Fluctuat Nec Mergitur : le GF38 a fait sienne la devise de Paris

Fluctuat Nec Mergitur : le GF38 a fait sienne la devise de Paris

« Il est battu par les flots, mais ne sombre pas ». Le navire grenoblois, chahuté comme rarement, a tenu bon. Commandant et équipage ont bravé les éléments contraires pour livrer un combat mémorable dont ils sont sortis vainqueurs. Car si le GF38 a dû partager les points, il a gagné beaucoup, ce samedi, face au Paris FC. Retour sur cette rencontre de la 13ème journée de Ligue 2 qui pourrait bien être le point de départ d’une encore plus belle histoire.

Difficile de ne pas jeter un regard sur ce match autrement que sous le prisme de l’infériorité numérique des Grenoblois, d’abord réduits à 10 à la demi-heure de jeu, puis à 9 pour les 40 dernières minutes du match.
Il faut dire que le premier tiers du match n’a pas non plus été des plus signifiant. Quelques intentions de la part de Grenoblois plutôt en jambes offensivement mais toujours aussi peu de finition. On a noté une tentative de Djitté bien servi dans la profondeur mais un poil trop court pour appuyer sa frappe et quelque centres qui n’ont pas trouvé preneur. Côté Paris ce fut à peu près la même chose avec peu à se mettre sous la dent si ce n’est une tentative de Mandouki bien stoppée par Maubleu.

Après les sorties de Pickel et de Coulibaly, Grenoble a surtout beaucoup défendu. Sans ses deux milieux défensifs, le GF38 a opté pour une ligne de 5 derrière, avec Tinhan qui a passé sa fin de match en position de latéral droit. Benet et Elogo ont servi de liant au milieu avec le combatif Djitté seul en pointe. L’équipe d’Hinschberger a malgré tout cherché à jouer quelques contre à fond, Mombris et Tinhan (/Gibaud) jouant les pistons pour apporter un peu plus de présence. L’international malgache est au passage le Grenoblois à avoir touché de loin le plus de ballon : 63 (contre 47 pour un Benet précieux dans la conservation et dans la récupération avec 15 ballons gagnés).
Même à deux de moins, Grenoble a réussi à trouver une forme d’équilibre et malgré la débauche d’énergie importante, Hinschberger n’a procédé qu’à deux changements, et pas avant la 80ème minute, au plus fort de la domination parisienne, sur du « poste pour poste » (Pambou pour Elogo au milieu et Ondaan pour Djitté en pointe).

On peut noter que les Parisiens n’ont centré qu’à 8 reprises, une véritable misère alors qu’on aurait pu penser que leur double supériorité numérique leur permettrait de trouver des joueurs libres sur les côtés pour contourner le bloc défensif alpin. Ils n’ont également obtenu qu’un corner, signe que la pression à proximité des buts alpins n’a finalement pas été très importante. La charnière Vandenabeele – Monfray s’est montrée impériale. Une nouvelle fois serait-on tenté de dire. Intraitable défensivement, « VDA » a en plus failli marquer de la tête suite à un corner quand Grenoble était déjà à 9

Malgré une possession très clairement en faveur (64-36), et une domination au niveau des duels (54% de duels au sol gagnés, 58% de duels aériens gagnés), le Paris FC finalement pas eu une si nette domination que cela, à l’exception d’un dernier quart d’heure plus difficile pour Grenoble. Et à ce moment là, les valeurs de solidarité et d’abnégation des Grenoblois ont fait la différence avec la fin de match parfaite de Maubleu (une fois suppléé par Mombris sur sa ligne) pour permettre de conserver ce point du match nul.

Non pas que le groupe vivait mal jusque là, au contraire. Mais ce match pourrait être un acte fondateur pour la suite. Arsène Elogo et ses partenaires ont montré des ressources mentales incroyables. Ils ont aussi marqué des points auprès d’un public qui n’avait jamais été aussi nombreux au Stade des Alpes depuis le début de la saison. Un match parfait pour fidéliser ceux qui ont découvert l’équipe en cette occasion.
Il faut maintenant capitaliser. Sans deux éléments essentiels : Pickel et Coulibaly risquent de prendre quelques matchs de suspension. Capitaliser « sportivement » en poursuivant la remontée vers le haut du classement entamée ces dernières semaines. Mais aussi en poursuivant de nouer des liens particuliers avec le public. Quelque chose s’est créé ce samedi : Grenoble s’est trouvé ses nouveaux héros.

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