#Mercato – GF38 : toujours un coup d’avance

#Mercato – GF38 : toujours un coup d’avance

Leur début de saison en demi-teinte (pour ceux qui ont joué) n’a pas freiné les espoirs placés sur les recrues estivales « exotiques » du GF38. Des arrivées qui peuvent paraître surprenantes mais qui s’inscrivent dans une stratégie assumée et mise en place en amont par le club de Ligue 2. A défaut de pétrole, Grenoble a des idées.

On peut diviser le mercato estival isérois en deux principales catégories : des joueurs français expérimentés et rompus aux joutes de la Ligue 2 (Nestor, Tinhan, Monfray, Raspentino), des jeunes joueurs étrangers inconnus du grand public (Djitté, Pickel, Kristinsson, Ondaan).
Le travail de prospection est plus intense et le pari, a priori, plus risqué pour cette dernière catégorie. Mais pour le GF38, qui ne dispose pas des mêmes moyens financiers que les grosses écuries de Ligue 2, le recrutement passe aujourd’hui nécessairement par là. « On doit se montrer plus ingénieux, plus travailleur et anticiper pour trouver les oiseaux rares, susceptibles de rentrer dans son projet sportif. », explique ainsi Max Mary

Grenoble a notamment flairé le bon filon en recrutant à moindre coût en Eredivisie et Eerste Divisie cet été. Un nouveau terrain de prospection privilégié. Après y avoir recruté, avec réussite, Ryan Sanusi l’an dernier, le jeune attaquant islandais Kristofer Kristinsson (Willem II, Eredivisie) et l’ailier Terell Ondaan (Telstar, Eerste Divisie et déjà 2 passes décisives à Guingamp) sont arrivés cet été dans les Alpes. Bart Straalman (De Graafschap, Eredivisie) et Mitchell Te Vrede (NAC Breda, Eredivisie) ont également été sondés.

Pour y dénicher des talents, Grenoble s’appuie sur son réseau et sur une forte anticipation. « On a des agents, des anciens joueurs, des gens sur place qui nous font remonter des noms. Les bases Instat / Whyscout permettent également de connaître les joueurs qui arrivent en fin de contrat et d’affiner nos recherches sur des critères précis, développe le manager général du club grenoblois, qui s’est également souvent déplacé ces dernières saisons, parfois en compagnie de son président.
On a eu la chance de se maintenir très vite et de savoir rapidement quels joueurs allaient nous quitter. Cela nous a donné une vision précise des profils à recruter. Quand on a pris Ryan, on a regardé des joueurs pour cette saison. Là, on a commencé à regarder pour les un ou deux ans qui viennent, selon ce qui va s’ouvrir. »

La Hollande, le pays bas salaire

Max Marty se refuse pour autant à parler de filière. « Les Pays-Bas sont un territoire à explorer, comme l’Islande, la Finlande… Mais c’est vrai qu’il propose certains avantages. »

A commencer par l’avantage financier. « Le rapport qualité-prix n’est pas comparable, acquiesce Marty. Il y a très peu de droits télé donc une fois que l’on enlève les 2-3 gros clubs, et vu la qualité de la formation hollandaise, on s’aperçoit qu’il y a de très bonnes formations et des joueurs de qualité à un prix abordable pour de la Ligue 2 française. »
L’attaquant Mitchell Te Vrede, 10 buts en élite néerlandaise, émargeait ainsi cette année à 266 000€ à Breda quand le top 20 des joueurs les mieux payés de Ligue 2 était à 300 000€ ou plus. Le transfert de Terell Ondaan a coûté à Grenoble aux alentours des 200 000 euros. Loin des sommes qui peuvent animer le mercato Ligue 2.

La réflexion est en outre allée au-delà de la simple évaluation de joueurs. « Le GF38 veut s’inspirer de ce qui se fait ailleurs. Avec le président on est allé cette année aussi pour les centres d’entraînement et de formation parce qu’avec des budgets raisonnables ils construisent des bâtiments très fonctionnels. Il faut arrêter de penser qu’en France on a tout inventé. Donc aller voir ailleurs comment ça se passe et mélanger un peu les deux façons de voir les choses ça nous a semblé intéressant. »

Et finalement c’est… la femme de Max Marty qui montre le plus de bon sens sur le mercato grenoblois. « Quand elle me voit arriver satisfait du recrutement que l’on a pu faire elle me rappelle que chez les autres clubs aussi on peut travailler bien et que notre degré de réussite reste forcément dépendant du leur. »

Le GF38 a indéniablement beaucoup travaillé ces derniers mois. Difficile d’en voir les effets après seulement deux journées, qui ont apporté leurs lots de satisfactions et de déceptions.
Si, sur le papier, la stratégie grenobloise semble cohérente par rapport aux moyens actuels du club alpin et prometteuse vu le profil des recrues dénichées, ce n’est bien évidemment qu’au regard des résultats qu’on pourra la juger.

Leave a Comment