Après la victoire de son équipe face à l’Olympique de Valence, Marama Vahirua s’est exprimé longuement à notre micro. L’occasion pour lui de revenir sur les récentes performances de ses joueurs, l’apport des éléments du groupe professionnel ou encore la jeunesse de son effectif.
Après le revers contre la réserve d’Annecy la semaine passée, j’imagine que cette victoire fait du bien, aussi bien sur le plan comptable que mental ?
« Comme je l’ai dit aux garçons avant la rencontre, maintenant on va jouer des matchs de coupe. À domicile, on se doit d’être intraitables et de prendre un maximum de points, peu importe la manière, parce qu’un maintien se joue beaucoup au mental. Faire jouer des jeunes, c’est bien, mais à un moment donné il ne faut pas non plus se mettre en danger et, avec le club, on l’a bien senti. Le projet sportif, c’est aussi de se maintenir en R1, voire beaucoup plus dans un second temps. Le club a fait l’effort : tous les dirigeants étaient encore présents ce soir pour nous soutenir et ça a donné un peu de boost aux jeunes. »
Ce samedi, les descentes du groupe professionnel ont apporté une réelle plus-value. Cela n’a pas toujours été le cas cette saison, mais c’est l’un des motifs de satisfaction de la soirée ?
« Quand les joueurs du groupe professionnel descendent avec nous, je leur dis qu’on a un objectif : le maintien. Tant que ce sera comme ça, j’ai envie de dire que notre objectif, chaque saison, sera d’abord le maintien. C’est sûr que cela n’a pas toujours été le cas. C’est compliqué parce que j’étais à leur place il n’y a pas si longtemps que ça et quand on te dit que le projet c’est le maintien en R1, ce n’est pas évident. Donc là franchement, félicitations et bravo à eux, et merci parce que depuis quelque temps ils jouent le jeu. Cela n’a pas été récompensé à Annecy, où l’on méritait mieux, mais on perd finalement sur des erreurs individuelles et on ne ramène aucun point. Le match d’avant, on doit gagner contre Saint-Cyr et on fait match nul. Enfin ce soir, ça a tourné et, comme je l’avais dit, aujourd’hui le maintien se joue au mental. »
Cette équipe grenobloise est surprenante car elle est capable du meilleur, comme lors du succès contre le leader (Crest-Aouste, 1-0) ou face à Valence, mais aussi du pire avec la lourde défaite à Chavanay (8-1). Comment l’analyses-tu ?
« Chavanay, c’est une équipe qui a pris six points face à nous cette saison, elle nous a vraiment bousculés. C’est le style d’équipe qui fait mal à une équipe de jeunes : tactiquement et techniquement, ce sont le genre d’écuries qui nous posent des problèmes. Mais cela fait aussi partie de notre apprentissage que d’affronter des adversaires comme cela »
Ce soir encore, Maxime Pattier a réalisé une belle prestation avec plusieurs arrêts décisifs dans le dernier quart d’heure. Quel regard portes-tu sur son apport ?
« Si on veut être costaud, il nous faut un bon attaquant, un bon milieu, un bon défenseur et un bon gardien. Et ce soir, on l’a eu. Mais c’est loin d’être la première fois cette saison. Maxime Pattier nous fait énormément de bien. Ce que j’aime chez lui, c’est avant tout son côté humain : quand il vient, il nous respecte. C’est un top mec, c’est un professionnel. Ce n’est pas toujours facile pour lui parce qu’il se retrouve souvent seul face à l’attaquant, et ce soir encore il a fait le travail. »
D’autant qu’il est également précieux dans le leadership. C’est ce que tu attends d’un capitaine comme lui dans un groupe aussi jeune ?
« C’est bien d’avoir un mec comme Maxime dans l’équipe, un joueur d’expérience qui aide les jeunes. Parce que nos jeunes n’ont justement pas d’expérience et sortent pour la plupart du championnat U18 ou U17. Ce n’est pas évident de jouer contre des hommes de 25 ou 26 ans alors que nous avons une moyenne d’âge de 19 ans : ce sont encore des bébés. On a besoin des professionnels, on a besoin d’expérience, parce qu’à cet âge-là c’est souvent le mental qui fait la différence. Il y a l’émotion, le fait d’être parfois submergé. Ils sont capables de tout faire, mais en ce moment ils ont un peu peur de mal faire. Forcément, les joueurs qui descendent les guident et apportent de la sérénité. »
Cette sérénité est également visible avec Allan Tchapchet, qui a disputé son deuxième match après celui contre Saint-Cyr. Quel est son rôle quand il redescend jouer avec la réserve ?
« C’est le frère, c’est le tonton quand il arrive. C’est sûr qu’il fait beaucoup de bien à ma défense, qui est jeune. Quand il est là, même s’il n’a pas forcément envie, ça fait du bien. Je sens que les joueurs qui jouent à côté de lui se subliment. Quand tu as un mec comme Allan Tchapchet à côté de toi, tu es tranquille, et c’est ça aussi l’apprentissage. Quand des professionnels descendent, ils doivent aussi jouer ce rôle de grand frère et montrer l’exemple. En ce moment, ceux qui descendent jouent le jeu et montrent l’exemple, même si son objectif est bien évidemment de rejouer en Ligue 2 et non de rester avec nous »



[…] Marama Vahirua n’a cessé de le marteler depuis plusieurs mois : « Notre projet sportif, c’est le maintien en R1 ». Si cela peut paraître surprenant pour la réserve d’un club évoluant en Ligue 2, cet objectif est avant tout celui d’un groupe en manque d’expérience : « Nos joueurs sortent pour la plupart du championnat U18 ou U17. Ce n’est pas évident de jouer contre des hommes de 25 ou 26 ans alors que nous avons une moyenne d’âge de 19 ans : ce sont encore des bébés », confiait l’entraîneur tahitien à ce sujet. Pourtant, la dynamique des dernières semaines correspond davantage à celle d’une écurie du haut de tableau qu’à celle d’une équipe luttant pour sa survie au niveau régional. Avec trois victoires (Valence, Villefranche Beaujolais II et Misérieux-Trévoux) et un match nul (Chambéry) lors des quatre dernières journées, les Grenoblois se sont offert une belle bouffée d’oxygène au classement. Et cela notamment grâce au dernier succès en date face à Misérieux-Trévoux, une formation concurrente pour le maintien. […]