#TGTBTQ – Analyse d’une rencontre au sommet remportée par Grenoble

Retour sur la victoire du Grenoble Foot 38 face au Red Star en trois étapes : ce que l’on a bien aimé (The Good), ce que l’on a moins apprécié (The Bad) et le fait du match à nos yeux (The Queen).




The Good

L’ambiance

Une réussite d’un bout à l’autre. Une belle fête du football et un rappel qu’une rivalité sportive peut s’accompagner d’actes fraternels en tribunes. Merci messieurs, vraiment. Vous êtes un exemple à méditer pour certaines instances dont on doute de plus en plus de l’amour pour ce jeu. Pour quelques photos, rendez-vous ici. Pour la prochaine soirée en amoureux on vous dit à l’an prochain en L2 !

La bonne affaire du week-end

Le GF38 est premier. Le GF38 compte 10 points d’avance sur le 4e, Cholet (qui a un match en moins). Le GF38 est assuré de terminer premier devant le Red Star et Rodez en cas d’égalité à 2 ET en cas d’égalité à 3 entre ces équipes. Ça, c’est fait.

Grenoble préfère les gros

Si vous avez suivi les années CFA du GF38, vous comprenez à quel point c’est important. On a souvent reproché aux footballeurs grenoblois leur incapacité à répondre présent dans les rendez-vous face à leurs concurrents directs pour l’accession en National (Strasbourg, Béziers, Lyon Duchère). Déjà l’an passé, le match au Puy, dominé de la tête et des épaules, avait laissé entrevoir le changement. Cette saison, les coéquipiers de Steven Pinto Borges ont réalisé leurs deux meilleures prestations à Rodez et au Red Star… Tout sauf un hasard. Guégan est un meneur d’hommes, foutrement efficace, mais qui a malgré tout besoin d’une petite étincelle (un score défavorable à la pause, une affiche au sommet) de départ pour allumer le feu dans le cœur de ses troupes. Cette capacité à hausser le niveau est frustrante au regard des quelques purges auxquelles on a assisté ces derniers mois mais elle rassure sur l’avenir de cette équipe.

Physiquement, Grenoble était au-dessus

La FFF avait consacré un reportage, les jours précédents le match, sur la préparation physique des Audoniens, clé de leur réussite. Cela nous avait fait un sourire puisqu’on considère que c’est LE critère premier de la réussite de ce GF38, devant toutes les considérations tactico-tactiques et les qualités individuelles des joueurs. On attendant donc avec impatience le duel. Et il n’y a pas eu photo : les duels ont été très majoritairement remportés, le pressing a été d’une redoutable efficacité (combien de ballons récupérés dans les 40m adverse alors que l’on jouait chez la meilleure équipe à domicile du championnat ?!). Grenoble a défendu en avançant, sans faire de faute et si on loue les qualités des défenseurs, c’est bien ce travail de TOUTE l’équipe (coucou les anti-Belvito) qui permet à l’équipe de Guégan de concéder un minimum de situations à proximité de ses buts, en gênant les premières relances, en empêchant les transmissions faciles ou les remontées balle au pied. Et tout cela est dû à une préparation physique au top (et à la densité du groupe, on y revient). Si vous avez assisté aux premières séances de la saison vous voyez de quoi on veut parler… Les Grenoblois en ont bavé mais en récolte largement les fruits depuis. Grenoble a étouffé les joueurs franciliens ce samedi à Bauer.

Benet, un héros très discret

Le geste juste, la volonté d’accélérer le jeu et d’essayer de jouer vers l’avant, un apport décisif aux abords de la zone de vérité (meilleur passeur de l’équipe depuis samedi), des coups de pieds arrêtés plutôt bien négociés…et il répond à l’impact physique imposé dans ce très rugueux National. Jessy Benet enchaîne, match après match, dans un profil unique et essentiel au jeu de son équipe. Ce n’est pas le joueur qu’on a le plus vu à Bauer ou dont on va le plus parler mais sa prestation a été sans fausse note, alors que le synthétique ne se prêtait pas forcément à son jeu et que Grenoble a souvent cherché à jouer long. Ça en dit long sur son niveau du moment.

Nathanaël Dieng & la profondeur du banc

La sortie sur blessure de Selim Bengriba a entraîné quelques motifs d’inquiétude vu le peu de défenseurs sur le banc (pas de Guégan et de Walongwa, Spano blessé, Coulibaly qui peut descendre d’un cran suspendu). Elle aurait pu aussi entraîner un réajustement du système (défense à 4 avec Dieng à droite et Abou Demba à gauche par exemple) qui aurait été logique vu le profil des joueurs sur le terrain mais aurait sans doute brisé l’équilibre trouvé par l’équipe lors des 25 premières minutes.
Finalement cela a été du poste pour poste et Dieng a parfaitement su s’adapter en livrant une prestation solide défensivement malgré un ou deux positionnements délicats, tout en étant à l’origine du seul but du match. Pas mal pour un jeune joueur avant tout cantonné à l’équipe réserve cette année.
C’est là aussi que réside la force du GF38 : un groupe d’une vingtaine de joueurs, où personne n’est indispensable. Deletraz (même pas surla FDM le week-end d’avant) ou encore Elogo avaient du jus et l’envie de montrer à leur coach qu’ils méritent du temps de jeu par exemple. Dans un système très demandeur en énergie, c’est un luxe que de pouvoir faire souffler régulièrement des joueurs, sans que cela n’amoindrisse pour autant la valeur de l’équipe. La profondeur de banc grenobloise est une arme dont use Guégan avec habilité, avec parfois des choix forts (les deux grosses recrues hivernales sur le banc samedi) et les résultats lui donnent largement raison.

The Bad

L’infirmerie se remplit

Et heureusement que Grenoble a un groupe dense dans la qualité et la quantité parce qu’il n’est pas épargné par les blessures cette saison. Samedi, il a perdu Bengriba (peut être pour plusieurs semaines, réponse ces jours-ci) et Steven Pinto Borges (a priori pas pour longtemps). La saison est encore longue il ne faudrait pas qu’à terme le GF38 paye toutes ces absences.

En attaque, toujours des mauvais choix

Désolé pour la fausse joie, mais on ne va pas parler (encore) de Nicolas Belvito. Grenoble marque peu et par conséquent n’est jamais à l’abri d’un contre assassin, d’un but encaissé sur coup de pied arrêté… Frustrant vu l’énergie déployée et les situations qui se dessinent pendant le match. Qu’est ce qui manque ? Sans doute un peu de confiance pour transformer le petit geste en trop ou le contrôle raté en but. Il nous semble aussi y avoir un vrai problème de compréhension (ou une lecture trop prévisible du jeu) sur les actions débordement-centre où le ou les alpin(s) présent(s) dans la surface sont au final peu trouvés. Les différences sont pourtant faites mais la conclusion n’est quasiment jamais au rendez-vous. Cela n’empêche pas Grenoble d’être en tête du championnat avec une des moins bonne attaque du National, mais pensez à nos petits nerfs fragiles en « tuant » les matchs de temps à autre si possible…

Le 352 oui mais…

Le Red Star a souvent cherché, et réussi, à jouer dans le dos des « latéraux » isérois, notamment avec l’excellent Mhirsi, l’élément le plus romuant côté audonien lors de la première partie du match. On est fan du 352 mais il implique un gros travail de compensation des défenseurs et milieux axiaux pour épauler les deux pistons dans leur tâche défensive. C’est une faille, le Red Star a su l’emprunter à plusieurs reprises, il faudra être vigilant sur ce point pour les prochains matchs.

The Queen : Nicolas Belvito, buteur en questions

Commençons déjà par préciser qu’on aime bien ce genre de petits débats, sur un joueur, sur une équipe, sur une action de jeu. Le football est subjectif et notre avis ne vaut pas plus que celui du premier Sigis venu (au hasard), fusse-t-on rarement d’accord avec sa vision.
Ensuite, sur cette Queen, il ne s’agit pas d’être pro ou anti. Ni de dire que l’ancien de Colmar est le nouveau
Ruud van Nistelrooy. Ou qu’il doit être devant un tel ou un tel dans la hiérarchie des attaquants du GF38.

Mais déjà de rappeler que le football ce n’est pas que des stats (même s’il a marqué le seul but du match), qu’un attaquant peut jouer un rôle important sans pour autant marquer (#teamGuivarch98).
Ensuite, et c’est peut être ce qui nous « agace » le plus dans les critiques qu’on peut lire ci et là, qu’on ne peut pas reprocher à un joueur de ne pas être ce qu’il n’est pas. Pour imager un peu cette phrase obscure, on ne peut pas reprocher à Giroud de ne pas jouer comme Benzema. Si vous attendez de Belvito qu’il prenne le ballon à 35m des buts, dribble trois joueurs et aille tromper le gardien après 17 passements de jambes, vous allez être déçu, forcément (ça marche aussi pour des aspects moins caricaturaux, comme le jeu en profondeur).

Face au Red Star il a beaucoup pressé (oui on a revu le match Stéphane!), il est allé au duel sur les longs ballons qui ont été nombreux en première période, il a usé ses défenseurs, travaillé pour l’équipe dans un rôle très ingrat dans cette configuration là. Il a fait ce qu’on pouvait attendre de lui, avec plus ou moins de réussite (ça c’est la partie interprétation, mais à nos yeux l’attaquant à 100% de réussite il ne joue pas en National), mais toujours au service du collectif. Son but est au final presque anecdotique même si c’est ce que les « pro » retiendront. Son travail aurait pu également être mis en valeur par un but de X ou Y en fin de match.
Dans un passé récent, on a vu un Nassim Akrour finir des saisons cramé, moins lucide, à cause de l’enchaînement des rencontres. Guégan dispose lui de plusieurs atouts offensifs, avec des profils, des qualités différentes. Belvito s’intègre dans la rotation en essayant d’apporter, il nous semble en tout cas, à chaque fois ses qualités. Si l’an passé on pouvait le taxer d’être avare en efforts, cette critique ne semble plus de mise cette saison. A défaut d’apprécier Belvito pour ce qu’il n’est pas, encourageons-le pour ce qu’il est. La montée, c’est un groupe qui ira la chercher !

1 Comment on this Post

  1. Tout à fait d’accord sur Belvito, pour ceux qui étaient par exemple à consolat et surtout sa chevauchée sur son but à la Duchère, savent le travail de sappe qu’il opere sur les défenses

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