Passion, partage et convivialité – Retour sur l’histoire d’un tifo

Passion, partage et convivialité – Retour sur l’histoire d’un tifo

Si les joueurs du Grenoble Foot 38 régalent sur les pelouses en cette deuxième partie de saison, leurs supporters s’assurent eux d’animer les tribunes. Six années de niveau amateur (CFA2/CFA2) n’ont pas réduit leur ferveur. Ils étaient ainsi près de 6000 samedi dernier au Stade des Alpes. Nous sommes allés à la rencontre du Red Kaos 94 avant la réception d’Annecy. L’occasion de parler, avec Francky et Jérémy, deux représentants du groupe ultra grenoblois, du tifo déployé lors de la rencontre.




Samedi matin, 9 heures, Stade des Alpes. L’horaire peut sembler précoce mais les supporters grenoblois ont finalement l’habitude d’être matinal lorsqu’ils suivent leur équipe en déplacement. La petite trentaine de RK présents est d’ailleurs alerte et motivée pour mettre en place le tifo qui sera déployé le soir même en ouverture du match GF38 – Annecy.

La touche finale d’un projet démarré fin novembre dernier et développé autour de valeurs chères au groupe : passion, partage et convivialité.

Francky et Jérémy nous donnent plus de détails. « Pour être précis, sur cette animation, on a commencé le 29 novembre. Cela a ensuite était un enchaînement de plusieurs journées. Le premier travail a été d’assembler le fond de la voile, toutes les parties bleues et blanches. Cela nous a pris en gros deux à trois semaines. Ensuite, on a travaillé sur le tracé du lettrage puis on a fait une dernière grosse journée, pour laquelle on a loué le gymnase de Noyarey pour pouvoir détendre la voile sur le terrain et remplir les lettres. Le tifo a été fini le 11 février. »

La mobilisation a été au rendez-vous. La journée à Noyarey a ainsi regroupé une soixantaine de membres et ils ont été encore plus nombreux à apporter leur pierre à l’édifice tout au long du projet. Pour le groupe, c’est là que se situe la vraie réussite de l’opération. « Le rendu est secondaire. Si le résultat est top, on est évidemment content mais sur ce genre de projet abouti c’est « rassembler » qui nous intéresse. C’est surtout un moment de partage, de convivialité. On passe des heures à scotcher des bandes donc on discute en même temps. Cela permet aussi de mêler anciens et plus jeunes sur un projet commun. D’être une soixantaine, sur un moment comme ça, c’est même quelque chose d’assez exceptionnel dans l’histoire du groupe. »

Les messages qui accompagnent en général les tifos sont également décidés de façon collégiale. « On se retrouve souvent le dimanche, après un match à domicile. Cela peut aussi se faire de manière plus informelle, autour d’un verre. Chacun apporte ses idées, on en discute. Les messages peuvent être généraux, comme c’est le cas ce samedi, ou on peut les adapter au contexte sportif. Pour les couleurs, on essaye de mettre un petit côté identité régionale. Cela peut être bleu et blanc, les couleurs du club qui sont aussi les couleurs du groupe, mais on peut aussi faire sortir parfois les couleurs du Dauphiné. »

Le RK créée une bonne demi-douzaine de tifos par an, tous autofinancés (n’hésitez pas à les contacter si vous avez des bons plans pour du matériel – tissu, bande de plastique…). « En général on les garde mais c’est très rare qu’on en réutilise un ; quand vient le moment de réfléchir au prochain tifo on a envie de repartir sur un nouveau processus créatif. Le prochain est déjà calé : ce sera pour Le Puy et il sera beaucoup plus participatif. Sur les fins de saison on aime encore davantage impliquer tout le public du Stade des Alpes. On dit aux gens de venir un peu plus tôt au stade avec des confettis, des drapeaux, des choses aux couleurs du club. Tout le monde joue bien le jeu en général, c’est peut-être même plus facile d’impliquer les gens avec ce côté très visuel d’un tifo, qui va parler à tout le monde. »

« 12ème homme » le kop grenoblois l’est assurément. Joueurs et staff évoquent depuis des années l’importance de ces fidèles qui avalent les kilomètres et ne ménagent pas leurs cordes vocales pour les encourager. Ce type d’opération rappelle également que leur investissement sort largement du cadre du « stade ».
Une passion que vous êtes tous invités à partager le samedi 13 mai prochain. En tribunes aussi on sait qu’il faut jouer collectif pour gagner.

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