Pour son dernier match de l’année, le Grenoble Foot 38 a concédé un cinquième revers de rang (4 en championnat + 1 en coupe de France) sur la pelouse de l’AC Ajaccio (1-0) ce mardi. Un résultat qui n’a en soi rien d’infamant chez le leader de Ligue 2. Mais malgré le changement de tête sur le banc, la manière ne nous a pas davantage rassurée.

Retour à 4 derrière

Principale changement tactique le retour à 4 derrière. Après le 3421 de Jacobacci, le GF38 a évolué dans un 442 parfois un peu bancale, Henen se ré-axant davantage qu’un Abdallah bien collé à sa ligne.

Les deux excentrés ont d’ailleurs fait partie des points positifs du match. On doit par exemple à Abdallah une merveille de centre qui aurait mérité d’être mieux exploitée par Anani. Henen a souvent fait des appels en vain mais a néanmoins réussi quelques débordements côté droit dont un conclu par un bon service en retrait pour Diallo devancé de justesse.

Au rayon positif, Maubleu n’a que peu été mis en danger lors des 45 premières minutes si ce n’est sur quelques corners bien tirés par Nouri.

Une « solidité » défensive à relativiser. Déjà elle n’est pas forcément nouvelle, les 30 premières minutes à Amiens avaient été du même acabit. Grenoble a juste réussi à tenir 15 minutes de plus. Ensuite Ajaccio, bien que leader, fait partie des plus mauvaises attaques du championnat. Les joueurs de Pantaloni n’avaient ainsi fait trembler les filets que deux fois de plus que les Isérois avant le match et n’ont marqué qu’une seule fois plus de 2 buts au cours d’un même match cette saison. L’ACA n’est donc clairement pas un adepte des festivals offensifs et est resté ce mardi dans son registre habituel.
Enfin la fébrilité défensive est restée sensible avec des ballons rendus très rapidement, notamment pendant la première demi-heure et des pertes évitables avec un Nestor qui reste en difficulté dans ce registre ces dernières semaines. Les Corses ont également plutôt bien su jouer entre les lignes, avec notamment un Courtet pénible à défendre, dans tous les sens du terme. Le GF38 ne nous a pas paru particulièrement serein sur ces phases là même si aucune grosse occasion n’en a résulté.

Toujours aussi inoffensif

Ajaccio a en revanche rapidement mis à profit la passivité de l’arrière-garde dauphinoise dès le retour des vestiaires. « Sur le but encaissé on a manqué de combativité et d’envie » expliquait Fred Guéguen après le match. En son temps, MJ parlait lui de « mauvais choix ». La conséquence reste la même. Avec 5 joueurs autour du porteur du ballon, un centreur dans un fauteuil et un manque d’agressivité dans la surface, le GF38 montré la même passivité, la même naïveté que lors des matchs précédents.

Les coéquipiers de Maubleu n’ont cette fois-ci pas complètement coulé au niveau du tableau d’affichage – mais on vous renvoie là aussi à l’information sur la peu prolifique attaque insulaire qui a d’ailleurs gâché quelques belles situations.

Si cela a permis à Grenoble de rester à portée jusqu’au bout, les visiteurs n’ont pourtant jamais réellement semblé en mesure de revenir au score. Une stat’ pour résumer : le GF38 n’a pas tiré une seule fois au but en 2nde période, malgré une large possession du ballon. Sur la totalité du match les Grenoblois n’ont d’ailleurs tiré que trois fois. C’est peu, beaucoup trop peu, pour espérer quelque chose.
Autre constante par rapport au début de saison, l’incapacité à tirer profit des coups de pied arrêtés, avec des tireurs trop imprécis (ou une relation tireur/réceptionneur qui ne fonctionne pas). Un exemple : le coup-franc aux abords de la surface de Correa à la 93ème minute qui atterrit au 3ème poteau, où ne se trouve aucun coéquipier, alors qu’ils sont 8 (Maubleu compris) dans la surface à 10 mètres de lui. Tout simplement consternant.

Au final ce GF38 a-t-il réellement envoyé des signaux encourageants pour la suite ? Pas à notre sens. Il ne s’est finalement montré solide qu’un peu plus longtemps que lors de ses derniers déplacements, mais face à un adversaire patient, qui marque peu et qui construit ses victoires sur un, deux buts au grand maximum.
Devant, cela reste le néant quasi absolu même si la tête d’Anani aurait pu changer la face du match. La possession du ballon en seconde période n’a accouché de rien. Grenoble manque de créateurs. Le passage à 4 derrière aura surtout permis à Abdallah et Henen de marquer des points. C’est d’ailleurs ce premier qui est sorti le premier alors qu’Anani était à nouveau en difficulté. Symbole que le staff manque toujours de solutions.

Est-ce qu’un nouvel entraîneur et des arrivées résolveront par magie tous les problèmes ? C’est loin d’être certain si cela ne s’accompagne pas d’une prise de conscience et d’une responsabilisation du groupe actuel. Les lacunes collectives et individuelles sont nombreuses mais pas définitives. Pour peu que tout le monde y mette réellement du sien. Pour cela faut-il que tous se rendent compte de la situation…

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