Le Franco-Américain Maël Corboz s’est engagé il y a quelques jours en faveur du GF38 en provenance de l’Arminia Bielefeld, club de Bundesliga 2, le deuxième échelon du football allemand. Pour mieux connaître le néo-Grenoblois, on a sollicité nos confrères du Fussball, spécialiste du football d’outre-Rhin.
Peux-tu nous présenter le parcours de Maël Corboz en Allemagne ?
« D’abord, il est arrivé à Duisburg (en 2016, ndlr) en provenance des États-Unis, parce qu’il y avait un petit lien entre une personne de son club aux États-Unis et le MSV Duisburg. Duisbourg, c’est dans l’Ouest de l’Allemange, c’est une grosse ville et un club qui a un niveau Ligue 2 en France. A l’époque, ils étaient en 3e division mais ils avaient un meilleur effectif qu’aujourd’hui. C’est un club qui a beaucoup d’ambition, beaucoup d’argent, qui a une belle histoire. La première année où il est là-bas, ils sont promus en D2 allemande, mais lui n’est pas gardé.
Il part à Wattenscheid qui est en D4 à ce moment-là. C’est un club formateur dans la Ruhr d’un niveau National, National 2 en France. Ils ont beaucoup de liens avec les gros clubs où leurs meilleurs jeunes partent et eux accueillent des joueurs qui n’ont pas réussi leur parcours formateur o qui n’ont pas réussi à être pro dans les clubs du coin. Cela reste quand même un club amateur.
Ensuite, il est parti aux Pays-Bas quelques saisons avant de revenir en Allemagne. Il me semble que ce n’était pas spécialement une envie mais il a eu une opportunité au SC Verl. Ce club c’est une anomalie. C’est difficile à comparer mais c’est comme si en France Paris 13 Atlético allait en Ligue 2. Pour moi, il y a toujours une différence entre les niveaux français et allemand. Donc je vais toujours te dire que, par exemple, la D2 allemande, ça équivaut à la Ligue 1, et je le pense sincèrement. La 3e division équivaut vraiment à la L2 française, avec les stades, des infrastructures, la gestion du championnat…. Donc Verl en D3, c’est comme une anomalie. C’est un petit club mais qui fait quand même des belles choses depuis quelques saisons, qui a même failli monter encore en D2 allemande la saison dernière.
Une fois là-bas, il devient capitaine. Quand il jouait à Verl, il habitait déjà à Bielefeld. Quand il rejoint l’Arminia on lui dit qu’avec le départ de Fabian Close, le capitaine emblématique, qu’il fera partie des postulants pour le brassard et au final il devient capitaine presque tout de suite je crois. Son histoire avec Bielefeld est déjà plus connue puisqu’ils font finale de la coupe d’Allemagne contre Stuttgart alors qu’ils sont encore en D3, après un parcours exceptionnel où ils battent l’Union Berlin ou encore le Bayern Leverkusen en demi-finale. Vraiment un parcours de fou. Ils sont promus en D2 la même saison, avec une course à la montée incroyable face à Dresden pour être champion. Et puis là il fait une belle une belle saison en D2 allemande avec son club qui se maintient. »
Est-ce que tu peux nous présenter le profil du joueur ?
« Il a une très bonne vision du jeu, c’est un métronome. C’est un meneur d’hommes, il n’est pas discret du tout. Sur le terrain, tu le vois un peu partout même s’il est plus porté sur la défense que sur l’attaque. Mais quand il y a des phases offensives, il est capable d’apporter du soutien quand même. Techniquement, ce n’est pas le meilleur, il ne faut pas s’attendre à des dribbles ou des crochets, ce n’est pas du tout son profil. Lui il est plus dans la gestion du match. Il va servir à stabiliser l’équipe plutôt que d’apporter ce petit plus qui va permettre de marquer un but . »
Son arrivée à Grenoble en Ligue 2 est une surprise pour toi ?
« Oui et non, dans la mesure où évidemment c’est une surprise pour moi qu’il ait signé à Grenoble parce que je ne le voyais pas du tout signer là-bas. Je le voyais signer peut-être au Paris FC parce que le Paris FC regarde beaucoup en Allemagne mais je pense qu’il y a quand même un gap entre la Ligue 1 et le niveau de Maël Corboz, même si je le pensais vraiment capable de jouer la rotation dans cette équipe du PFC. Ou alors signer en Ligue 2 dans un club comme Metz. Mais finalement il y a une logique derrière ça dans la mesure où son père a joué pour un club de Grenoble dans le passé, que sa sœur joue à Saint-Étienne.
Il a toujours rêvé de jouer en France. En fait, il a deux rêves : jouer en Bundesliga et jouer en France. Jouer en Bundesliga, peut-être que ça n’arrivera jamais vu qu’il est quand même plutôt sur la fin de carrière et qu’il est parti sur ce nouveau projet. Par contre, jouer la Ligue 1 avec Grenoble… ? Je ne sais pas si c’est envisageable, tu connais mieux Grenoble que moi ! Mais imaginons une saison surprise ou si le club se structure correctement. Cela pourrait être son nouvel objectif. Il a toujours rêvé de jouer au plus haut niveau et de jouer en France pour se rapprocher de sa famille et se rapprocher fait de ses racines. Cela peut être l’occasion de réaliser les deux ? »
Et en ce qui concerne sa personnalité, tu disais que ce n’était pas quelqu’un de discret sur un terrain notamment ?
« C’est quelqu’un vraiment de très cool, très accessible. Il parle très bien français. Il est entrepreneur, c’est intéressant. J’ai fait une interview avec lui où il évoque son entreprise. Il jongle vraiment entre ses deux activités tous les jours. Il me disait que le matin, il s’entraîne, le soir, il met la veste d’entrepreneur. Ce côté-là en dit long sur sa personnalité. Ce n’est vraiment pas quelqu’un de prétentieux ou de dur. C’est une leader qui va pousser les autres. Je pense que pour Grenoble, c’est vraiment une excellente recrue sur le plan mental, sur le plan éthique et sur le plan technique. »



