Julien François (entraîneur adjoint au Gazélec Ajaccio) : « Grenoble, des années marquantes aussi bien humainement que sportivement »

Julien François (entraîneur adjoint au Gazélec Ajaccio) : « Grenoble, des années marquantes aussi bien humainement que sportivement »

Alors qu’il a récemment quitté les terrains et pris sa retraite, l’ancien grenoblois Julien François ne s’est pour autant pas trop éloigné du football puisqu’il officie aujourd’hui en tant qu’entraîneur adjoint au Gazélec Ajaccio (L2). Le GF38 croisera donc sa route ce week-end lors des 32e de finale de la coupe de France, l’occasion de se rappeler, avec le très apprécié milieu défensif, quelques souvenirs.




Julien, en tant qu’ancien grenoblois, c’est plaisant de retrouver le GF38 sur sa route ?

« Quand on a eu le tirage, on n’avait pas encore joué contre Gemenos donc je n’ai pas sauté de joie de suite. Mais après notre qualification, c’était officiel. C’est la première fois que je vais retrouver Grenoble depuis que je suis devenu entraîneur, donc c’est un vrai plaisir de les retrouver ».

Que retenez-vous de votre expérience dans la capitale des alpes (2002 à 2006) ?

« Grenoble, c’est pour moi de très bons souvenirs puisque c’est le club où j’ai fait mes débuts en tant que professionnel. J’avais joué au Gazélec en National puis j’avais signé à Metz où je n’avais pas trop joué donc Grenoble, c’est le tremplin qui a lancé ma carrière. J’y ai d’excellents souvenirs sportifs mais humains également : j’ai croisé des dirigeants et d’anciens joueurs avec lesquels je suis toujours très ami. Yann Kermorgant par exemple est le parrain de ma fille. Ça a été des années marquantes pour moi et aussi bien sportivement qu’humainement, j’ai toujours plaisir à m’en rappeler ».

Puisque Grenoble et votre club actuel, le Gazélec, se rencontrent en coupe de France, un souvenir en particulier avec cette compétition sous le maillot bleu et blanc ?

« De mémoire, je me rappelle d’un match en quart de finale de la coupe de France, on perd à Sedan à la 120e minute. Une défaite 2 – 1 avec de gros regrets ! Et puis je me souviens aussi d’une qualification difficile à Seyssinet où je m’étais pris un carton rouge. Ce sont les deux souvenirs qui me reviennent de suite à l’esprit en rapport avec la coupe de France ».

On imagine que vous signez pour une victoire à la 120e contre Grenoble samedi ?

(rires) « La coupe, c’est important de se qualifier, quel que soit le score et le scénario du match. Maintenant je sais que Grenoble fait une bonne saison et va venir avec la ferme intention de l’emporter donc ce sera forcément une rencontre compliquée. Pour avoir regardé le calendrier, je sais que le 16e de finale tombe bien pour le GF : donc j’ai suivi tout ça et outre la qualité de l’équipe que j’ai pu observer à la vidéo, je sais que tout le club aimerait bien passer ce tour là. Nous, on va vendre chèrement notre peau on va les accueillir avec beaucoup d’humilité et une énorme envie de les battre. C’est une compétition dans laquelle on veut jouer notre rôle et elle peut être importante pour lancer une dynamique de victoires dans le championnat ».

Quand on est un club de Ligue 2, c’est possible d’ambitionner un long parcours dans cette compétition ou la présence des clubs de Ligue 1 freinent ces ambitions ?

« Historiquement, le Gazélec Ajaccio a toujours bien marché en coupe de France. Le club a même fait l’exploit, il y a cinq ou six saisons, d’aller jusqu’en demi-finale alors qu’il était en CFA. Il avait été battu par Lyon mais le Gazélec avait éliminé beaucoup de Ligue 1 et de Ligue 2 avant ça. On est un club qui a toujours été historiquement le challenger, le petit poucet. Même si on évolue aujourd’hui une division au-dessus de Grenoble, on ne peut pas se targuer d’être ultra favoris. L’histoire a montré que dans la situation d’outsider on arrivait à battre des clubs plus haut. On a envie de passer et de faire respecter la hiérarchie mais on sait que sur un match, notamment de reprise comme ça, c’est compliqué pour tout le monde et la coupe est là pour nous rappeler tous les ans – et le GF l’a aussi fait – que les surprises, il y en a à tous les tours et tous les niveaux ».

Il y a des joueurs actuels de Grenoble dont vous avez déjà croisé la route ?

« Le seul joueur actuel du GF avec lequel j’ai vraiment joué, c’est Julien Deletraz. On était ensemble à Grenoble et puis je l’avais retrouvé à Tours par la suite. Maintenant, les rares personnes qui étaient déjà là lors de mon passage, ce sont soit les intendants, soit les dirigeants, soit les kinés, mais les années passent et des joueurs avec qui ou contre qui j’ai joué, il n’en reste plus beaucoup ! »

Et de manière plus générale, vous avez suivi les résultats du club ces dernières années ?

« Je suis toujours resté en contact avec Max Marty, Alain Fessler ou d’autres personnes qui étaient au club. Depuis que j’ai quitté Grenoble en 2006, je n’ai pas arrêté de suivre leurs résultats et je suis ravi de voir qu’ils sont aux portes de retrouver le monde professionnel. Ça n’a pas toujours été facile ces dernières saisons mais voir quelqu’un comme Max Marty revenir et peut-être ramener le club en Ligue 2 dans un premier temps, c’est aussi gage de travail, de sérieux et de continuité. Je pense que la ville, le club et le public méritent tout ça et je suis attentivement leurs résultats ».

On a un temps parlé de vous comme entraîneur de la réserve grenobloise. Vous avez eu des contacts sérieux avec le club ?

« Max était revenu vers moi par rapport à ça mais le timing et le projet dans lequel je m’étais inscrit au Gazélec ne correspondaient pas. Si Grenoble a été un club très important pour moi, le Gazélec l’a été tout autant. C’est là où j’ai débuté et terminé ma carrière de joueur, donc je n’oublie pas ça et aujourd’hui j’ai un président et un club qui m’ont permis de prendre le virage de la reconversion de la meilleure des façons et je suis content d’être ici aujourd’hui ».

Pour autant, de manière hypothétique évidemment, ça vous plairait de revenir à Grenoble ?

« Entraîneur, il y a beaucoup de monde pour peu de postes, mais c’est sûr que si on peut évoluer dans un environnement qu’on connait un minimum, c’est toujours du temps de gagné. Même si c’est un métier où la marge de manoeuvre est délicate : il vaut mieux savoir où on met, ou remet, les pieds que l’inverse. Maintenant, si je devais me poser la question ou si on devait venir vers moi à ce sujet : bien sûr, que ce serait avec plaisir ! Mais après, ça reste de l’hypothèse même si ça ne coûte rien de le dire ! En tout cas, je ne dirai pas « non, ça ne m’intéresse pas ! »

Vous avez laissé un excellent souvenir au public grenoblois, malheureusement il risque de ne pas se déplacer en nombre jusqu’en Corse…

« Ça aurait été un joli clin d’oeil de revenir à Grenoble, maintenant j’espère qu’il y aura quand même des supporters qui auront fait le déplacement ce week-end. Si c’est le cas, j’irai bien sûr les saluer avant et après le match, peut-être que je les retrouverai une prochaine saison au stade des alpes. En tout cas, si je leur ai laissé un bon souvenir, il faut qu’ils sachent que moi aussi ils m’en ont laissé un très bon et ça me fait très plaisir de pouvoir en recroiser certains ce week-end ».

Du coup, vous serez moins déçu si vous venez à vous faire éliminer par le GF ?

(rires) « Moi j’ai toujours été un compétiteur donc aujourd’hui je porte un maillot rouge et bleu contre une équipe en bleu et blanc et j’espère que ce seront les Rouge et Bleu qui gagneront. Mais si jamais on doit être éliminés, je soutiendrai Grenoble pour son parcours futur mais pour l’instant je ne pense qu’à notre victoire ! »

On se donne rendez-vous dans un an en Ligue 2 alors ?

« Ce serait bien, comme ça, pour le coup, je serai obligé de revenir au stade des alpes ! C’est tout le mal que je leur souhaite, en tout cas ça a l’air bien parti : ils ont de l’ambition, de la qualité. Après, le match de Rodez la semaine prochaine est déjà un tournant de la saison, ils seront peut-être fixés dès la fin du mois de janvier sur leurs possibilités d’accéder à l’échelon supérieur ».


MAX MARTY en parle : « Julien, c’est un garçon pour lequel j’ai beaucoup d’affection. Je l’ai connu à Grenoble puis à Tours et j’aurais aimé le faire revenir au GF dans le staff mais il a souhaité continuer avec le Gazélec. Je vais en tout cas avoir beaucoup de plaisir à le retrouver demain. Il a choisi de se reconvertir en tant qu’entraîneur et je suis persuadé qu’il a toutes les qualités nécessaires pour faire une très belle carrière »

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