[The Good, the Bad, the Queen #3] : Grenoble bien en points mais pas encore au point

[The Good, the Bad, the Queen #3] : Grenoble bien en points mais pas encore au point

C’est un sentiment étrange que nous a procuré ce Chambly – GF38. Un sentiment mitigé. D’un côté, la joie procurée par le retournement de situation et l’état d’esprit affiché par les Grenoblois. De l’autre, la déception d’avoir assisté à une prestation d’ensemble loin de ce que cette équipe peut produire, avec encore plusieurs points à améliorer. Faut-il bouder son plaisir pour autant ? Certainement pas ! Mais vous ne nous en voudrez pas qu’on attende encore un peu plus.

The Good

Le bilan comptable. Six points en trois matchs et la meilleure attaque de Ligue 2. Déjà ça de pris dans l’optique du maintien et de quoi continuer à travailler dans la sérénité. En s’imposant dans l’Oise, le GF38 a coché la case « bon début de saison ». Pas une meilleure entame que lors du retour dans l’antichambre de l’élite (7 points mais avec deux matchs au Stade des Alpes) mais définitivement mieux que le bilan de l’an passé.

Le banc. On le dit depuis cet été et c’est probable que ce critère intègre régulièrement les aspects positifs. La grande force du GF38 2020-2021 c’est la qualité de son banc offensif avec des remplaçants au niveau des titulaires. A Beauvais Anani et Ondaan ont marqué alors que Diallo s’est montré disponible et actif, en touchant quasiment autant de ballon que Semedo et Djitté en un laps de temps bien plus réduit.

Pas de place au doute. A force, les qualités et les défauts de Brice Maubleu ne surprennent plus. On peut discuter de sa part de responsabilité sur le but camblysien. Qu’elle ait été importante ou pas, cela ne l’a en tout cas absolument pas sorti de son match. Et le portier a sorti plusieurs parades qui ont laissé son équipe dans le match. Et si on juge objectivement sa prestation des 90 minutes, le Jarrois a fait gagner des points à son équipe ce samedi. C’est bien tout ce qui compte au final.

L’envie de gagner. Un aspect qui devrait aller de soi. Et pourtant qui n’a jamais entendu le fameux « il faut savoir ne pas perdre » ? Le GF38 a visiblement cette saison décidé qu’il fallait parfois au contraire savoir prendre le risque de perdre pour augmenter ses chances de gagner. Il aurait pu le payer à Beauvais dans une fin de match un peu fofolle ou les deux équipes ont tenté de faire la différence plutôt que de ce contenter du point du nul.
Sa volonté a été récompensée. Imaginez que sur l’action du but décisif, à la 90e minute de jeu, le mouvement part du latéral gauche (qui s’est offert le grand point de la saison), enchaîne avec une tentative de retourné d’un milieu de terrain dans la surface et est finalement relayé par le latéral droit.

Au moment du premier centre d’Abdallah, il y a 5 joueurs du GF38 dans la surface de Chambly, parmi lesquels on ne compte pas… Terell Ondaan (!) qui s’y déplacera intelligemment avant le centre de Mombris. Un nombre improbable mais qui permet de ramener trois points plutôt qu’un. Et définitivement les prises de risque que l’on a envie de voir, quitte à se faire punir certaines fois.

The Bad

Une solidité défensive à affiner. C’est parti pour le pavé tactique. On vous invite à revoir le but du FCCO sur le résumé vidéo du match. Entre la 35e et la 50e seconde.
Première chose à reconnaître : les joueurs de Chambly jouent extrêmement bien le coup d’un bout à l’autre de l’action. Et cette ouverture du score résulte en grande partie de la qualité déployée par les protégés de Bruno Luzi..
Passons malgré tout aux manquements isérois. L’action démarre à 70m des buts de Maubleu par un duel remporté par Déquaire (homme du match à nos yeux) face à Djitté. On ne voit pas le positionnement du portier alpin sur ce début d’action mais dans l’idéal il devrait être positionné à l’entrée de ses 20 mètres pour supprimer la possibilité de profondeur pour l’équipe adverse.

Après la perte du ballon, Grenoble rentre dans une phase de transition offensive/défensive qui nécessite une excellente coordination. La charnière prend la décision de monter pour éviter le jeu long dès le départ, ce qu’elle fait très bien. La coordination ne s’opère en revanche pas avec les latéraux. Jordy Gaspar couvre ainsi Guezoui (mis HJ par les centraux) au départ de l’action. Jérôme Mombris aurait également dû monter d’un cran pour être sur le dos de Flochon avant qu’il ne reçoive le ballon. Et quand il finit par se jeter sur son adversaire, il est éliminé facilement. Quand Chambly initie sa phase offensive, les quatre défenseurs du GF38 n’auraient pas dû être alignés.

Flochon élimine donc Mombris. Il profite de la fausse piste de Susnjara qui aspire Straalman en s’excentrant côté droit. Monfray se place logiquement de façon à couvrir le dos du Néerlandais mais délaisse par conséquent Guezoui en se disant que Gaspar prendra le joueur, quitte à laisser Correa libre à gauche, la priorité restant toujours de ne pas laisser un joueur libre dans l’axe. Pour schématiser, tout le monde aurait dû se décaler d’un cran vers la gauche.

Flochon joue bien le coup en mettant un ballon parfait dans le dos de la défense. Monfray est en retard sur Guezoui sur qui Gaspar ne s’est donc pas positionné. Maubleu sort à contre-temps et l’attaquant a la qualité et la réussite pour trouver le chemin des filets.
Est-ce que Monfray aurait pu analyser que le danger se situait dans son dos et non côté gauche où il y avait une forte densité de Grenoblois ? L’action dure une poignée de secondes, cela semble compliqué. Sur cette phase la charnière alpine fait finalement ce qu’elle a à faire mais l’absence de coordination avec les latéraux est préjudiciable.

On le répète, Chambly joue extrêmement bien le coup mais sur ces phases de transition offensive/défense le GF38 n’est pas encore complètement au point et doit progresser, on l’a également vu sur plusieurs contres camblysiens tout au long du match, qu’on vous fera grâce d’autant détailler.

Du mal face aux blocs bas. C’est récurent depuis la préparation, face aux équipes qui lui laissent les commandes du match, le GF38 a dû mal à trouver des déséquilibres. Malgré 70% de possession, Grenoble n’a frappé au but que 12 fois ce samedi. Et comme Grenoble n’a également réussi que 22% de ses centres, Pontdemé a finalement passé une soirée peu mouvementé avant les 20 dernières minutes, quand la fraîcheur des entrants isérois, combinée à la fatigue camblysienne, a fait la différence. On a vu trop peu de séquences intéressantes : l’action conclue par Benet après un bon décalage de Semedo (mais avant l’ouverture du score avec un FCCO évoluant moins bas), la tête de Djitté ou ce même Djitté bien trouvé dans la surface dès le retour des vestiaires pour une reprise instantanée qui s’est malheureusement envolée. L’attaquant sénégalais a d’ailleurs beaucoup décroché, sans succès, et a été mangé par ses défenseurs dans les duels. Mais on est du camp qui pense que son travail d’usure a porté ses fruits sur la durée et que les entrants ont aussi bien profité de cela pour faire des différences.
Là aussi on peut estimer que la marge de progression de Grenoble est conséquente vu la qualité des éléments et la diversité des profils. Permettons nous d’être exigeant !

De l’agacement ? On utilise la forme interrogative car on ne s’est pas encore décidé complètement sur le fait que c’était une mauvaise chose. Montrer du caractère a du bon. Il nous a toutefois semblé que les Grenoblois avaient tendance à vite s’agacer, à montrer quelques mouvements d’humeur, dès que les circonstances n’étaient pas favorables. Attention à ne pas prendre trop d’avertissements évitables, à trop sortir des matchs – ce qui n’a finalement pas été le cas samedi à Beauvais, l’égalisation intervenant au bon moment. La saison n’en est qu’à ses prémices, la pression n’est pas non plus incroyablement forte au pied des Alpes. Et en plus les résultats sont bons.

The Queen

Terell Ondaan. Que dire sur le Guyanien ? Les attentes l’an passé étaient énormes (pour nous en tout cas). La déception n’en a été que plus grande. Le joueur a du talent, c’est une certitude. Aujourd’hui, il nous semble pourtant être le 6ème joueur dans la hiérarchie offensive du GF38 et le seul qui n’a pas le profil d’un « titulaire en puissance ».
L’an dernier il avait aussi marqué quelques buts importants mais il n’était jamais parvenu à s’imposer ou se montrer constant sur la durée. Sa joie et celle de ses coéquipiers a fait plaisir à voir ce samedi. Son appel, la justesse de sa finition est un rappel qu’il n’a pas perdu les qualités et l’intelligence qu’il montrait sur les terrains néerlandais. Il y a une grosse concurrence en attaque au GF38 cette saison. Mais avec ce but, on espère qu’Ondaan va rappeler, s’est rappelé, à quel point il pouvait être un joueur décisif. Le joueur qu’on aspire désormais à voir à chaque fois qu’il sera sur les terrains !

2 Comments on this Post

  1. “Terell Ondaan. Que dire sur le Guyanais”, je chipote mais Ondaan est Guyanien

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