« Ensemble au sommet » – Entretien avec K’Tan

« Ensemble au sommet » – Entretien avec K’Tan

La chanson fut l’hymne d’une époque dorée, entre inauguration du Stade des Alpes, accession et maintien en Ligue 1. Douze années plus tard vous êtes encore nombreux à frissonner à son écoute. « Ensemble au Sommet » s’est inscrite, avec le temps, à l’ADN du GF38.
Nous devions rencontrer le duo à l’origine de K’Tan (> la page Youtube du groupe). Si Matthieu, le compositeur et chanteur, a eu un empêchement de dernière minute, le bassiste Serge nous a parlé longuement de l’histoire du groupe (du pop rock « Entre Noir Désir et Louis Attaque » en ce qui concerne le style), de cette chanson et de son affection particulière pour le club de football grenoblois.

Bonjour Serge, tout d’abord comment est né K’Tan ?

Matthieu (le chanteur du groupe, Serge est le bassiste, ndlr) est un pote d’enfance, ça fait 30 ans qu’on se connaît. On s’est rencontré on habitait rue Ampère tous les deux à Grenoble, on jouait au foot dans la cour de l’immeuble et c’était à côté du pont de Catane. C’est de là que vient le nom du groupe.

On s’est côtoyé pendant notre enfance collège, on s’est ensuite un peu perdu de vue avant de se retrouver en 2002-2003 par là. Il se trouve qu’on faisait chacun de la musique de notre côté donc on s’est dit « allez jouons ensemble, montons un groupe ». Et c’est parti comme ça.

Comment se sont greffés les autres membres du groupe ?

Le premier qui s’est greffé c’est le violoniste, qui s’appelle également Matthieu. Je jouais avec lui dans son groupe d’avant. Et puis après on a passé des annonces. On a trouvé un guitariste, qui est resté un an avant d’être remplacé par Guillaume qui est resté. C’est la structure quasi définitive du groupe jusqu’à sa fin, en 2013. On a également eu un batteur, qui a changé lui à deux reprises.

Quelle a été votre évolution, votre parcours avec le groupe ?

Le point de départ a été un tremplin dans le Pays Voironnais qu’on a gagné en 2006. Cela nous a donné l’opportunité d’enregistrer un album, un 8 titres (appelé « K’Tan », ndlr). C’était en collaboration avec le Grand Angle, cela nous a permis notamment de faire la première partie de Superbus. Cela nous a fait vraiment connaître. On a vendu plein de cds ce soir là. Ca a vraiment très bien marché, les gens ont accroché. Globalement dès qu’on était en concert ça marchait bien. L’énergie qu’on dégageait en live plaisait.

Vous avez pu tourner un peu en dehors de la région ?

Pas trop. On est allé faire un festival dans l’Aveyron. C’était une grosse machine, avec plein de têtes d’affiche très pop comme Roch Voisin, Philippe Laville, dans un cadre « caritatif », « luttons contre le cancer » dans l’idée. On avait été pris sur le off donc on avait une scène en ville pour animer le centre alors que le gros concert avait le centre. Sinon on a pas mal tourné dans la région.
Après le premier album le gars qui nous enregistrait nous proposait de nous emmener en tournée. Mais il aurait fallu qu’on lâche le boulot pendant 6 mois tous. Le problème c’est qu’on avait déjà 30 ans et du coup on n’a pas fait ce choix là. On était trop avancé dans nos vies pour tout lâcher. Ce serait arrivé 5 ans plus tôt ça aurait pu être différent. Mais pas à ce moment là. On voulait que la musique reste un loisir.

Comment en arrive-t-on à Ensemble au Sommet,le single pour le GF38 ?

On est en 2007-2008. L’idée à la base était par rapport au nouveau stade. Ca c’est bien goupillé parce que ça a été l’année de la montée. Mais à la base on voulait faire ça pour l’inauguration du Stade des Alpes.
C’était un délire entre Matthieu et moi. On était tous les deux fans du foot à Grenoble et plus généralement du sport à Grenoble puisqu’on allait voir les Brûleurs de Loups à Clémenceau, on était à la finale en 1993 du rugby au Parc des Princes.
On s’est dit qu’on allait avoir un super stade et qu’il fallait marquer le coup. Personne s’engageait pour le GF dans la vie culturelle grenobloise. On avait contacté le responsable de la communication dont j’ai oublié le nom (probablement Gérald Meyrignac à l’époque, ndlr). On avait déjà la chanson, il est venu en répétition écouter. Il était chaud.
J’ai contacté ma boite de l’époque, la Samse, qui était un partenaire du club et qui a financé le pressage du cd et le design de la jaquette alors que le club a financé l’enregistrement.
La chanson a été présentée le jour de l’inauguration du stade. C’est l’année de la « remontada » contre Troyes donc on monte en Ligue 1 cette saison là. Elle était jouée tous les soirs de match, avec un super montage vidéo, et ça a continué en Ligue 1. Et on avait pu jouer, en play back, un soir de match contre Rennes.

Quel(s) retour(s) vous aviez pu avoir sur cette chanson ?

On savait que c’était un risque. Déjà au niveau du monde de la culture où ce n’est en général pas extrêmement bien vu de dire qu’on aime le foot. Mais ça on s’en foutait vu qu’on était déjà pas bien vu à Grenoble, ça ne pouvait pas être pire (rires). Après au niveau des supporters c’était mitigé. J’étais pas mal sur le forum des supporters du GF38 à l’époque qui a disparu maintenant. Et quand on l’a présenté c’était 50-50. On a aussi eu la théorique « complotiste », on nous avait demandé ce qu’on en tirait de ça.
On s’était dit à l’époque que ce serait bien qu’il y en ait d’autres – il y a eu deux autres morceaux d’ailleurs – pour pouvoir faire une compilation des morceaux en l’honneur du GF.

Vous avez pu avoir des échos internes, de joueurs par exemple ?

Des joueurs et du club en lui-même on n’a pas eu de retour, non. J’aurais bien aimé savoir ce qu’ils avaient pu en penser.
On avait en revanche rencontré les supporters. Cela nous intéressait d’avoir leur ressenti, vu que c’était «leur » club aussi. Surtout que cette chanson elle est arrivée sans que personne ne soit consulté. Il n’y a pas eu de sondage. Cela était imposé par le club. Cela a pu être mal perçu, d’autant que c’était présenté comme un hymne. Nous à la base on ne l’avait pas imaginé comme un hymne du club, on souhait simplement faire une chanson en l’honneur du club. Un hymne il faut que ce soit adopté par tout le monde, tu ne peux pas l’imposer.

Vous avez eu l’occasion de retourner au stade pour voir des matchs en mode supporter ?

Personnellement j’avais emmené mes gamins face à Sannois Saint-Gratien, qu’on perd 3-2 à domicile (dernière journée du National, ndlr). L’ambiance stade me manque un peu mais avec la vie de famille c’est compliqué.

Est-ce qu’on vous reverra au Stade des Alpes sur la pelouse pour les 15 ans et la prochaine montée en Ligue 1 ?

Si on nous invite ça sera avec plaisir (rires) ! Ca serait beau que la montée se fasse cette année !

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