Il est sans nul doute la recrue la plus « clinquante » du mercato du GF38 jusque là avec son expérience au CSKA 1948 et près de 100 matchs de Ligue 1 disputés avec le Clermont Foot. Yohann Magnin se définit pourtant, à juste titre, comme un joueur de l’ombre, au service du collectif. Portrait.

« L’intégration se passe super bien ». Franc sourire, petit temps de réflexion avant après chaque question. Yohann Magnin est rompu à l’exercice mais on sent l’homme épanoui derrière chacune de ses réponses, lors de sa présentation à la presse. A Grenoble il arrive en terrain connu : un club à dimension humaine, un championnat qu’il connaît. Un contexte qu’il recherchait après une expérience mitigée en Bulgarie. « Je suis parti à l’étranger il y a un an pour découvrir autre chose. J’avais fait 7-8 ans entre la Ligue 1, la Ligue 2. Je ressentais le besoin avec ma femme de découvrir autre chose. », explique le milieu de terrain. « C’est une expérience qui s’est, sur le plan sportif, plutôt bien passée. Mais extra sportivement qui a été très délicate. Je n’étais pas heureux, ma femme n’était pas heureuse donc je ne me voyais pas continuer. Donc j’ai dit à mon agent que je voulais retrouver la France. »

Alors qu’un retour au Clermont Foot n’a jamais été d’actualité, l’option Grenoble s’est présentée et après quelques coups de fil, l’affaire s’est rapidement réglée. « Ce qui m’a convaincu c’est que, déjà, j’arrive dans un club sain. Par les temps qui courent, c’est important. Quand on a une base saine, on peut avoir des ambitions. C’est le projet qu’on m’a présenté : à court et moyen terme, il y allait avoir des ambitions à Grenoble, que ce qui s’est passé les 3, 4 dernières années ne reflétait pas forcément l’investissement et les ambitions du club. Je suis persuadé qu’on va construire quelque chose de bien. Il y a déjà des bonnes bases, il y a un nouveau staff, un nouveau coach qui arrive avec une expérience et des résultats qui parlent d’eux-mêmes. Le recrutement est ambitieux également. Je ne me suis en tout cas pas posé 1000 questions et avec ma famille on a foncé. »

Seuls les premiers résultats et les prochains mois de compétition révéleront si cette ambition de discours est suivie d’actes  en adéquation. Mais l’arrivée de Magnin est déjà un signal fort. Le joueur de 29 ans arrive dans un secteur en souffrance, où le staff a parfois dû bricoler l’an passé. « Je suis un milieu défensif qui a beaucoup de volume de jeu » développe le néo Grenoblois. « Je peux jouer devant la défense ou dans un double pivot. Je vais assurer la continuité du jeu, essayer de bien faire jouer mes coéquipiers. J’essaie d’être un joueur propre à la récupération techniquement. Je suis un peu un joueur de l’ombre, un joueur d’équipe et j’essaie d’être un leader, par la parole, par les actes sur le terrain, en dehors. »

Joueur de l’ombre. Une expression qui revenait souvent lors de ses années clermontoises. Un profil, une image que Yohann embrasse complètement, même s’il sait que sa carrière suscite forcément des attentes particulières de la part des supporters alpins. « On ne va pas me demander de prendre la balle, de dribbler 3 joueurs et de marquer. Ce n’est pas mon rôle. Et cela serait une erreur de ma part de me dire « j’ai joué plusieurs années en Ligue 1, je vais arriver, je vais tout faire ». Non, moi je dois juste bien faire ce que je fais. On m’a pris pour ça : tirer l’équipe vers le haut, aider les jeunes. Je vais essayer de rendre la confiance sur le terrain et en dehors du terrain. Pour l’instant, ça se passe très bien. »

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que son entraîneur Olivier Frapolli lui ait déjà confié le brassard à l’occasion de la première rencontre de préparation de la saison, face à Bourg-Péronnas. Yohann Magnin n’est pas à Grenoble pour briller. Mais son rôle, sûr comme en dehors du terrain, sera capital pour permettre à son équipe d’offrir à un peu plus d’éclat à ses supporters.

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