Le clap de fin de la saison de Ligue 2 a été donné samedi dernier – au moins pour ce qui concerne sa phase « régulière ». Mais au GF38, on doit déjà se pencher sur la suite, avec le choix capital de qui prendra place sur le banc la saison prochaine. Après un intérim globalement réussi, Frédéric Guéguen coche de nombreuses cases. Suffisamment pour convaincre sa direction ?
Interrogé sur l’antenne d’Ici Isère samedi dernier, le directeur général du GF38 Max Marty a laissé la porte ouverte… à toutes les options ! Celle de confier l’équipe à Frédéric Guéguen, en recrutant un adjoint expérimenté pour l’accompagner. Celle de faire venir un nouvel entraîneur n°1. Mais aussi, celle de se séparer de tout le staff actuel pour le remplacer par une nouvelle équipe. Le président Stéphane Rosnoblet devra trancher après avoir étudié toutes les possibilités et reçu les candidats. Avec une reprise à la fin du mois de juin et un mercato à avancer, espérons que le process soit rapide.
Chacun aura sans doute sa vision de la meilleure option possible mais tout le monde devrait s’accorder sur une chose : peu importe le nom et le pédigré du futur entraineur, il faudra qu’on lui donner « les clés » pour réussir, que ce soit en lui donnant les profils adaptés à ce qu’il cherche, si possible avant début septembre, ou en évitant de chambouler l’effectif tous les cinq mois. L’entraîneur devra être au coeur du projet grenoblois. Un projet clair, avec un cap défini et un objectif un peu plus ambitieux que « le maintien ». Le GF38 doit plaire. Cela passera par des résultats, forcément, mais pas que.
Frédéric Guéguen, l’entraîneur de la situation ?
De nombreux critères vont sans doute être pris en compte dans le processus décisionnel. Et les candidats ne devraient pas manquer. Parmi eux, Frédéric Guéguen, qui a reconnu lors de la dernière conf’ de presse de la saison que le poste l’intéressait et qu’il allait rencontrer son président. Le technicien, s’il manque forcément d’expérience en tant que n°1 malgré ses nombreux intérims, coche toutefois pas mal de cases.
Déjà, en intégrant la promotion du BEPF la saison prochaine, il ne sera pas sanctionné d’une amende pour chaque match sur le banc (12 500€ en Ligue 2), ce qui constituait plus qu’un frein jusque là. Le BEPF justement l’obligera à s’éloigner de Grenoble à plusieurs reprises dans la saison (13 sessions dont la petite moitié à Clairefontaine et un stage à l’étranger). C’est embêtant, certes, mais chaque année des entraineurs font avec. L’entente avec le reste du staff, qui serait de toute façon renforcé par l’arrivée d’un nouvel adjoint, facilitera aussi ses absences.
Partons d’un constat simple : si on fait confiance, à Grenoble, à Frédéric Guéguen pour gérer des situations compliquées en jouant les pompiers de service, il n’y a aucune raison qu’on ne lui fasse pas également confiance pour démarrer une saison. Il connait le contexte et surtout ses limites. Il connait le groupe, ses qualités et ses besoins. S’il n’a pas fait bien mieux que Franck Rizzetto au niveau des résultats et du jeu en cette fin de championnat, il a rempli l’objectif de maintien et la célébration après le but de la victoire à Dunkerque des joueurs avec tout le staff montre que le groupe a pleinement adhérer aux discours et à l’humain.
Il semble aussi particulièrement s’intégrer dans ce qu’on pourrait appeler le contexte « extra-sportif ». Ancien joueur au GF38, dans le staff depuis de nombreux saisons, il connait les attentes des supporters. « Créer du lien« , « donner de l’émotion« , la définition d’un ADN « laborieux« , dans le bon sens du terme, de Grenoble sont des éléments qui apparaissent souvent dans son discours. Certes des paroles aux actes il y a un immense pas à franchir, mais c’est une première étape d’être conscient de ces besoins secondaires mais néanmoins essentiels pour ramener du monde derrière l’équipe et au stade.
Max Marty a évoqué dans la presse locale la possibilité de mettre de côté tout le staff actuel comme une des options étudiées. Si les entraineurs se succèdent ces dernières saisons, le reste du staff survit lui aux échecs. Il pourrait donc tout à fait légitimement être lui aussi remis en question par sa direction. Ou en tout cas que cela soit un élément de réflexion. La situation actuelle lui offre la possibilité d’avoir les clés du camion, dès l’avant-saison et donc de piloter le projet. Cela nous semblerait dommage qu’il ne puisse pas faire ses preuves dans ce contexte là, en assumant en revanche pleinement la responsabilité derrière, d’une réussite comme d’un échec. Surtout que le système d’un entraîneur principal qui arrive seul depuis le départ du tandem Hinschberger – De Percin n’a clairement pas été une réussite jusque là.
Nos lecteurs ont la parole
Nous avons également demandé sur X votre avis sur la question. Des avis qui ont au final été très partagés – merci encore aux quelques-uns qui ont pris la peine d’argumenter.
Pour Nicolas, qui admet toutefois que la question pourrait se poser pour n’importe quel entraîneur « il connaît le club et ses limites structurelles. Il en a clairement envie. Il communique bien […] Mais à un moment où le club doit faire évoluer son logiciel, repenser sa politique globale, est-il en capacité d’évoluer et de faire évoluer le GF ?« .
Alexis y voit lui « un choix plutôt logique à moindre coup » et souhaite voir FG avoir sa chance, même si faire de l’intérim de temps en temps et un poste sur du plus long terme ne sont pas du tout la même chose.
Pour Noah, « il faut un chef d’orchestre, un meneur pour guider le GF38 vers la lumière. Malheureusement, Guéguen n’a pas d’expérience et n’est pas reconnu pour sa tactique. » Thomas pointe également le manque d’expérience de son côté : « on ne peut pas repartir avec un débutant au poste de coach principal » et, comme Pep, il parle d’un besoin de « renouveau«
Finalement Yannick résume peut être le mieux la situation avec son « oui et non« . Le choix est compliqué et il sera sans doute difficile à Stéphane Rosnoblet de trancher facilement entre les différentes options qu’il aura sous la main.



