Le Rouge & le Noir : Grenoble a encore montré un double visage face à Valenciennes

Le Rouge & le Noir : Grenoble a encore montré un double visage face à Valenciennes

Une bonne demi-heure, 60 minutes moyennes, pour être gentil, le moyen confinant sur certaines phases au médiocre. Le GF38 a perdu hier soir et il ne méritait pas mieux. Et pourtant il n’a finalement pas manqué grand chose pour aller chercher le nul, voir mieux. Mais tout autre résultat qu’une défaite aurait masqué l’indigence de la prestation iséroise pendant les deux tiers de la partie. Retour sur ce double visage grenoblois, un mal récurrent depuis le coup d’envoi de la saison.

Du rouge et du noir. On ne parle pas de l’indémodable (quoique…) chanson de Jeanne Mas. Ni d’aller s’amuser à la roulette sur un casino en ligne. Les footballeurs du GF38 ne peuvent pas s’en remettre au « hasard ». Leur destinée, ils l’ont empoigné à pleines mains face au VAFC et l’ont maîtrisé tout au long de la rencontre, dans les bonnes comme dans les mauvaises phases.
Ce rouge et ce noir « sorelien », ce sont les deux teintes affichées par Grenoble ce vendredi. Une passion retrouvée, très, trop tardivement. Et le deuil de toute ambition montré pendant la plus grande partie du match par des Grenoblois alors pas du tout concernés.
Philippe Hinschberger s’est demandé lors de l’après-match comment ses joueurs avaient pu montrer deux visages aussi différents au cours d’une même rencontre. Nous aussi. Mais c’est au technicien qu’il revient de trouver la réponse, d’autant que ce n’est pas une première de voir un GF38 davantage dans la ré-action que dans l’action.

Il aura des images sur lesquelles s’appuyer. Pendant 45 minutes, Grenoble a multiplié les mauvaises transmissions et les pertes de balle. C’est d’ailleurs suite à une mauvaise passe de Raspentino que Valenciennes a inscrit son deuxième but.
L’animation offensive a été proche du néant, les joueurs donnant parfois l’impression de se marcher dessus. La seule frappe alpine de ce premier acte a été l’œuvre de Pierre Gibaud, un des rares, pour ne pas dire le seul, à au moins un peu « se bouger le cul », pour utiliser l’expression employée des supporters du GF38 ce vendredi. Les stats des trois attaquants sont dramatiquement parlantes. Djitté n’a touché que 12 ballons, en a perdu 8, avec aucun tir ou action créée à son crédit et seulement 43% de passes réussies. Pour Ondaan (17 ballons, 8 perdus, aucun tir et 63% de passes réussies) et Raspentino (17 ballons, 6 gagnés pour 7 perdus, aucun tir et 63% de passes réussies) ce ne fut guère mieux.
Défensivement les protégés d’Hinschberger ont été régulièrement mis en difficulté par les visiteurs. Bien servi par le jeune Diliberto, la paire Chergui – Guillaume s’est souvent baladé au cœur de l’arrière-garde alpine. Le 0-2 à la pause n’était finalement pas chèrement payé tant VA a dominé son hôte dans tous les compartiments du jeu. Grenoble peut d’ailleurs remercier Brice Maubleu qui ne pouvait rien sur les deux buts encaissés et qui a longtemps gardé son équipe dans le match grâce à ses duels gagnés.

Et puis le but de Benet a tout changé, a apporté ce petit supplément d’âme qui faisait jusque là cruellement défaut. Le GF38 a eu envie, enfin.
Face à la meilleure défense de Ligue 2, les Grenoblois ont apporté du mouvement, ont gagné en justesse technique, ont su créer des décalages. Michel et Semedo ont fait une bonne entrée. Ce dernier a touché 24 ballons en 30 minutes en tentant 4 fois sa chance. Le jour et la nuit. Le rouge et la noir.

Certes l’efficacité n’a pas été une fois de plus au rendez-vous – Prior se montrant décisif de son côté. Mais au moins les pensionnaires du Stade des Alpes se sont mis en position de marquer.
Grenoble n’avait tiré qu’une fois en direction du but en 1ère mi-temps ? Il l’a fait à 15 reprises lors du second acte. Benet et Djitté ont touché près de 2 fois plus de ballons lors en deuxième période Et on pourrait continuer la liste…

Ce sont presque deux équipes différentes qui se sont présentées sur la pelouse du Stade des Alpes face à Valenciennes. Et c’est sans doute ce qui reste le plus « alarmant » car en montrant pendant 30 minutes qu’il pouvait s’activer et bousculer son adversaire, le GF38 a encore moins d’excuses de ne pas l’avoir fait pendant la plus grande partie du match…

Cette absence de « passion » est difficile à digérer pour un public compréhensif quant aux moyens du club et qui peut beaucoup pardonner. Il n’a d’ailleurs pas manqué de le faire comprendre à ses joueurs. A voir si le message va être compris pendant un peu plus que 30 minutes lors de la prochaine journée…

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