Depuis le départ de Philippe Hinschberger en 2021, le GF38 vient donc d’user son cinquième entraîneur – on ne compte pas les intérims de Frédéric Guéguen, toujours au club, en cinq ans. Le départ de Franck Rizzetto semblait inéluctable après la déroute à Laval. Il ne constituera pourtant pas à lui seul le remède aux maux du club de Stéphane Rosnoblet, qui se répètent et s’enrichissent un peu plus à chaque cycle.

A un sauvetage près du Stéphanois Boakye devant sa ligne, Franck Rizzetto serait toujours l’entraîneur de Grenoble. On caricature, bien sûr. Mais peut être pas tant que cela. Une victoire face aux Verts, après une prestation convaincante ce soir-là, aurait sans nul doute offert au technicien un peu de répit. Une victoire à Laval aussi. Mais son équipe, qui menait encore au score à quelques minutes de la fin de la rencontre, a décidé de se saborder.

Cela ne revient pas à dire que Rizzetto était l’homme de la situation, on y reviendra. Juste que le GF38 navigue à vue, au gré des secousses, capable de conforter son entraîneur après une entame calamiteuse de championnat mais de le virer alors que le matelas d’avance à quelques journées de la fin reste conséquent. Pourquoi maintenant et pas après le Red Star il y a quelques semaines ou Annecy lors de la phase aller ?

Même si on rappellera avant toute chose que son objectif était le maintien (et de valoriser l’actif du club, les joueurs, contrat qu’il a rempli), le bilan de l’ancien Montpelliérain à la tête de Grenoble n’est pas flamboyant, c’est un euphémisme de l’écrire. Seulement 11 victoires en 43 matchs, pour 46 buts marqués et un spectacle trop peu présent au rendez-vous. A son image, son équipe a trop souvent manqué de caractère. Il n’a jamais su insuffler la constance nécessaire même si ce manque ne peut lui être imputé à lui uniquement. Son GF38 s’est trop souvent présenté en victime, s’usant à défendre et à courir après le ballon alors qu’il a su montrer, on pense au match à Reims ou celui au Stade des Alpes contre l’ASSE, qu’il savait bien jouer en étant davantage conquérant.

Le fusible a donc sauté. Logiquement. « C’est le football » aurait-il certainement dit. Il ne nous semble pas qu’il porte pourtant l’entière responsabilité d’une saison sportive fade et sans relief. Loin de là. Son bilan n’est pas bon, mais il n’est finalement pas moins bon que celui d’Oswald Tanchot (1,14 PPM contre 1,13 pour l’ancien Amiénois) alors que les deux techniciens sont aux antipodes niveau personnalité. Les deux partagent en revanche une expérience qui présente bien des similitudes : infrastructures d’entraînement indignes d’un club professionnel, mercato tardif et appauvrissement de la qualité de l’effectif. Rizzetto a même dû subir un réajustement de son groupe deux fois dans la même saison – le deuxième s’accompagnant d’un nouveau système. Curieusement, ou pas, c’est entre les deux que son GF38 a présenté le meilleur visage, qu’il a obtenu les meilleurs résultats.

Tanchot, Rizzetto ne sont aujourd’hui plus là. Les responsables du recrutement et de la direction sportive du club si. Voilà Grenoble reparti dans un nouveau cycle. Avec déjà des départs importants plus qu’envisagés alors que le présent exercice n’est pas encore fini. Avec déjà des prolongations en question alors qu’elles devraient être réglées au plus vite vu l’importance des joueurs concernés.  

Nicolas Usai arrivera peut être d’ici quelques semaines. Lui, ou un autre, disposera peut être de quelques tours supplémentaires dans sa manche, mais il ne sera probablement pas plus magicien que ses devanciers. Il devra composer avec des infrastructures compliquées, des joueurs pas impliqués dans ce qu’on ose à peine appeler un projet, des départs et des arrivées continus et tardifs et un recrutement qui manque de plus en plus d’idées. Il bricolera, fera avec. Aura peut être quelques bons résultats ici et là. Avant de prolonger, à son tour, le cycle infernal.

Le changement d’entraîneur à Grenoble s’apparente davantage comme un pansement sur une plaie béante que comme la solution de guérison. Le départ de Franck Rizzetto fera sans doute plaisir à ses nombreux détracteurs. Mais si le club ne change pas en profondeur, le GF38 n’a pas fini de faire souffrir ses amoureux. Il y a une voie encore pire : celle qui mène à l’indifférence. Ils nous semblent nombreux celles et ceux qui ne sont plus très loin de l’emprunter…

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