GF38 : jusqu’à quand faut-il être patient ?

GF38 : jusqu’à quand faut-il être patient ?

« Patience ». Le mot revient inlassablement, non sans raison, dans les bouches des Grenoblois depuis le coup d’envoi du championnat, voir même un peu avant. Mais alors que les footballeurs du GF38 ont passé près de deux mois ensemble – la reprise a eu lieu le 20 juin dernier – et disputé une dizaine de matchs (amicaux et officiels), une question se pose de plus en plus avec insistance : jusqu’à quand ?

Des circonstances atténuantes

Il est évidement qu’en remodelant considérablement son effectif, et notamment son secteur offensif, que le GF38 n’allait pas tourner à plein régime dès les premiers jours de compétition.
Autre point négatif : l’infirmerie ne désemplit pas. Devant Kristinsson n’a pas encore pu jouer et Tinhan et Raspentino ont également manqué plusieurs rencontres officielles. Les automatismes restent à parfaire.

Pas péril en la demeure

Si on veut voir le verre à moitié plein Grenoble n’a perdu qu’à une reprise en 4 journées de championnat et a réussi à se qualifier pour le deuxième tour de la coupe de la Ligue. Le bilan n’est clairement pas « bon » mais il n’est pas « mauvais » non plus : certaines formations de Ligue 2 sont plus en difficulté que les Isérois en ce début de saison.
Lors de la défaite contre l’ACA, on avait pointé quelques grosses lacunes dans l’envie et la solidité défensive. On peut considérer que depuis les Grenoblois affichent un bien meilleur état d’esprit alors qu’il y a objectivement très peu d’occasions concédées (ce qui n’empêche pas de prendre des buts, on y reviendra).

Des progrès dans l’animation offensive…

Pendant 30 minutes face à Rodez en coupe et pendant une petite mi-temps contre Troyes, le GF38 a produit un jeu intéressant, avec des joueurs mobiles, offrant des solutions, notamment dans les attaques placées. Cela reste maigre mais c’est un progrès et dans une optique de « patience » cette évolution est à souligner.

… Qui reste toutefois encore très insuffisante

A ce sujet nous avons trouvé le point de vue de Jonathan Tinhan très intéressant, avant le match contre l’ESTAC. L’attaquant rappelait déjà que c’était finalement le lot de beaucoup d’équipes de devoir faire avec beaucoup de changements. Il insistait surtout sur le fait que « tout le monde devait aller dans le même sens ». Contre Troyes, on a justement eu trop souvent la sensation que les Alpins jouaient une partition personnelle plus que collective.
Et si on peut convenir que dans les attentions il y a un peu de mieux, la finition reste elle très insuffisante : le jeu long est beaucoup trop approximatif, les centres n’arrivent pas. Mis à part sur des frappes lointaines, qui sonnent parfois comme un aveu d’impuissance, le GF38 parvient rarement à mettre à contribution le portier adverse.
Hinschberger rappelait après la rencontre contre l’ESTAC que même sur le but, le centre d’Elogo n’avait finalement trouvé personne dans la surface. Heureusement le talent personnel d’Ondaan a permis d’éviter le pire.

Des maux récurrents

Et la nouveauté n’excuse pas tout. Les approximations techniques sont trop nombreuses, Grenoble ne parvient pas non plus à mettre en place des choses simples. Et, encore plus pénalisant, il y a ces buts à casquettes à répétition. Déjà la seconde partie de la saison dernière avait vu les Grenoblois multiplier les cadeaux. Là encore ils ont concédé un corner bête, sur lequel Maubleu a manqué sa sortie. On veut bien croire que les symptômes ne sont pas les mêmes que l’an passé, reste que la fréquence de ces boulettes est inquiétante – alors même, on le répète, que le GF38 se montre plutôt solide en ce moment lors de ses matchs.

Pour pouvoir soigner des maux efficacement, il faut avant tout les déterminer avec précision. Le manque d’automatismes au sein de ce GF38 version 2019-2020 est pour l’instant pointé du doigt. Une excuse qui a du sens, on en convient tout à fait.
Attention toutefois à ne pas s’enliser trop longtemps dans cette explication. Il faudra tirer un premier vrai bilan après les trois prochains matchs (Le Havre, Niort en coupe, Lens). Davantage sur le contenu proposé que sur les résultats, d’ailleurs, même si le besoin de points risque de commencer à se faire sentir.
Grenoble alors un gros mois de compétition dans les jambes et devra avoir démontré ses progrès par rapport à son entame de championnat. Le temps n’est malheureusement pas la denrée que l’on offre avec le plus de générosité dans le sport professionnel.

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