Florian Sotoca : « Un honneur de jouer pour Grenoble »

Florian Sotoca : « Un honneur de jouer pour Grenoble »

Ce natif de Narbonne entame sa deuxième saison avec Grenoble. Il fait partie des joueurs ayant connu la Ligue 1 et rêve d’y retourner. Mais concède que « le chemin est encore long » pour y arriver. Bosseur dans l’âme, Florian Sotoca s’épanouit pleinement et n’a jamais semblé aussi fort que maintenant. Métro-Sports fait le point avec lui avant la réception de Laval ce samedi au Stade des Alpes.


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Comment tu vois ce match face à Laval samedi ?

C’est une équipe qui descend de ligue 2, ils n’ont perdu que deux fois cette année et n’ont pas encaissé beaucoup de buts (9 en 11 matches). On a vu qu’ils attendaient leurs adversaires et plaçaient des contres rapides. Mais en tout cas, c’est une équipe solide. Mais tous les matches sont durs cette année. En tout cas, la grosse différence, c’est qu’ils descendent de Ligue 2. Nous, on vient de monter.

Vous serez diffusés sur Canal+ sport, ce n’est pas la première fois. C’est une motivation supplémentaire ?

Non (rires), pas forcément, tous les matches sont diffusés cette année, tant mieux pour le National ! Mais il n’y a pas de pression particulière. C’est toujours bien d’être diffusé, surtout quand on réalise un bon début de saison. Canal aime bien venir à Grenoble aussi parce qu’il y a de belles installations (rires), c’est plus facile pour eux.

Vous vous attendiez à ce début de saison ?

Bah forcément oui, on vient de monter donc on était dans l’inconnu. On ne savait pas trop à quoi s’attendre. On a gardé l’ossature de l’année dernière, ce qui nous permet notamment de réaliser ce bon début de saison. Ça nous permet de garder un bon état d’esprit qui nous permet de retourner les situations. Depuis le début de saison, c’est cet état d’esprit qui nous permet d’être troisième.

Justement qu’est-ce qui s’est passé contre Lyon-Duchère ?

On a été menés quatre ou cinq fois déjà cette saison, ce match (contre Lyon-Duchère) en est l’exemple parfait. Beaucoup d’équipes s’écroulent face à nous grâce à notre état d’esprit. En plus, physiquement on est bien. Pour moi, c’est ce qui a fait la différence contre Lyon Duchère. Après, on savait qu’ils avaient fait une grosse première mi-temps, donc qu’ils allaient le pied en deuxième.

Le match de samedi est déjà important. À la maison, vous avez déjà perdu pas mal de points cette saison…

C’est vrai qu’on a laissé pas mal de points déjà en route à domicile (sept points perdus après cinq matches). Quand les équipes viennent au Stade des Alpes, elles sont souvent regroupées et forcément, on a moins d’espace. On a aussi envie de faire plaisir aux supporters et parfois, ça se transforme en pression supplémentaire. On a souvent été plus à l’aise à l’extérieur paradoxalement. Mais ça va venir. De toute façon, si on veut avoir des prétentions cette année, ça passe par un bon parcours à domicile. C’est ce qui nous a permis de monter l’année dernière. On va se rattraper samedi.

« Ça ne sert à rien de se prendre tête avec la montée »

Personnellement, tu es très performant depuis le début de la saison. Déjà quatre buts, tu mets un doublé contre Annecy ce week-end et tu avais déjà marqué le but de la qualification contre Chasselay en Coupe de France. C’est un important pour toi les statistiques ?

Oui, c’est toujours important pour nous les joueurs offensifs. Mais le plus important, ça reste quand même l’équipe. Mais avoir de bonnes statistiques personnelles, ça permet de concrétiser le travail. En plus je marque, mais je fais aussi des passes décisives. Mais si je fais un bon début de saison, c’est aussi parce que l’équipe tourne bien.

Cette année, tu as souvent été replacé aux côtés de l’attaquant de pointe dans le 3-5-2 d’Olivier Guégan. Qu’est-ce que tu penses de ce poste ?

Je me sens bien à droite ou dans l’axe. J’aime bien jouer dans l’axe, ça me permet d’être plus libéré c’est vrai. Mais avec ce système, c’est toute l’équipe qui est bien. Le coach voulait un dispositif en plus du 4-3-3 qu’on puisse utiliser pour déséquilibrer les adversaires. On a commencé à le bosser durant la préparation. Et on remarque que justement, quand on passe en 3-5-2, les équipes adverses deviennent « bancales ».

Grenoble prend aussi beaucoup de cartons rouges. Quatre depuis le début de la saison. Tu en as aussi fait les frais contre Dunkerque le 26 août…comment tu l’expliques ?

Le championnat National est très physique. Nous, on est présent dans l’agressivité, d’où le faut que l’on prenne beaucoup de cartons. Après, je ne sais pas si c’est bien ou pas mais on n’est pas une équipe « méchante ». Le fait qu’on soit en haut montre que c’est une agressivité positive. Les arbitres sont aussi plus sévères qu’en CFA peut-être, ils sortent plus facilement les cartons. Mais ça fait partie des choses qu’il faut corriger. Mais après, il n’y a pas que nous, d’autres équipes prennent pas mal de rouges aussi.

Tu as signé ton premier contrat pro il y a 3 ans, c’était avec Montpellier. Tu as même joué un match de Ligue 1 (27 février 2016 contre Lille). À Grenoble, tu es un titulaire indiscutable au porte de la Ligue 2. Comment tu expliques ta progression ?

C’était un rêve pour moi de signer pro. À Montpellier, je n’ai pas beaucoup joué, j’ai fait une vingtaine de banc de Ligue 1. C’était un honneur pour moi, ça m’a endurci. Le fait de côtoyer des joueurs professionnels rigoureux, forcément ça fait progresser. J’ai travaillé physiquement, mentalement. Mais j’insiste, si je progresse, c’est en grande partie grâce à l’équipe. C’est un honneur de jouer pour Grenoble. Ici, j’ai retrouvé la confiance et j’en profite pour remercier tout le monde.

« Tant que le club sera ambitieux, je resterai »

Tu as été sollicité cet été, pourquoi être resté à Grenoble alors que tu avais la possibilité d’aller en Ligue 2 ?

Oui, j’ai été sollicité. Mais le plus important pour moi, c’était de savoir ce que voulait faire le club. J’en ai discuté et j’ai été satisfait parce que le club veut continuer de grandir. On est dans un club qui a beaucoup d’ambition, avec un beau stade, des supporters toujours présents quoiqu’il arrive, que demander de mieux ? Donc j’ai choisi aisément de rester.

C’est ce qui explique ta confiance du moment ?

J’ai la confiance de tout le monde donc ça me pousse à donner le meilleur de moi-même, ça réagit sur mes performances. Ici, je me sens bien, ma famille se sent bien. J’ai même eu un petit garçon qui aura un an en décembre. Cette confiance, c’est aussi le groupe qui l’insuffle en général. Parce qu’on sait que c’est par le travail qu’on va s’en sortir.

La force de ce groupe, c’est aussi qu’il compte beaucoup de joueurs ayant fréquenté la Ligue 1 de près…ou de loin. Retrouver l’élite est forcément un objectif pour tous. D’ailleurs, l’ossature est restée la même que l’année dernière…

Oui, si tout le monde reste, ça prouve que le club a pour objectif d’aller plus haut. Mais de là à parler de Ligue 1…le chemin est très long ! Déjà, si on retrouve la Ligue 2, le club commencera à atteindre un de ses objectifs : retrouver un statut professionnel. Mais pour ça, il ne faut pas trop en parler, il ne faut pas se prendre la tête. Forcément quand tu touches à l’élite, tu as envie d’y retourner. Pourquoi pas un jour. Il faut toujours croire en ses rêves. Mais ça reste un chemin difficile.

On vous sent tous prudents quand on évoque la montée, à l’image d’Olivier Guégan, très pragmatique…

Oui (rires), le coach ne s’affole jamais. C’est aussi ce qui nous permet de rester dans les matches…même quand on est menés. C’est grâce à son travail qu’on a un gros mental. Mais ce qu’on ne veut pas, c’est se prendre la tête avec ça (la montée). Ça sert à rien. Surtout qu’on n’a pas fixé d’objectif en début de saison. En montant, on ne savait pas vraiment à quoi s’attendre. On est un promu ambitieux, mais quand même un promu. Olivier (Guégan) en a conscience, c’est aussi pour ça qu’il est toujours derrière nous.

Donc, on peut imaginer Grenoble garder la majorité de son effectif, même en cas de montée ?

Moi en tout cas, tant que le club sera ambitieux, je resterai. Alors pourquoi ne pas rester le plus longtemps possible. Pour l’instant, il y a tout pour réussir.

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