Les entrants amènent des fois un souffle nouveau, mais ce n’est pas toujours le cas. Pourtant ils ont un rôle très important, très impactant sur l’équipe. Ils doivent amener ce surplus, cette fraîcheur, ce dynamisme quel que soit le scenario du match, que ce soit pour aller chercher un résultat ou pour le conserver. »

Un point d’autant plus frustrant qu’on parle souvent pour le GF38 d’un trop plein de titulaires, avec des joueurs sur le banc au coup d’envoi au niveau de ceux qui jouent – et on ne parle pas de ceux qui ne sont même pas sur la feuille de match. Le coaching a aussi parfois semblé tardif lors de certaines confrontations. C’est en tout cas clairement un axe d’amélioration pour Grenoble qui doit prendre plus de points grâce à son banc.

Un déficit d’intelligence tactique

Franck Rizzetto a enfin évoqué un point intéressant. Celui de l’ « intelligence tactique ». Le match à Amiens, s’il s’était conclu par une victoire, avait mis en scène une équipe de Grenoble particulièrement en difficulté face au changement de système des Picards après la pause. « On travaille des plans de jeu par rapport à un schéma qu’on pense que notre adversaire va avoir », explique l’entraîneur dauphinois. « Mais après il faut avoir la maturité pour pouvoir s’adapter en cours de match, et ce n’est pas donné encore à tout le monde. Du banc, on peut donner des directives mais il faut que ces dernières soient vite assimilées. Il faut la maturité pour pouvoir s’adapter rapidement aux situations collectivement. »

Car la clé est bien collective. Un Jessy Benet a un « QI Foot » qui lui permet par exemple de trouver des solutions, de savoir faire le petit repositionnement utile, de mettre le pied sur le ballon quand il le faut. « Certains peuvent initier, nous on peut amener du banc des idées, mais après il faut que tout le monde soit au diapason, prenne ses responsabilités. J’ai beaucoup de joueurs qui découvrent la Ligue 2 ou qui n’en sont qu’à leur deuxième année. On ne peut pas avoir tout d’un coup, ça serait trop facile. Donc il faut qu’ils apprennent. Et, malheureusement, c’est au travers des erreurs que l’on apprend le plus et qu’on progresse le plus. »

Le Grenoble Foot 38 doit composer avec un effectif jeune et peu expérimenté, forcément positionné dans une optique de progrès. Mais à défaut de tout maîtriser, les Isérois doivent d’autant plus ne pas être pris sur l’engagement et notamment sur l’aspect agressif, dans le bon sens du terme, que ce soit défensivement ou offensivement. « Aller de l’avant », pour employer les mots de l’entraîneur grenoblois. Sur le terrain, comme au classement.   

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