Après GF38 – Paris FC (0-4) : les raisons d’un naufrage

Après GF38 – Paris FC (0-4) : les raisons d’un naufrage


Le GF38 a totalement manqué son entame de saison en s’inclinant très lourdement face au Paris FC (0-4) ce samedi 24 juillet 2021, au stade Jean Laville de Gueugnon qui accueillait cette rencontre délocalisée. Décryptons ce naufrage de Grenoble.

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Un effectif décimé

Le club alpin ne peut pas uniquement se cacher derrière cet argument vu le caractère indigeste de sa prestation. Mais au moment d’évoquer les raisons de cette lourde défaite, impossible de passer outre le nombre d’absences avec lesquelles a dû composer Maurizio Jacobacci.

Au coup d’envoi de la rencontre, le technicien italien devait ainsi se passer de : Charles Pickel (blessé), Giorgi Kokhreidze (l’Arlésienne), Florian Michel (appendicite), Yoric Ravet (suspendu), Mamadou Diallo (blessé), Terell Ondaan (paternité). Six éléments auxquels il faut rajouter la présence sur le banc au coup d’envoi d’Adrien Monfray, papa un peu plus tôt dans la semaine ainsi que les blessures en cours de match de Bart Straalman (luxation épaule), Jordy Gaspar (sorti mi-temps pour une gêne), Manu Perez (claquage) et David Henen (ischios, qui a joué blessé pour permettre à son équipe de finir à 11)

La préparation en cause

On ne peut évidemment pas mettre les absences pour cause de suspension ou d’appendicite dans le lot mais autant de blessés, avec beaucoup de blessures musculaires, à ce stade de la saison interpelle forcément. La saison dernière a été éprouvante avec un rythme parfois effréné à cause du COVID (qui a par ailleurs frappé la plupart des joueurs à un moment ou à un autre).

En participant aux barrages, le GF38 s’est en plus rajouté un peu de rab. Les vacances ont été plus courtes et la préparation moins longue puisque les footballeurs grenoblois ont tout de même repris quelques jours après les autres équipes.

Malgré ces éléments, Jabocacci a importé ses méthodes de Suisse avec énormément d’intensité et de courses demandées à ses joueurs. En match bien sûr, mais aussi lors des séances d’entraînement tout au long de la préparation. Une grosse nouveauté par rapport à ce que l’on pouvait voir lors des précédentes saisons. Peut-être pas une mauvaise idée pour permettre d’augmenter le niveau de performance des joueurs sur le moyen terme. L’avenir le dira. Mais sur le court terme, ne peut-on y voir un facteur explicatif de la multiplicité des pépins physiques, notamment auprès de joueurs déjà blessés l’an dernier ?

Des organismes fatigués sont fragilisés et plus ouverts aux blessures. Est-ce que les efforts demandés aux joueurs au cours du dernier mois n’ont pas été suffisamment dosés et progressifs ? Physiquement, Grenoble a en tout cas été dans le dur lors de ce premier match

Une animation offensive inexistante

Si les Dauphinois ont beaucoup travaillé lors de la préparation, ce fut quasi systématiquement dans une optique défensive. Le nouveau technicien italien de l’équipe a beaucoup insisté sur le travail en bloc à la récupération, sur la nécessité du replacement défensif.
L’animation offensive ? Rien.

On avait déjà eu une petite illustration des difficultés offensives des Grenoblois lors des matchs amicaux. Face au Paris FC, ce fut pire. Seulement deux frappes, non cadrées toutes les deux, 6 centres (dont 5 pour le seul Belmonte), quasi aucune situation, projection, débordement. Le néant.

Tout ce qui fonctionnait plutôt bien, notamment de la part des joueurs de couloir (défensifs ou offensifs) a été oublié. On a peu vu les latéraux monter, quant aux ailiers, en caricaturant à peine, il leur fallait dribbler 5 joueurs et remonter sur 60 mètres pour avoir une chance d’être en position favorable. Quant au pauvre Anani, il a dû batailler pendant 90 minutes avec de longs ballons peu exploitables.

On n’a pas vu que des masterclass du GF38 au cours des dernières saisons, mais ce vide total d’ambitions offensives fut exceptionnel. Et si les joueurs ont forcément leur part de responsabilité, difficile pour eux de s’exprimer dans un schéma aussi restrictif.

Un mercato raté

En tout cas au 24 juillet. On s’explique. Premièrement les partants n’ont pas été remplacés. Qui est le leader technique venu suppléer le dépositaire du jeu alpin Jessy Benet ? Qui est le remplaçant de Moussa Djitté ? Semedo et Kristinsson peuvent être compensés par la profondeur de l’effectif isérois. Sauf que compte-tenu de toutes les blessures, cette profondeur n’existe pas aujourd’hui. D’où la titularisation du jeune Labyad, prometteur mais pas prêt pour de la Ligue 2, ou d’Anani, qui a finalement été un des meilleurs de son équipe mais qui n’avait pas joué une seule seconde de toute la préparation.

Nous avions fait un article sur l’intérêt et les risques d’un recrutement « jeune » et inexpérimenté avant le match. La prestation face au Paris FC nous a conforté qu’il faudrait être patient et essayer de mettre les jeunes recrues dans de bonnes conditions. Contre le PFC Marchand a montré ses limites avec un peu plus d’agressivité en face que lors de la prépa’. Boissy a été fantomatique en seconde période (11 ballons touchés, 7 perdus, 0 duel gagné, 0 frappe, 0 centre). Seul Bunjaku s’en est à peu près tiré, et encore sans être flamboyant non plus. On ne va pas leur jeter la pierre ni les enterrer. Juste rappeler l’importance du temps pour ce genre d’éléments. Reste à savoir si le GF38 peut se permettre de leur en donner…

D’autres joueurs devraient arriver, on les espère plus expérimentés et connaisseurs de la Ligue 2.

Yannick Marchand GF38

Un coaching étonnant

Peut-être que Maurizio Jacobacci se pensait encore en préparation ? Après quelques minutes en seconde période, les cinq changements grenoblois étaient déjà effectués. Certains étaient obligatoires (Straalman, Perez, Gaspar, blessés). On comprend aussi que le coach ait été déçu par les prestations de Marchand et Labyad mais ne pas conserver au moins un joker, alors qu’on a déjà la possibilité de faire cinq changements désormais, relève de l’inconscience.

Henen a dû jouer plus d’une demi-heure sur une jambe et a sans doute aggravé sa blessure en se sacrifiant ainsi. Anani a dû jouer une heure alors qu’il n’avait plus disputé un match depuis les barrages, prenant lui aussi par conséquent des risques.

Boissy de toute évidence n’est absolument pas fait pour jouer sur un côté vu sa prestation contre le PFC. L’option Abdallah (avec montée d’un cran de Mombris par exemple) aurait également pu avoir plus de sens, en gardant le Sénégalais en stock pour faire souffler Anani.
La gestion de l’effectif a été surprenante pour cette première journée, au-delà bien évidemment de toutes les absences à prendre en compte.

Une « solidarité » oubliée ?

C’est un argument un peu plus subjectif. Ce qui faisait la force de cette équipe… et bien c’était l’équipe justement. Le groupe. Ce goût des autres qui poussait à faire les petits efforts pour le coéquipier. Les petits efforts pour conserver ou aller chercher un résultat. Des premières périodes difficiles, des temps faibles, Grenoble en a connu l’an passé. Mais on n’avait jamais assisté à un tel sentiment d’abandon collectif.

Les « olé » des supporters parisiens ont fait mal. Parce qu’ils reflétaient une réalité. Travailler uniquement sur l’aspect défensif pour finalement autant voler en éclats – sans la presta’ de Maubleu la note aurait pu être plus lourde – pourrait presque prêter à sourire.
Mais l’atmosphère nous semble lourde, parfois tendue entre les joueurs. Le fameux « le groupe vit bien » qui résonnait comme une évidence il y a quelques semaines, semble avoir perdu de sa consistance.

Peut-être n’est-ce qu’une impression. On l’espère. Le naufrage, ce samedi, fut en revanche lui bien une réalité.

2 Comments on this Post

  1. NARBONE

    je sens que c’est toute cette saison qui va être un naufrage, ma parole…
    après avoir fait une saison comme la précédente, franchement c’est naze

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  1. […] Après GF38 – Paris FC (0-4) : les raisons d’un naufrage – il y a 10 heures […]

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