Après cinq journées de Ligue 2, le GF38 compte déjà 10 points, soit un de plus que la saison passée dont l’entame avait déjà été satisfaisante d’un point de vue comptable. Une réussite basée sur une attaque en feu avec déjà 10 buts inscrits contre seulement… 3 l’an passé à même époque. Décryptage.
Une réussite nourrie à la confiance
Il y a des images que ne trompent pas. Voir Pape Meissa Ba tomber dans les bras de son entraîneur après son 5ème but de la saison n’est pas anodin. La réussite sportive du GF38 se construit sur de l’humain. Oswald Tanchot a pris son temps cet été pour tisser des liens individuels avec ces joueurs, comprendre comment ils fonctionnaient, comment les relancer. Et ça marche ! Eddy Sylvestre l’avait clairement exprimé en conf’ de presse, d’autres le font plus discrètement micro éteint : l’entraîneur du GF38 est extrêmement apprécié en interne car s’il sait se montrer parfois dur, il est rapidement devenu proche de son groupe en se montrant à l’écoute et avec une approche constructive.
On aurait tort de penser que cela n’a pas d’impact sur une réussite offensive tant la frontière est parfois mince entre une frappe qui meurt quelques centimètres d’une cage et celle qui fait trembler les filets. Confiance est aussi synonyme d’oser, et c’est parfois ce qui a manqué aux attaquants alpins qui tergiversaient trop et manquaient de conviction. A un Kérouédan près, il est intéressant de noter que l’animation offensive repose sur des joueurs déjà là la saison dernière.
Attention, tout est loin d’être parfait dans ce domaine et il faudra encore beaucoup travailler. Mais force est de constater que le plaisir est à nouveau là.
Le mouvement perpétuel
Bercé à l’école nantaise, Oswald Tanchot parle beaucoup de « mouvement » depuis son arrivée. D’une équipe qui bouge ensemble. Dans les phases avec ballon bien sûr, mais, et c’est peut être le coeur de son projet, dans les phases sans. Les Isérois mettent ainsi beaucoup d’énergie dans la récupération du cuir dès sa perte – voir sortir Mbemba avec un début de crampe face à Caen est l’illustration du caractère énergivore de ce qui leur est demandé.
Un mouvement qui ne peut s’épanouir que dans une dimension collective : on bouge ensemble sur les phases de pressing pour ne pas se faire « sauter » trop facilement puis on coordonne ses courses une fois le ballon récupéré pour offrir plusieurs solutions au porteur de balle et créer des espaces dans les blocs adverses.
Là encore tout est loin d’être parfait, à l’image de la première période au Vélodrome ce vendredi pour le moins poussive. Mais par séquence – et surtout des séquences qui ont tendance à se multiplier au fil des matchs – tout le travail effectué depuis juillet porte ses fruits. La réalisation concrète des séances de la semaine et la démonstration que les efforts fournis ne sont pas vains ne peuvent être que motivantes pour continuer à travailler.
Une attaque, mais pas que des attaquants
Si Pape Meissa Ba (5 buts) et à un degré moindre Lenny Joseph (2 buts) « popent » déjà dans le classement des buteurs – et trône même en son sommet pour l’ancien du Red Star, il serait limitatif de considérer que l’attaque du GF38 brille uniquement grâce à ses attaquants, ce qui était le plus souvent le cas ces dernières années. Déjà parce que Théo Valls existe, avec deux passes décisives, plusieurs passes clés délivrées et grosses occasions crées et, au-delà de sa vista, un énorme volume de jeu. Le milieu de terrain rayonne dans le système d’Oswald Tanchot. Et on attend la montée en puissance d’un Benet davantage cantonné au banc pour le moment après une préparation compliquée par quelques pépins physiques.
La réussite offensive du moment repose en outre sur l’intégralité du collectif. Le troisième but face à Caen part d’une bonne relance de Mamadou Diop. Le premier but en pro’ de Gaëtan Paquiez résulte d’un système mis en place à l’entraînement. L’ouverture du score à Martigues n’aurait pas eu lieu sans un ballon récupéré avec la bonne dose d’agressivité par Allan Tchaptchet. Et ainsi de suite.
Conclusion
Là encore tout n’est logiquement pas huilé après 5 journées mais on sent plus que des prémices de ce que l’entraîneur alpin veut mettre en place. En résumé il n’y a pas lieu de s’enflammer, la réussite des Grenoblois est parfois maximale et sans un bon Diop les scenarii des matchs auraient pu être différents. On peut en revanche s’enthousiasmer devant les belles promesses affichées en attendant les confirmations. Au pluriel quand dans cette Ligue 2 on sait que les remises en question doivent être permanentes. Mais en cette fin d’été on ne croit pas se tromper en disant que le public grenoblois a pris beaucoup de plaisir lui aussi. Et elle est là la principale réussite du moment.



